Lorsque vous dites la vérité, vous n’avez à vous souvenir de rien.
Mark Twain (1835-1910)
Ecrivain, essayiste et humoriste américain.
Lorsque vous dites la vérité, vous n’avez à vous souvenir de rien.
Mark Twain (1835-1910)
Ecrivain, essayiste et humoriste américain.

Mario Vargas Llosa signe, avec L’appel de la tribu, une belle autobiographie philosophique, centrée sur 7 auteurs qui l’ont influencé. C’est passionnant, bien écrit et rythmé, et c’est une magnifique introduction à la pensée de ces auteurs variés, mais dont le point commun est d’avoir été des penseurs libéraux.
J’avais lu et apprécié, il y a quelques années, Le poisson dans l’eau, où Mario Vargas Llosa racontait son parcours en politique et sa candidature à la présidence du Pérou. Très intéressante plongée dans l’univers étrange de la politique. Varga Llosa, péruvien et naturalisé espagnol, est lauréat du prix Nobel de littérature (2010). Dans son style, et sa manière d’aborder les sujets, il y a une sorte d’alliance de franchise, et de mise en retrait de sa propre personne, qui donne une grande élégance à son style. Ce n’est pas de la fausse pudeur, ou de l’humilité, c’est plutôt une grande clarté et simplicité. Cette élégance se retrouve dans L’appel de la tribu : tout en éclairant en quoi, et à quel moment de son parcours ces auteurs l’ont influencé, Vargas Llosa livre un travail à la fois de biographe intellectuel, mais aussi parfois agrémente ce récit d’anecdotes vécues, car il a rencontré un certain nombre de ces auteurs.
Chaque chapitre est dense, ramassé, et livre l’essentiel de la pensée des auteurs. Une merveilleuse manière de les découvrir, avec un fil conducteur assez simple finalement : le libéralisme n’est pas un dogme, mais un courant de pensée, avec des facettes multiples, des contradictions, une richesse, très bien éclairées par ces auteurs si variés. C’est un livre d’introductions. J’ai retrouvé avec plaisir des auteurs connus, et eu la joie d’en découvrir d’autres. Dans l’ordre du livre, on peut donc découvrir les pensées et les vies de :
Que vous soyez libéral, ou non, il me semble que ce livre permet de découvrir pas mal d’auteurs passionnant, tout en passant en revue leur 7 manières d’être libéral, avec le regard précis et lucide d’un auteur original. Ici ou là , je découvre que Vargas Llosa tombe légèrement dans le politiquement correct (en qualifiant Joseh de Maistre de précurseur du facisme, ou en expliquant que la GB était un pays accueillant, jusqu’au Brexit). Rien de bien gênant, ce ne sont pas des points centraux de son exposé. Pour conclure, je reprends l’extrait du livre partagé par IREF :

J’avais commandé le dernier livre de Robert Ménard, Thérapie de choc (éditions La Nouvelle Librairie), en l’écoutant échanger l’autre jour. J’apprécie Robert Ménard : c’est un homme sincère, courageux, épris de vérité. Il me parait d’une grande droiture morale, et faire partie des hommes à la fois de terrain (il est maire de Béziers), et d’idées, qui pourraient changer la donne. Il est un des seuls à prôner l’union des droites, seule voie qui me parait intelligente pour éviter le duel Macron-Le Pen tant annoncé par les médias. Thérapie de choc est un petit livre, qui se lit d’une traite. Presqu’un programme, c’est en tout cas une liste très claire et directe des mesures chocs à prendre dès à présent si l’on veut éviter le naufrage du pays.
C’est aussi une charge très juste contre le politiquement correct qui empêche de parler des vrais questions, sous peine d’être immédiatement relégué à l’estrême-drouate. Il en sait quelque chose pour avoir, depuis longtemps, pris des positions à contre-courant de ce politiquement correct. Il appelle de ses voeux, avec passion, la venue d’un « aventurier de droite » qui sera capable d’avoir le courage de remettre la vérité, le bon sens, et la morale au centre des débats :
Je vous recommande la lecture vivifiante de ce livre choc, plein de fougue. Un cri du coeur, pour la France. Je me demande pourquoi Ménard semble n’envisager à aucun moment de pouvoir être cet aventurier. Il en aurait, à mes yeux, l’étoffe et la légitimité. A suivre ?
A la base de toutes les croyances totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d’un esprit plus élevé que leurs sujets, qu’ils savent donc mieux qu’eux ce qui leur est profitable.
Ludwig Von Mises (1881 – 1973) économiste autrichien puis américain.

