Accepter : voilà un mot qui est souvent accompagné d’une image négative, parce qu’on le confond avec la résignation, ou la tolérance. Les sens sont pourtant différents : tolérer, c’est laisser faire des choses que l’on a le pouvoir d’empêcher ; et se résigner, c’est considérer que l’on aucun moyen d’action. Accepter, au contraire, c’est simplement prendre le monde tel qu’il est. Quel autre choix avons-nous ? Refuser le monde tel qu’il est, c’est ouvrir la porte à tous les délires, à tous les idéaux plus ou moins foireux. Ceux qui ne raisonnent que sur le monde tel qu’il devrait être (à leur yeux, forcément) prennent deux risques majeurs : oublier le point de départ de l’action (qui est le monde tel qu’il est), et se retrouver seul (le monde rêvé n’est pas unique).
Accepter, ce n’est donc ni se résigner, ni tout tolérer. C’est juste considérer les choses telles qu’elles sont, et c’est le seul préalable connu à l’action. La démarche scientifique en est la preuve. Quel action est possible, si ce n’est à partir du réel ?
Le monde est rempli de choses qui nous heurtent, nous choquent, et qui peuvent paraitre inacceptables. Il faut bien pourtant accepter l’exitence du mal, de la souffrance pour pouvoir se battre contre. Comment pourrait-on se battre contre quelque chose qui n’existe pas ? Ce n’est pas en niant la souffrance qu’on la diminue : c’est d’abord en l’acceptant (en acceptant son existence), puis en cherchant des moyens concrets de la diminuer. Ce n’est pas parce que quelque chose est difficile qu’il faut l’éviter. Au contraire.
Il faut accepter le monde. Et le fait que beaucoup de choses soient dures à accepter dit bien qu’il s’agit d’un effort, d’un travail. Je ne suis pas sûr qu’on puisse tout accepter ; mais nous devons faire autant que possible cet effort indispensable. C’est le seul chemin. Ceux qui le refusent prennent un autre chemin, dangereux, qui commence dans la conviction et finit dans le fanatisme, ou la maladie mentale. Le monde est notre seul lieu commun, il nous relie les uns aux autres parce que nous le partageons. Son équivalent abstrait n’est pas l’idéal, mais la raison.
Accepter, c’est donc le début de la sagesse. Il n’existe qu’un monde, et c’est celui dans lequel nous vivons. C’est à partir de cette réalité qu’il faut construire, et pas à côté. J’aurais même tendance à penser que prise dans ce sens, l’acceptation, c’est la sagesse même.
Catégorie : 🧠 Réflexions
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Eloge de l’acceptation
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On ne connait bien les gens que dans l’action
Avez-vous remarqué comme on connait bien les gens lorsque l’on travaille avec eux ? La personnalité s’exprime beaucoup dans l’action : que ce soit dans des projets communs personnels, dans le travail en équipe, le fait de faire des choses ensemble crée des liens forts et permet d’avoir une bonne connaissance de la personnalité des gens. On peut tricher sur ce qu’on dit, on peut tricher sur ce qu’on est ou prétend être, mais on ne peut pas tricher sur ce que l’on fait ou pas, et la manière dont le fait.
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Distinction entre responsabilité et conviction
Quelques temps avant l’élection présidentielle, Alain Boyer (professeur de philosophie politique à l’université de Paris-IV – Sorbonne), avait écrit un excellent article dans le Figaro. Son titre ? « Si vous êtes vraiment de gauche, votez Sarkozy! ». Cet article est vraiment excellent, clair et concis à la fois. Je ne peux que vous conseiller de le lire !
Je reviens dessus simplement parce que la distinction qu’il fait dès le début entre « morale de conviction » et « morale de responsabilité » est essentielle, et me parle beaucoup. On retrouve partout, en politique comme au travail, cette ligne de scission entre convictions et responsabilités.
Max Weber et Raymond Aron ont insisté sur deux attitudes possibles : la morale de la conviction, qui ne s’intéresse pas aux effets de l’action mais seulement à ses intentions, et la morale de la responsabilité, qui cherche à anticiper les conséquences d’une action avant d’arbitrer, parfois dans la douleur, en sa faveur. Cette morale n’a rien à voir avec le « réalisme » amoral. Mais elle tient qu’il est immoral de poser au moraliste intègre sans s’interroger sur le bilan prévisible de ses actes. On peut opposer, comme le philosophe « républicain » Philip Pettit, le fait de vouloir « honorer » une valeur et celui de chercher à la « promouvoir ». Seule cette attitude-ci est responsable.
Il décrit ensuite, à l’aide d’exemple concrets, la différence entre ces deux attitudes. Vraiment, il faut lire cet article magistral !
