Idéologie incompétente contre pragmatisme volontaire

Fameux débat hier soir ! Le débat n’a pas été trop lissé, je trouve. Les commentateurs soulignent la combativité de Royal et la mise sur la défensive de Sarkozy (les pro-Royal), d’autres la perte de sang-froid de Royal et le Zen de Sarkzoy (les pro-Sarkozy). J’ai personnellement eu beaucoup plus l’impression d’un rouleau compresseur qui écrasait une brindille, ou un courant d’air.
J’ai noté pour ma part l’excellente gestion du temps de Sarkozy qui – dès le début – a réussi à  gagner quelques minutes de temps de paroles qu’il a systématiquent conservées et qui lui permettaient, sur tous les sujets, de commencer par donner sa vision, laisser Royal parler, puis conclure. Deux interventions sur chaque sujet pour encadrer celle de Royal, avec un temps total identique : chapeau !
Nous avons noté également trois petites entorses aux règles CSA : deux fois on a aperçu Royal pendant que Sarkozy parlait, et une fois PPDA a dit à  Royal « oui, mais si vous ne répondez pas aux questions… ».
Ce qui me semble plus important, c’est que sur quasiment tous les sujets, Royal ne répondait pas aux questions posées, et refusait de rentrer dans le détail. Tactique ? Incompétence ? la question reste ouverte pour certains. Sarkozy donne tout de même une impression de connaissance des dossiers plus flagrante.
Sur quasiment tout les sujets, Royal propose une discussion entre les partenaires sociaux. Un peu court comme politique, non ? Il ne me semble pas que ce soit les syndicats qui sont les candidats à  la présidentielle…
J’ai surtout vu dans ce débat l’opposition entre l’idéologie et le pragmatisme, entre les voeux pieux et la volonté, entre l’incantation socialisante et le libéralisme modéré.
Vous me direz que je suis partisan ? oui, c’est vrai : je suis toujours partisan de la raison, du pragmatisme, de la vérité au-dessus de l’idéologie, de la compétence et de la culture du résultat. Et c’est pour ça que j’espère que le vainqueur, au final, ce sera Sarkozy, qui porte ces valeurs.

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Lomig
Invité
15 années il y a

pragmatique VS idéologie? pas tant que ça. Ségolène, en fin de compte a fait quelques envolées floues avec les partenaires sociaux, et Sarkozy a quand même proposé des trucs. Il ne faut pas être trop catégorique.

Même si Sarkozy est le champion de l'antipragmatisme et des positions moralistes qui ne sont fondées sur aucun fait, il a pu se défendre comme il pouvait avec un fétichisme des chiffres qui convient parfaitement au débat. Sur l'économie, toujours aussi idéologique et peu réaliste, sur la sécurité idem, et sur la fiscalité, il s'embrouille comme un enfant qui veut pouvoir dire tout et son contraire tout en faisant croire qu'il ne se contredit pas.

Sur l'énergie, alors qu'il reste de l'uranium pour le s50 prochaines années à peine, il parle d'experts (qui?) qui prévoient qu'on en a pour deux siècles. Bizarrement, il ne parle pas de la dépendance énergétique vis-à-vis des extracteurs de minerai, il ne parle pas du gouffre financier que représente le nucléaire, il ne parle pas des créations d'emploi énormes que susciteraient l'adoptiond'un parc plus étendu d'énergies alternatives, bref… Trop brouillon, trop idéologique, trop moraliste.
C'est vraiq u'il ne connaît que très peu les dossiers, mais manie à la perfection les chiffres, sans souci de précision méthodologique…

Quant à Royal, elle se plante sur le nucléaire aussi, sur la croissance (les prévisions sont de 0.8% sur 5 ans), alors que les solutions économiques au chômage doivent être cherchées ailleurs (temps de travail et niches économiques). Trop social-démocrate, et pas assez socialiste à mon goût.

