La France n’a pas dit son dernier mot

Le hasard et la force des circonstances ont transformé la campagne de promotion du dernier livre d’Eric Zemmour, « La France n’a pas dit son dernier mot », en campagne présidentielle. Les choses ont beaucoup évoluées entre le moment où la publication a été planifiée, et cette rentrée folle. L’introduction et la conclusion, plus « programmatiques » sont visiblement des ajouts, assumés de dernière minute. La couverture également. Il convient donc, pour faire la recension de cet ouvrage, de séparer l’ouvrage à proprement parler, et le début de pré-campagne d’Eric Zemmour. Ce sont deux sujets totalement différents.

Choses vues : galerie de portrait

Eric Zemmour a eu l’occasion de le préciser à de nombreuses reprises depuis la sortie : l’inspiration de ce livre, qui est la suite du « Suicide français », est l’ouvrage de Victor Hugo, « Choses vues« . Recueil de notes, de réflexions, et de points de vue sur les évènements. Les choses vues d’Eric Zemmour, celles rapportées dans ce livre en tout cas, sont beaucoup orientées sur ses rencontres et ses échanges avec un réseau très varié. Et de fait : son point de vue sur l’actualité, il l’a partagé ailleurs, dans ses nombreux éditos, articles et débats depuis très longtemps. La galerie de portrait, incisive, très bien écrite, souvent drôle n’épargne pas grand monde. Nous découvrons sous la plume de Zemmour un monde de politiciens, de journalistes, de hauts fonctionnaires, qui de manière très partagée, ne dit pas tout haut ce qu’ils racontent dans les dîners en ville, en privé. C’est probablement normal en partie, mais je garde toujours cette phrase de Péguy en tête :

Un homme qui tient dans une assemblée des propos qu’il ne peut pas tenir dans une autre où il fréquente n’est pas un honnête homme.

Charles Péguy (1873-1914)
Ecrivain, poète, essayiste et officier de réserve français.

Eric Zemmour décrit des cercles de pouvoir peuplés d’Hommes assez malhonnêtes, en ce sens. Manipulateurs, à tout le moins. Mais pas uniquement. Il y aussi de très beaux portraits d’amitiés réelles, y compris avec des « adversaires » idéologiques (Hugues Dewavrin par exemple). J’ai beaucoup apprécié ce livre, très plaisant à lire, éclairant. Il y a de très belles pages. Le portrait de Simone Veil est magnifique. A lire, donc, tranquillement.

Candidat potentiel

Comment ne pas dire un mot, aussi, sur cette rentrée « folle » ? Je ne remets pas des liens vers les différentes conférences et interventions d’Eric Zemmour : vous avez tout sur sa chaîne Youtube. Je suis tout cela avec un grand plaisir. Enfin ! Enfin, un homme politique parle du réel sans ambages. Et qui rentre dans le combat, aussi, des mots qui enferment le débat dans le politiquement correct. Enfin, le sujet de l’identité est porté, incarné, pensé et mis au centre du débat. Avec le prisme de l’assimilation, le seul à même de permettre la lutte contre le multiculturalisme. Nous verrons ce que tout cela donnera. Mais le choc est violent pour une partie des journalistes qui ne peut plus continuer – ils essayent ! – à simplement coller l’étiquette d’extrême-droite à tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Il est terrible aussi, le choc, pour les politiciens de « droite » (UMP-Les Républicains et Rassemblement National) : enfin quelqu’un explique, sans avoir aucune crainte, que la victoire passer par l’union des droites. Si Zemmour y va, je voterai sans hésitation pour lui. A tous ceux qui critiquent, ou insultent, Eric Zemmour, je recommande donc la lecture de « La France n’a pas dit son dernier mot ». Cela leur évitera de le traiter de raciste, ou de faire mine de croire qu’il serait hostile aux musulmans…Je leur dédie cet extrait de la conclusion :