Pour finir, la conclusion de l’article :
Aujourd’hui, vu l’état du pays, il faut avoir le courage de proposer certaines réformes dites « libérales », incitatives, et négociées avec ceux qui, comme la CFDT, acceptent de ne plus considérer la politique en démocratie comme une guerre, un conflit à somme nulle, mais comme une délibération commune suivie de compromis.
Quiconque veut promouvoir les valeurs sociales devra en passer à l’heure qu’il est par des réformes dites « libérales », conditions sine qua non de la sauvegarde des retraites et de la Sécurité Sociale. La justice doit prendre en compte les générations futures. Les hommes et les femmes politiques de progrès sont ceux qui ont cessé de prendre les électeurs pour des idiots économiques – cessant de faire comme s’il suffisait de « faire payer les riches », de s’endetter et de moins travailler – et se donnent les moyens de promouvoir réellement la liberté, l’égalité et la solidarité.
Quant aux émotifs qui méprisent les « calculs » et la « rentabilité », rappelons cette phrase de l’économiste marxiste Charles Bettelheim, citée naguère par Michel Rocard : « Quand on cesse de compter, c’est la peine des hommes que l’on cesse de compter ». Même si l’on peut en critiquer certains aspects, seul le programme économique de Nicolas Sarkozy, comme l’était celui, très proche, de François Bayrou, semble en mesure de promouvoir à long terme les valeurs du progrès social, de la protection et de la liberté. La démarche d’hommes de gauche comme Christian Blanc et Eric Besson n’est donc pas une trahison de leurs valeurs. Français, encore une effort pour promouvoir les valeurs de gauche ! -
La vérité peut-elle se partager ?
C’est une petite réflexion qui est venu suite à certains commentaires sur un billet précédent. J’expliquais que je votais avec mon cerveau, pas avec une conviction ou des sentiments. Ce à quoi Babas répondait ceci :
Un dernier point, je ne vote pas avec mon cerveau mais avec mon impression. Je pars du principe que toutes les informations sont tronquées orientées manipulées par l’émetteur , le transmetteur et même le recepteur. A partir de là , je moyenne de façon totalement subjective.
Nous avons rediscuté de ça entre frangins ce week-end, et Simon me disait qu’il pensait ça aussi. Personnellement je ne suis pas trop d’accord ; mais la discussion était intéressante. On en arrive assez rapidement à la question du titre : « La vérité peut-elle se partager ? ». J’avais fait un petit article, il y a quelques temps, sur ma vision des rapports entre réalité et vérité. On y trouvait ces deux définitions :
Réalité :
ce qui existe indépendamment du sujet, ce qui n’est pas le produit de la pensée.Vérité :
1. Scientifique : connaissance reconnue comme juste, comme conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur absolue, ultime
2. Philosophie : norme, principe de rectitude, de sagesse considéré(e) comme un idéal dans l’ordre de la pensée ou de l’action
3. Logique : conformité de la pensée ou de son expression avec son objetJe concluais qu’il fallait essayer, autant que faire se peut, de rapprocher la réalité et notre vérité.
Rappeler et souligner l’incapacité de l’être humain à communiquer totalement, j’en suis bien d’accord : qui pourrait nier cela ?
Mais dire que pour cette raison-là , on vote sur des impressions uniquement, je n’en suis pas d’accord. Bien sûr, la part de l’impression n’est pas nulle : tout le monde est influencé par la tête du candidat, sa manière de parler, et tout un tas de facteurs conscients ou inconscients liés au candidat, à notre histoire personnelle, et à la tonalité des médias qui transmettent ces informations. Mais on ne peut pas s’arrêter à cette constation : ce n’est pas parce que quelque chose est important, que nous devons nous y arrêter et considérer que c’est le seul facteur. Les arguments rationnels, la réflexion que l’on peut mener sur le monde qui nous entoure, sur les rapports de force existants, sur le sens dans lequel les choses évoluent sont aussi une part importante du choix d’un bulletin de vote. II clair que nous sommes des animaux (qui pourrait le nier ?), avec notre part d’impulsion inconsciente, notre part d’impression (pour reprendre le mot de Babas). Mais nous sommes aussi doués de raison, et capables – dans une certaine mesure, peut-être très restreinte – d’intégrer des faits dans un raisonnement et nous extirper, ne serait-ce qu’un peu, des jugements a priori et du conditionnement médiatique, familial, sociétal. Non ?