Enfin, il me semble qu'il faut insister sur le manque de carrure de Sarkozy. trop nerveux, trop manipulateur, trop violent et agressif. Il provoque trop de conflits, oppose trop les gens pour être président. En plus d'être un danger pour la démocratie, ce que plus personne ne conteste, il est un danger pour la paix sociale. Il ne sait pas négocier, ne sait pas réconcilier, et préfère affronter et mater. Ce n'est décidément pas quelqu'un de compétent…

Gonzague
Invité
15 années il y a

"Les partenaires sociaux en discuteront"

En tout cas il est vrai que Sarko était assez fuyant

Gontman
Invité
Gontman
15 années il y a

Bonjour à tous !
Mon avis sur le débat de hier soir : aucune surprise. Je m'explique : Sarkozy est toujours aussi précis et pragmatique, malgré un ou 2 moments de flottement, et montre qu'il se situe une cran au-dessus de toute la scène politique française. Il est objectivement convainquant, si j'en crois l'avis de certains centriste qui ont pris son parti à l'issu du débat d'hier soir. Voilà pour le 1er candidat. Pour le 2nd, Madame Royal, je suis effaré du niveau de sa prestation !! Le flou artistique complet !!! Elle postule pour un poste dont elle n'a même pas l'once du début du commencement des capacités. Et le plus incroyable c'est l'extraordinaire mansuétude dont elle bénéficie dans les médias, qui aurait dû la descendre en flamme après sa prestation de hier soir : elle n'a répondu à quasiment aucune des questions qui lui étaient posées. Extraordinaire : on la laisse dire c'est quelle veut, ce qui fait en plus de façon particulièrement hautaine, moralisatrice, bref le bain idéologique habituel, soutenu gaillardement par la pensée unique médiatique. Je souhaite fortement pour l'avenir du pays qu'elle ne soit pas élue dimanche prochain. Aux armes Citoyens !
Gontran

Digiboy
Invité
15 années il y a

Je trouve qu'il y avait un coté la Belle et la Bête. Quasimodo et Esmeralda. Je sais, c'est débile :)
Sinon, sur le fond, je trouve la position de Royal un peu facile. Du genre, je donne une idée et aux partenaires sociaux de se debrouiller. Sarkozy s'implique très presonnellement. Ses idées sont clairement exprimées et surtout précises. C'est déjà plus floue de l'autre coté.
Par contre, l'attitude de Sarko m'a un peu dérangé. Regard fuyant, posture repliée …

Lomig
Invité
15 années il y a

"hier soir": les gens de droite ont ne mémoire vive de 24h, c'est drôle… Je ne parle pas de hier soir, mais des 5 dernières années. Je parle d'un bilan calamiteux qu'il porte presque à lui seul, puisuq'il a participé à presque toutes les lois sur la justice, sur l'éducation, sur la santé, etc. Il a provoqué des affrontements très nombreux en france, a multiplié les précarisations avec ses LSI, a fait accroître les tensions entre deux France, et je pense que ça ne va pas aller en s'arrangeant. c'est une question de pragmatisme: pour être président, il faut pouvoir amener la paix sociale. Lui en est incapable. C'est un trouble à l'ordre public ambulant…

"il fera bouger les choses". Oui, et alors? Staline aussi a fait bouger les choses, Mao et Hitler aussi… Je ne pense pas que "faire bouger les choses" soit une qualité. faire progresser la france en serait une. Dommage qu'il en soit incapable, au vu de son programme irréaliste.

"C'est Hitler". N'exagérons rien. Ses tendances autoritaires et racistes sont prouvées, répétées, mais ne faisons pas de comparaisons hâtives, avec un symbole de la barbarie qui, j'espère, jamais ne sera égalé. On tend vers la dictature, c'est tout ce que je peux dire, et ses lois sur l'égalité des chances, sur la sécurité intérieure, sur la prévention d ela délinquance et sur la prévention de l'illettrisme en sont les premiers pas effrayants. Deux postures optimistes possibles: se dire qu'il va s'arrêter là (il dit le contraire), ou se dire que ce ne sotn que des mots et qu'il n'appliquera pas ce qu'il a fait voter (dernier espoir). Mais j'en doûte.
"il maitrise quasi parfaitement son discours" Sur ce point, je suis tout à fait d'accord. Sa formation d'avocat lui sert énormément. Mais savoir parler n'est pas savoir négocier.