Pour que la droite puisse gagner l’élection de 2022, la recette est simple : il faut s’allier. Les Républicains et le Rassemblement National doivent travailler de concert pour rendre cette alliance possible. Cet effort, réel, sera le signe d’une volonté de prendre le pouvoir.
J’apprécie beaucoup les émissions d’interview de l’Institut des Libertés. Charles Gave y reçoit des personnalités intéressantes, et je vous recommande d’aller les découvrir. Il recevait récemment Robert Ménard, maire de Béziers et François Bousquet, rédacteur en chef de la revue Elements.
Je partage beaucoup de ce qui est raconté là -dedans. Mais j’ai eu le sentiment que les deux invités « attendaient », un peu impuissants, le chef de fil providentiel qui saurait rassembler à droite, et plus largement d’ailleurs, et gagner l’élection. Il me semble que le problème est pris un peu à l’envers : la seule stratégie possible, à droite, est simple.
Il faut rassembler, ce qui veut dire travailler ensemble. Le Rassemblement National et les Républicains (mais aussi Debout la France, Via, Objectif France) devraient avoir des réunions de travail, visant à poser sur la table les différents sujets, et construire un programme commun. Tant que ces réunions ne seront pas organisées, et partagées avec le public, les électeurs, l’élection de 2022 sera perdue d’avance.
L’absence de ces réunions, de ces échanges, sera le signe que ces acteurs ne sont pas capables de faire les compromis nécessaires à la victoire. Si on place le sort du pays comme enjeu majeur, alors la victoire est une étape nécessaire. Gagner l’élection n’est pas le but, c’est un moyen. Ne pas se donner les moyens (échanger, se foutre sur la gueule, faire des accords, des compromis), c’est afficher aux yeux de tous (électeurs compris) que le sort du pays, n’est pas l’enjeu pour ces partis. C’est justement ce qui a conduit les électeurs à ne plus se déplacer : des politiciens dont l’enjeu est d’être élu, et non d’appliquer un programme, dans l’intérêt de la Nation. Ce qui est glamour en politique, c’est la vérité et le sens du sacrifice, pas les egos surdimensionnés.
A ceux qui s’offusqueraient d’un tel rapprochement, je rappellerais d’abord qu’il ne faut pas avoir peur des mots et des pièges tendus par une partie des journalistes et des élites « bien pensantes », et je poserais ensuite les questions suivantes : en quoi, sur les idées, François-Xavier Bellamy diffère de Marion Maréchal ? En quoi Jean-Frédéric Poisson ne pourrait pas s’entendre avec Mariani, ou Dupont-Aignan ? Retailleau avec Garraud, ou Aliot ? Si leurs différences de points de vue – inévitables – ne peuvent se lisser, s’oublier momentanément, s’articuler, évoluer, pour un objectif commun, alors c’est que ces gens-là ne veulent pas du pouvoir. Robert Ménard, dans la vidéo qui ouvre cet article le dit très bien. Cela demande du courage (que pour la plupart ils ont déjà montré).
Au passage, ces réunions de « convergences », ou d’alliance, seraient le meilleur moyen de voir émerger des personnalités nouvelles (ou pas), capables de porter ce programme commun devant le peuple (avec ou sans les chefs de partis d’ailleurs). Je repose donc cette question, ouverte et bienveillante : quand a lieu la prochaine réunion de travail pour un rassemblement gagnant à droite ?
C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche.
Pierre Soulages (1919) artiste peintre et graveur français
Alexis de Tocqueville (1805 – 1859) philosophe politique, précurseur de la sociologie et homme politique français.