Mettre l’accent sur ce qui gêne la communication et la transmission d’idée, c’est oublier de le mettre sur ce qui permet la communication et la transmission d’idée : les faits, les arguments rationnels qui nous relient au travers de ce qu’on pourrait appeler la réalité. Il y autant de vérité que d’êtres humains, mais il n’y a qu’une réalité. Et c’est de cette réalité là dont on parle, il me semble, lorsque l’on choisit un bulletin de vote pour le mettre dans l’urne. L’acte de voter est un acte réfléchi, et le contraire de la passion. La passion, en politique, ce sont les armes, les combats. La raison, en politique, c’est le vote et la réflexion ; l’acceptation de la raison des plus nombreux est un pas énorme vers moins de conflits et plus de débats rationnels. Qu’en pensez-vous ?
La politique est le lieu de la pensée où l’on met en relation la réalité et des valeurs ; j’ai l’impression que, souvent, l’absence d’effort pour regarder la réalité « comme elle est » empêche de se rendre compte que sur les valeurs, nous sommes beaucoup plus proches les uns des autres que nous le pensons. C’est cela, ce que je voulais dire en expliquant que je votais avec ma raison : faisons ensemble un constat partagé sur la réalité des faits, et les différences de valeur ne seront, bien souvent, plus un problème mais une richesse.Il n’y a qu’une seule et même raison pour tous les hommes ; ils ne deviennent étrangers et impénétrables les uns aux autres que lorsqu’ils s’en écartent.
Simone Weil -
Croyez-vous au progres ?
Definition du progres : quel ideal ?
Pour répondre à cette question, il faut définir le progrès et puis voir s’il y a lieu d’y croire ou pas.
PROGRàˆS:
- Accroissement quantitatif ou intensif d’un phénomène.
- Processus évolutif orienté vers un terme idéal.
Laissons le premier sens qui est simplement le sens synonyme d’ »évolution ». Le deuxième sens se comprendra mieux si on définit l’ »idéal ».
IDÉAL:
- [Avec une valeur relative : un idéal particulier]
Ce que l’on conçoit comme conforme à la perfection et que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action dans quelque domaine que ce soit. - [Avec une valeur absolue : l’idéal] Ce qui satisferait toutes les exigences du coeur et de l’intelligence, par opposition à la réalité limitée et décevante.
Selon le sens que l’on utilise, on ne sera pas du tout dans le même registre : le deuxième oppose l’idéal à la réalité, tandis que le premier utilise l’idéal comme but ou norme de pensée ou d’action. Comme souvent avec l’absolu, il nous induit en erreur : nous sommes finis par nature, et relatifs. Concentrons-nous sur la première définition, même s’il faut être conscient que c’est l’idéal imaginé en opposition avec le réel qui fait que beaucoup d’idéalistes sont aussi pessimistes.
Avec le premier sens, le progrès devient un « processus évolutif orienté vers un terme conforme à la perfection ET que l’on donne comme but ou comme norme à sa pensée ou son action ». Il y a donc un rôle actif dans le progrès : c’est nous qui utilisons un idéal pour but, et qui oriente un processus évolutif. Quelle action sans but ? Quelle ambition dans l’action si ce n’est vers un idéal de perfection ? Encore une fois, il faut insister : viser un but ne signifie pas qu’il soit atteint, ou accessible. Un scientifique, un romancier et une philosophe semblent d’accord là -dessus :Le progrès n’a aucun caractère inéluctable, rien ne garantit des lendemains meilleurs.
Karl PopperCroire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.
Franz KafkaLe progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille.
Hannah ArendtLa notion de progrès oriente simplement l’action. L’archer qui vise la cible n’a pas de garantie qu’il l’atteindra ; mais comment pourrait-il l’atteindre s’il ne la vise pas ?
Facteurs du progres social
Cette notion de progrès est reliée de manière forte aux siences, et donc à la connaissance (seule les sciences produisent des connaissances).
Les sciences se caractérisent par le fait qu’il y a progrès.
Pierre RosenbergLe progrès en art n’existe pas. Il y a de grands artistes dans tous les siècles, et dans tous les pays, il y a des développements de style, mais il n’y a pas de progrès.
Pierre RosenbergLa question principale à se poser est donc : le progrès a-t’il un sens dans le domaine social ? Et si oui, quels sont les facteurs du progrès social ?
On revient toujours sur les mêmes choses, n’en déplaise à ceux qui aiment les tables rases…
L’éducation :Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale.
John Fitzgerald Kennedyla liberté de pensée, la créativité, et l’optimisme :
La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance.
Albert EinsteinL’enthousiasme est à la base de tout progrès.
Henry FordL’histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté.
Friedrich Hegelsans oublier le sexe, bien sûr, et l’émancipation des femmes, sans vouloir paraitre ethnocentriste ou islamophobe :mrgreen: :
Le progrès social commence toujours par l’indépendance des fesses.