Dimanche, je ne voterai pas "pour", mais "contre". je veux préserver la démocratie, la planète et le progrès social. Ce ne sera pas avec Ségolène, mais comme Sarko va dans le sens inverse…
J'ai une métaphore pour ça: La France est comme une armée en marche qui se retrouve devant une falaise. Voter Ségolène, c'est s'arrêter et contempler bêtement la falaise. Voter Sarkozy, c'est faire un grand pas en avant.

max
Invité
max
15 années il y a

C'est vrai que là, je crois qu'il n'y a plus rien a faire… :shock:
J'ai jamais compris pourquoi les gens qui pensent combattre un extremisme répondent systématiquement par un autre extreme. C'est répondre à la betise par la betise. Leur combat perd tout autant de crédit. :sad:

Babas
Invité
Babas
15 années il y a

Déçu, vraiment déçu.
Déçu de ne pas trouver une once de modération sur ce blog
Déçu de voir une pensée unique s'installer
Déçu de ne pas lire quelques choses de plus mesurer à un telle point qu'une seul envie me vient. Fermer la fenêtre.
Et pourtant non, je résiste.
Je pense que certes sego a quelque que chose parfois de l'amateurisme et oui sarko frôle la perfection … de la communication politique et c'est là que diverge mon opinion. Je ne crois pas qu'il soit capable de grand chose de plus que ce qui existe déjà. Son discours ronronne comme celui de ces prédécesseurs. Et là je reviens vers l'idée que ségo apporte une nouveauté par exemple l'omniscience n'existe pas Oui on a besoin d'un vrai dialogue social et pourquoi ne pas faire confiance au gens pour régler leur affaire. Cela me semble une bonne idée du management moderne. Typiquement, je n'aime pas recevoir des ordres sans y adhérer ou sans avoir fait parti intégrant de la discussion. Avec Sarko oui cela va marcher droit et dans un sens le sien et si tu n'es pas content tu t'en vas! Et la je ne suis pas content et non je ne m'en irais pas et non je n'ais pas fermé la fenêtre
A tchao bande de convaincus non convainquants. Enfin cela reste subjectif!

Lomig
Invité
15 années il y a

ouhla Babas, tu vas être viré du forum car tu n'as pas de cerveau si tu restes modérée! :lol:

Quant à toi, cher homonyme et cher Max, qu'attendez-vous pour répondre aux arguments multiples que j'ai déjà cités, sur les droits bafoués, etc. Vous me trouvez extrêmiste, mais pour l'instant, je vous ménage.
les rapports d'experts (INDEPENDANTS) qui enterrent Sarkozy existent (sont ultra-majoritaires), et vous n'y pouvez rien. Ce n'est pas de l'extrêmisme, c'est du réalisme. Où n'a-t-il pas échoué?

Lomig
Invité
15 années il y a

J'oubliais.
Mon "extrêmisme" se fonde sur des discours de chercheurs, intellectuels de sciences humaines et sociales (anthropologie, sociologie, économie, droit, philosophie, histoire, etc.) et experts spécialisés dans un domaine concret, qui est réuni dans l'association "L'autre campagne" qui a tenté de relever le débat lors de cette campagne.

Ils viennent de sortir un film de 66 minutes qui réfute les propos de Sarkozy avec un grand talent. Si ce n'est pour l'intérêt intellectuel, allez-y au moins pour connaître les arguments de vos opposants: http://www.lautrecampagne.org/refutations.php

Bonne soirée à tous, et moi je me permets de vous dire "à bientôt"! :grin:

Simon
Invité
15 années il y a

On atteint dans ce genre de "discussion" les limites d'un blog je crois… :sad:

Des gens convaincus de la même chose peuvent échanger sur les moyens d'avancer vers cette même chose, mais des gens aux points de vus profondemment divergents ancrés dans leurs fort intérieur n'ont pas grand chose à échanger (mis à part quelques propos hostiles)surtout en cette période de tension intense juste avant le second tour.

Pour ma part, j'ai trouvé les candidats trop caricaturaux, j'avais plus envie de votre avant, là j'ai franchement l'impression que les deux candidats ont de grosses lacunes, dans des domaines différents certes (et à mon sens plus Ségo), mais, j'ai pas senti Sarko si au point que je pensais. :neutral:

En bref : trop d'approximation, pas assez d'Europe.