Les musulmans qui veulent s’assimiler à notre civilisation doivent pouvoir le faire sans crainte ni sentiment de culpabilité, sans être harcelés par ceux qui les traitent d’apostats, « d’Arabe de service » ou de « nègre de maison ». Ils sont nombreux à avoir quitté leur terre parce qu’elle était le lieu de toutes les misères, les tyrannies, les corruptions. S’ils sont venus chez nous, eux ou leurs parents, c’est pour bénéficier des charmes et des avantages de la civilisation occidentale, née du mariage de la religion chrétienne et de la culture gréco-romaine, et non pour y ramener les affres de la civilisation qu’ils ont fuie.
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Francois Unger
Francois Unger
27 jours il y a

Merci pour ton regard sur le livre de Zemmour que j’ai lu aussi; la force de l’actualité nous y contraint.  Je laisse de coté le coté « témoin » et le style effectivement intéressant, pour réfléchir à l’aspect politique de l’opération.  Zemmour n’est pas un homme politique: je veux dire, ni au sens de militant d’un parti (qui aurait fait ses classes dans un appareil structuré) ni au sens de promoteur d’un programme politique élaboré, global et validé par un groupe significatif. Cette carence n’est en rien un défaut à mes yeux, mais il faut se souvenir de cet aspect des choses avant que les échéances n’arrivent. En réalité, De Gaulle n’était pas non plus un homme politique, pas plus que Louis Napoléon Bonaparte ou son grand oncle. Il faut d’abord avoir « une certaine idée de la France » et ensuite structurer, autour de cette idée, un programme, des équipes, des moyens. Or Zemmour a, c’est incontestable, « une certaine idée de la France ». Et si cette idée, plus ou moins bien exprimée selon les oreilles qui l’entendent, si elle correspond à l’opinion majoritaire, il est naturel qu’elle conduise Zemmour au pouvoir.  Zemmour bénéficie du rejet du monde politico-médiatique dominant où les choses sont… Lire la suite »

Francois Unger
Francois Unger
26 jours il y a
Répondre à   BLOmiG

Que dans un premier temps, Zemmour régulièrement élu, puisse espérer que les « battus » se rangent derrière la loi républicaine, je veux bien l’admettre. Mais, si la nouvelle assemblée nationale élue est majoritairement en soutien au Président élu (ce qui s’est passé lors des derniers scrutins), alors les forces d’opposition, sachant qu’elles n’auront plus aucun moyen démocratique de désorganiser la politique de Zemmour, sauront mettre en oeuvre des blocages sociaux non négligeables: grèves bien sûr, mais aussi fake news à la pelle, soutien aux minorités en ligne de mire du programme Zemmour, règlements de compte localisés puis violences sporadiques et enfin organisées. Il me semble impossible que la police soit en nombre suffisant et dispose des moyens adéquats pour contenir des « révoltes » coordonnées de territoires perdus de la République. Le recours à l’armée ne changerait le tableau qu’à la marge tant les armes sont nombreuses chez les insurgés potentiels. Comme je suppose que le pouvoir politique nouvellement élu aura à coeur de ne pas entrer dans la spirale infernale des violences, il cherchera à limiter le nombre de morts. Or l’histoire nous apprend malheureusement que ce sont les morts, en grand nombre, qui peuvent faire cesser les violences: la commune de… Lire la suite »

Francois Unger
Francois Unger
25 jours il y a
Répondre à   BLOmiG

Si à la fin des fins le niveau de violence imposé par les séparatistes aboutit à la mort d’insurgés ou de forces de l’ordre j’en serai navré, mais sans doute prêt à l’accepter au nom de l’interêt général. Mais que des innocents soient les victimes ou les cibles de combats mal préparés, ou de lâchetés, ou de fausses promesses, ça je ne pourrai jamais l’admettre. C’est moins je crois un problème d’Islam en tant que tel, qu’un problème d’évaluation des risques et de compétences en terme de maintien de l’ordre. Les candidats à la présidence, et Zemmour en particulier pour rester dans ton sujet, ont-ils conscience de la situation conflictuelle qu’ils auront gérer? De toute façon; tôt ou tard.