Albert CosseryEn conclusion, on peut dire que le progrès existe, comme guide d’action et de pensée. Et qu’il importe moins de savoir s’il faut y croire ou non (ce qui impliquerait qu’on pourrait agir sans but), mais bien plutôt d’identifier ce qui, dans l’action ou dans la pensée, va dans le sens du progrès, et de mettre nos efforts là -dessus. Qu’en pensez-vous ?
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Pour une plus juste répartition des richesses : solidarité ou charité ?
Comment répartir mieux les richesses ?
Face à l’injustice des ressources très inégalement réparties entre les hommes, on ne peut que souhaiter une plus juste répartition. Pour quelle raison certains devraient être pauvres, simplement à cause du fait qu’ils ne sont pas nés au bon endroit ? La redistribution des richesses est une nécessité impérieuse, pour qui a un tant soit peu le sens de la justice. L’ampleur et le mode d’organisation de cette intervention des hommes sur la répartition des richesses sont les vrais problèmes…Et ces deux aspects de la question sont plus liés qu’il n’y parait de prime abord : selon le mode d’intervention choisi, l’ampleur ne sera pas forcément la même.
Don et redistribution, charité et solidarité : quelques définitions
Deux grands styles de re-répartition des richesses existent : le redistribution et le don.
Redistribution
Ensemble des opérations par l’intermédiaire desquelles une partie des revenus est prélevée sur certains agents économiques ou catégories sociales pour être reversée au bénéfice d’autresDonAction de donner, de céder gratuitement et volontairement la propriété d’une chose
La différence est claire : dans un cas (la redistribution) il s’agit de quelque chose d’organisé collectivement, et dans l’autre (le don) il s’agit d’un acte individuel.
C’est pour ça qu’on peut relier ces deux modes à deux motivation, ou deux conceptions un peu différentes ; la redistribution va avec l’idée de solidarité :Solidarité :
- Dépendance mutuelle entre les êtres humains, existant à l’état naturel et due au besoin qu’ils ont les uns des autres. Responsabilité mutuelle qui s’établit entre les membres d’un groupe social.
- Devoir moral, résultant de la prise de conscience de l’interdépendance sociale étroite existant entre les hommes ou dans des groupes humains, et qui incite les hommes à s’unir, à se porter entraide et assistance réciproque et à coopérer entre eux, en tant que membres d’un même corps social.
et le don va avec l’idée de charité :
Charité :
- Principe de lien spirituel, moral qui pousse à aimer de manière désintéressée.
- Amour mutuel des hommes, considérés comme des semblables; humanité, philanthropie
- Établissements, fondations, congrégations ayant ces actes pour but.
Il n’y a pas lieu, à mon avis, de discuter du bien-fondé moral de l’une ou l’autre de ces conceptions (charité ou solidarité) : l’une et l’autre sont intéressantes, et ce qui compte c’est plus l’efficacité des modes de redistribution qui vont avec, que leur valeur intrinsèque. Soyons pragmatiques. Ces deux approches sont nécessaires : il faut être solidaire, et il faut être capable de charité. Il faut du social, et de l’amour.
Différences de cultures : trop de solidarité tue la charité !
Aux Etats-unis, la charité est beaucoup plus développée qu’en France, où la redistribution organisée est forte. Les oeuvres charitatives, philanthropiques, et le mécenat privé sont beaucoup plus développés aux USA qu’en France. La question est de savoir ce qui est le plus efficace pour lutter contre l’inégale répartition des richesses. Un exemple tel que celui des restos du Coeur avait montré en son temps que l’initiative individuelle ou associative est plus réactive et plus efficace que la redistribution lourde organisée par l’Etat. C’était le message de Coluche : « les politiques en ont parlé, moi je l’ai fait! ». Notre système de solidarité, et de redistribution, en France, est tellement complexe qu’il en devient inefficace : pourquoi ne pas le simplifier, et en limiter le poids, pour redonner de l’air à la charité et aux initiatives du type « Bill Gates » ?
Je laisse le mot de la fin à J.F. Revel, plaidant pour une plus grande souplesse et une plus grande liberté individuelle dans le choix du mode de redistribution :Pourquoi les français qui en ont les moyens seraient-ils généreux, alors que la société les condamne précisément pour avoir acquis ces moyens ? La générosité n’est-elle pas à double tranchant dans un pays où l’argent doit se cacher et où, par conséquent, l’évergétisme est voué à l’exécration, sauf dans quelques rares cas, comme dans l’entretien d’une équipe de ballon rond ? Comment espérer s’attirer la reconnaissance de ses compatriotes en tant que bienfaiteur public, si le don a pour premier effet de signaler le donateur comme un être immoral, puisque possesseur d’une grande fortune ? La haine « chrétienne et révolutionnaire » de l’argent engendre ainsi une société non moins inégalitaire que d’autres, mais notablement plus avare, plus égoïste, plus hypocrite.