Simon
Invité
15 années il y a

On atteint dans ce genre de "discussion" les limites d'un blog je crois… :sad:

Des gens convaincus de la même chose peuvent échanger sur les moyens d'avancer vers cette même chose, mais des gens aux points de vus profondemment divergents ancrés dans leurs fort intérieur n'ont pas grand chose à échanger (mis à part quelques propos hostiles) surtout en cette période de tension intense juste avant le second tour.

Pour ma part, j'ai trouvé les candidats trop caricaturaux, j'avais plus envie de voter avant, là j'ai franchement l'impression que les deux candidats ont de grosses lacunes, dans des domaines différents certes (et à mon sens plus Ségo), mais, j'ai pas senti Sarko si au point que je pensais. :neutral:

En bref : trop d'approximation, pas assez d'Europe.

Philippe
Invité
15 années il y a

Du côté Sarkozy, nous avons vu un Homme (et je mets un "H" majuscule) défendre un projet réel et structuré. On peut ne pas être d'accord mais on sais au moins pourquoi.
Du côté Royal, nous avons vu … je ne sais plus quoi !

Eonis
Invité
Eonis
15 années il y a

Bonjour,

Mon premier commentaire sur de blog :smile: .

Petit message pour Lomig. Ton message sous-estime vraiment l'intelligence des Français. J'ai entendu un peu le même genre de discours ce matin à la radio. Mr Sarkozy est arrivé en première place au premier tour, je pense que cela signifie une chose: Les français lui accordent leur confiance.

Mon avis n'est pas objectif (comme le tiens d'ailleurs) mais il a au moins le mérite de ne pas cracher sur tel ou tel candidat.

PS: En 1995, je vous rappel que Jacques Chirac faisait également très peur au Français. Certes, sont bilan n'est pas des meilleurs, mais il n'a pas mis la France en guerre civile (comme le prône la propagande TSS en ce moment). Il est important de relativisé tes propos Lomig, il ne faut pas être catégorique à ce point, c'est très réducteur.

Eonis
Invité
Eonis
15 années il y a

Désolé d'avance pour le double post.

Première chose, je viens de relire mon commentaire précédent, désolé pour les fautes, ça ne me ressemble pas pourtant, dure dure la fin de semaine.

J'en ai même oubliée de féliciter LOmiG pour son analyse que je trouve très pertinente. Mme Royale refusait en effet de répondre précisément aux questions posées. Nous attendions des éclaircissements sur son programme, nous n'avons malheureusement eu le droit qu'à des grands discours qui n'aboutissent à rien de concret. Certes, son message de "discussion avec les partenaires sociaux" est très bien passée, ça nous l'avons bien compris. Et je pense qu'il manque énormément de communication en France, avec des personnes qui connaissent la réalité du terrain.

Mais la "discussion avec les partenaires sociaux" n'empêche pas du tout de prendre position pour telles ou telles propositions économiques et sociales. Elle se présente quand même pour encadrer, orienter la vie économique et sociale de la France. Je veux dire par là qu'elle peut proposer des projets de lois sans pour autant éviter le dialogue. Elle peux évoquer des projets clairs, nets et précis et par la suite discuter des points à améliorer avec les partenaires sociaux. Mais elle n'a, malheureusement pour ces défenseurs, rien proposé de concret.

Cela démontre quand même un manque de courage politique sur des points qui sont très sensibles, par exemple les retraites.

Pour en finir, votez bien dimanche :wink:

LMSI
Invité
LMSI
15 années il y a

De la même manière que nous avons appelé à voter en 2002 pour le candidat de la droite contre celui de l’extrême droite, nous appelons à voter pour la candidate du centre (centre-droit ou centre-gauche, selon les appréciations), sans illusions sur son programme, mais sans hésitation, pour faire barrage à un nouveau candidat d’extrême droite – une extrême droite beaucoup plus dangereuse que celle de 2002 dans la mesure où elle est sur le point d’accéder au pouvoir.
Article

Qui se déclaré fier d’être surnommé « Sarkozy l’américain » ?

Qui a critiqué la position française de refus d’une intervention en Irak ?

Qui s’est vanté d’avoir appelé le gouvernement israélien pendant la dernière guerre du Liban, en lui demandant combien de temps il leur fallait pour « finir le travail » ?

Qui a pour témoin de mariage et parrain de son fils Martin Bouygues, PDG de TF1, qui se dit lié « comme un frère » à Arnaud Lagardère, PDG du groupe Hachette, qui intervient pour faire renvoyer un directeur de journal (Paris Match) qui ne lui convient pas et pour faire embaucher le journaliste qui couvrira sa campagne (sur Europe 1) ?

Qui a été pris plusieurs fois en flagrant délit de mensonge, par exemple en affirmant que Zied Benna et Bouna Traoré, les deux jeunes tués à Clichy-sous-Bois, étaient en train de réaliser un cambriolage ?

Qui a ensuite récidivé dans le mensonge en affirmant que la plupart des émeutiers étaient des multi-récidivistes, alors que toutes les enquêtes sociologiques, aussi bien que les rapports des Renseignements généraux, réfutaient cette version ?

Qui a traité de « racailles » des gens qui avaient pour seul tort d’habiter en banlieue, d’être jeunes, et de le conspuer durant son passage dans leur cité ?

Qui a déclaré qu’il allait « débarrasser la France » des voyous, et même les « faire disparaître », en jouant parfaitement sur les sous-entendus xénophobes de la formule « débarrasser la France » (« voyous » = étrangers à expulser) et les connotations meurtrières du mot « faire disparaître » (= « éliminer », « rayer de la carte »…) ?

Qui a repris le slogan lepéniste « la France, on l’aime ou on la quitte », en l’appliquant bien entendu aux seuls enfants d’immigrés non-blancs — puisque n’importe quel Français blanc peut dire du mal de la France sans être ainsi stigmatisé, et que Nicolas Sarkozy lui-même – car c’est évidement de lui qu’il s’agit – a déclaré aux Etats-Unis « se sentir parfois comme un étranger en France » (allusion à l’opposition de la majorité des Français à la guerre américaine en Irak), sans en tirer la conséquence pour lui : si je n’aime pas la France, je la quitte ?

Qui a multiplié les déclarations et allusions xénophobes, racistes et islamophobes, associant systématiquement le thème du droit des femmes à celui de l’immigration, comme si les immigrés étaient les seuls à menacer les droits des femmes ? Qui a multiplié les allusions à la polygamie et à l’excision, en les amalgamant à l’Islam ? Sans parler des références grossières à l’égorgement du mouton dans les baignoires…

Qui a affiché son soutien à la publication de caricatures anti-musulmanes dans Charlie Hebdo au nom de la liberté d’expression, alors que dans le même temps, il harcelait judiciairement un rappeur qui avait eu le malheur de simplement constater l’existence et l’impunité (avérée et vérifiable) des homicides commis par des policiers contre des « jeunes des quartiers » ? Qui a défendu le droit de publier de caricatures islamophobes, tout en faisant voter des lois faisant de l’outrage public à La Marseillaise ou au drapeau national un blasphème, puni de milliers d’euros d’amende et même de prison ?

Qui déclarait déjà en 1998 : « ça ne dérange pas de débattre de la préférence nationale puisqu’elle est déjà à l’œuvre dans la fonction publique » ?

Qui a ouvert sa campagne sur le thème de la valorisation du « travail » (sans revalorisation des salaires) et sur la dénonciation des « assistés » ?

Qui a conclu sa campagne sur une charge hyper-violente contre « mai 68 » et la « fin des repères », ainsi qu’une défense de « la famille », valorisant la cellule familiale comme seule entité collective fondatrice de la société, et comme seul espace de solidarité (cf. sa politique sur la suppression des droits de succession) ? Qui a refusé l’ouverture du mariage et de la parentalité aux homosexuels, au nom là encore de sa « conception de la famille » ?

Qui, entre ces deux moments, « Travail » et « Famille », a mené une campagne extrêmement violente sur la « fierté d’être français », le « refus de la repentance », et même la fierté de l’œuvre réalisée par la France dans ses colonies ? Qui a décliné la thématique de « l’identité nationale » menacée par l’immigration, au point de déclarer qu’il faille créer un « ministère » réunissant les deux domaines ?

Bref : qui a articulé toute sa campagne, avec un caractère explicite dans le mimétisme jamais atteint par la droite française depuis la Libération, sur le tryptique du Maréchal Pétain :

« Travail Famille Patrie »

Avec y compris la même rhétorique mêlant biologisme (cf. les déclarations sur le caractère génétique de l’homosexualité et de la pédophilie) , « vitalisme » et nationalisme – « La haine de la France, c’est la haine de la vie », déclare par exemple Nicolas Sarkozy, dans la plus pure tradition de la droite pro-nazie des années 30-40.

L’œuvre législative passée de Sarkozy est tout aussi éloquente, surtout quand on l’entend dire que ce n’est qu’un début et qu’à l’avenir, s’il est élu, il ira beaucoup plus loin : atteintes sans précédent au droit d’asile et aux droits fondamentaux des immigrés, démantèlement de l’ordonnance de 1945 sur la protection des mineurs, atteinte aux libertés publiques et mise en place d’un État policier.

Bref : Nicolas Sarkozy n’est pas un « homme de droite » comme les autres. Il n’est pas un « libéral » comme les autres : ses valeurs, son vocabulaire, son programme, font vraiment apparaître une Ségolène Royal, ou même un Jacques Chirac, comme des sociaux-démocrates. Par ses idées en matière de politique économique et « sociale », par la force de frappe dont il dispose de par ses alliés dans le monde médiatique, et plus largement dans le monde patronal (son propre frère Guillaume Sarkozy a été vice-président du MEDEF), Nicolas Sarkozy fait peser une menace sur l’État redistributeur, les droits sociaux et les services publics, qui ferait de son passage aux affaires l’équivalent des épisodes Ronald Reagan (aux Etats-Unis), Margaret Thatcher (au Royaume Uni) ou Silvio Berlusconi (en Italie).

Sarkozy n’est pas non plus un « républicaniste paternaliste », « néo-colonialiste » voire « raciste-républicain » comme les autres : là encore, il fait apparaître le paternalisme « à la socialiste » (avec ses variantes le « fraternalisme » à la SOS Racisme, et le « maternalisme » à la « Ni putes ni soumises »), ou même celui de la droite, comme des moindres maux, tant, là encore, toute son attitude, son vocabulaire, ses déclarations belliqueuses, son œuvre législative et son programme, sont lourds de menaces sur les droits restants, et même la sécurité et l’intégrité physique des immigrés et des Français non-blancs.

Pour toutes ces raisons, sans être dupes des « insuffisances » (c’est un euphémisme), et même de la complicité du camp d’en face (la gauche socialiste) dans les reculs de l’État social, le renforcement de l’État policier et la gestion néo-coloniale de « l’immigration », de la même manière que nous avons appelé à voter en 2002 pour le candidat de la droite contre celui de l’extrême droite, nous appelons à voter pour la candidate du centre (centre-droit ou centre-gauche, selon les appréciations) pour faire barrage à un nouveau candidat d’extrême droite – une extrême droite beaucoup plus dangereuse que celle de 2002 dans la mesure où elle est sur le point d’accéder au pouvoir.

LMSI
Invité
LMSI
15 années il y a
  1. mon commentaire est très long, et la raison en est tons econd point:

  2. Il ne s'agit pas d'un mensonge puisque mon message prouve que ce n'est pas un pstulat de départ, mais une conclusion de 5 années de politiques liberticides (cf la LDH, RSF, etc.), il s'agit d'un discours clairement emprunté au FN, des "droits de l'hommistes" à "si t'aimes pas la France…", et d'un discours clivant, qui stigmatise, exclut, réprime la différence, sans oublier son amour pour la préférence nationale.(mais j'eoublie de très nombreux points communs avec le FN)

Il me semble que si tu lisais un peu plus ses discours et que tu connaissais un tant soit peu son programme, plutôt que de te fier à une caricature créée de toutes pièces par la droite radicale, tu t'en rendrais compte.

max
Invité
max
15 années il y a

J'ai lu une bonne partie de ses discours, je ne vois pas en quoi ils sont extremes.
D'autre part, les points que tu évoques dans ton énorme commentaire sont largement discutables et ne sauraient constituer des "preuves" à mes yeux. Et de toutes façons, comment expliques tu qu'il soit "prouvé" que Sarkozy soit un extremiste et que plus de la moitié des français votent pour lui ? Si ta réponse est que plus de la moitié des français sont extremistes aussi, alors il serait souhaitable de se poser des questions sur ta position sur l'echiquier politique.

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