Étiquette : Conférence

  • Strabisme divergent heureux

    Strabisme divergent heureux

    J’ai eu la grande chance, pour la deuxième fois, d’écouter une conférence de Christian Monjou : agrégé de l’Université, enseignant chercheur à Oxford, spécialiste des civilisations anglo-saxonnes, il a longtemps été professeur de chaire supérieure en khâgne B/L au Lycée Henri IV à Paris et chargé de cours d’agrégation à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Excusez du peu. Et après l’avoir écouté, je peux ajouter spécialiste de l’histoire de l’art et des idées, intelligence foisonnante, passionnée, et passionnante. Grande générosité dans le partage (Vous pouvez écoutez une passionnante interview sur le site de l’apm).

    Strabisme heureux

    L’exposé que nous avons eu avant hier portait sur les Wiener Werkstätte, célèbres ateliers viennois, fondés en 1903 par Josef Hoffmann, Koloman Moser et l’industriel Fritz Waerndorfer. Inspirés par le mouvement Arts & Crafts du Royaume-Uni, leur objectif était de fusionner les beaux-arts avec les arts décoratifs pour produire un art total rendu accessible au plus grand nombre. L’exposé était génial et foisonnant d’histoires et de photos d’oeuvre d’arts et d’artisanat. Cela résonnait pour moi beaucoup car mes parents avaient un gros livre, Wien 1900 (?), qui couvrait exactement cette période et que j’ai souvent feuilleté.
    Dans l’introduction de sa conférence, Christian Monjou a introduit le concept de « strabisme divergent heureux », que je tenais à conserver ici. L’idée en est claire, sinon simple : selon Christian Monjou, un trait caractéristique des leaders (thème de travail récurrent de Monjou), c’est cette capacité à avoir toujours un oeil sur deux choses à la fois (strabisme), contradictoires ou en tension (divergent), tout en parvenant à les articuler et à utiliser la tension pour en faire naître quelque chose. Il en a donné un premier exemple, qu’il trouve parfaitement adapté à ces géniaux créateurs de Wiener Werkstätte : avoir un oeil sur le passé, sur ce qui va disparaitre, mais dont il faut garder quelque chose (en l’occurence l’art nouveau), et un oeil sur l’avenir, sur ce qui est en train de survenir, et qu’il convient de façonner et de rendre possible (en l’occurence l’art déco). Bien sûr, c’est aussi un point de bascule historique entre le monde ancien de l’artisanat, et le monde qui survient, industriel.
    Il a illustré ce moment de transition, de strabisme divergent heureux, des Hoffman, Moser & Waerndorfer, avec beaucoup d’images d’oeuvres, d’objets, de créations, qui montrent très bien ce mélange d’un rappel du végétal, de l’organique et du naturel de l’art nouveau, avec déjà visible la géométrisation, et une forme de simplification des formes propre à l’art déco. Mais il l’a appliqué à d’autres sujets : il faut regarder, pour le leader, ce qui se passe dans sa communauté, à l’intérieur, mais aussi ce qui se passe en dehors. Ce strabisme divergent heureux est un concept utile, car il donne en quelques mots des éléments permettant de mieux attraper les paradoxes, dont le monde humain est fait, pour – non pas chercher à les résoudre – mais à apprendre, avec discernement, et humilité, ce que l’on peut bâtir avec. Ce qu’ils contiennent de réalité que nos modèles mentaux ne peuvent pas complètement, logiquement, réconcilier. Les paradoxes sont à expliciter, formuler, et à utiliser.
    Je vous recommander d’aller écouter l’interview linkée en début d’article pour découvrir le fabuleux conteur qu’est Christian Monjou. Et cette interview revient sur un des thèmes de sa conférence, « on ne crée / innove qu’en bidouillant avec le déjà-là », sur lequel j’ai capturé une petite citation.
    Une oeuvre d’art a peut-être plus à voir avec une autre oeuvre d’art qui l’a précédée qu’avec le réel. Harold Bloom

  • La révolution cognitive

    Je vous recommande vivement cette conférence de Michel Serres, intitulée « Les nouvelles technologies, révolution culturelle et cognitive » (je suis tombé dessus grâce à un tweet de Jérôme Colombain). Outre la vigueur et la clarté de Michel Serres (qui sont impressionnantes), le propos est lui-même passionnant.

    Il y aborde la manière dont les ordinateurs et internet (ce qu’on appelle souvent les nouvelles technologies) sont en train de modifier radicalement, le temps, l’espace et notre cognition. Michel Serres compare la révolution « internet » à d’autres révolutions dans l’histoire de l’humanité – en lien avec l’émission, le traitement, la réception d’informations – : l’apparition du langage, l’apparition de l’écriture et l’apparition de l’imprimerie. Cela replace les choses dans une échelle temporelle intéressante.

    Concernant l’espace, Michel Serres se livre à une réflexion sur le mot « adresse », pour montrer en quoi « Internet » n’a pas raccourci les distances, mais nous a fait changé d’espace (d’un espace physique vers un espace topologique).

    Il finit en envisageant les modifications cognitives pour les êtres humains que nous sommes, en faisant un focus sur la mémoire (une des facultés de l’esprit humain), mais il explique que l’on pourrait mener le même raisonnement avec l’imagination ou la raison. Ces révolutions culturelles (apparition du langage, de l’écriture, de l’imprimerie, puis d’internet) nous ont fait perdre la mémoire.

    Mais si on perd, on gagne. La main en perdant sa fonction de marche quadripède, a gagné en universalité. On a perdu du formaté, et on découvre de l’universel. « L’homme est une bête dont le corps perd » (comme une casserole qui perd de l’eau par un trou, le corps de l’homme perd).

    La perte de mémoire, selon Michel Serres, est compensée par le fait d’être libéré de l’écrasante obligation de se souvenir. On a externalisé la mémoire. L’homme « sans facultés » est donc plus universel, plus libre. Et à cause de cette externalisation, l’homme est à distance de tout, donc ce que nous avons gagné, c’est le devoir d’être intelligent. Puisque notre mémoire est externalisée, il ne nous reste que l’inventivité et la créativité. Le travail intellectuel désormais est obligé d’être intelligent et inventif.

  • L’écart entre le rêve et la réalité

    L’écart entre le rêve et la réalité

    J’ai trouvé ce speech de Conan O’Brien excellent : drôle, profond à  certains moments, et plein d’une belle énergie de showman. L’acteur vient pour la remise des diplômes de l’université de Dartmouth, et parle aux étudiants de ce qui nous rend unique.

    C’est notre échec à  devenir notre idéal perçu qui au final nous définit et nous rend unique. Ce n’est pas facile, mais si vous acceptez cette infortune et la gérez correctement, votre échec perçu peut devenir un catalyseur pour une profonde ré-invention.

    C’est en anglais. Vous pouvez lire le speech de Conan O’Brien complet sur le site de l’université.

  • Steve Jobs @ Stanford

    Steve Jobs @ Stanford

    Steve Jobs est un génie, et un excellent orateur, captivant. Je trouve cette présentation à  Stanford très émouvante et juste. Désolé : c’est en anglais.

  • Pascal Salin

    Pascal Salin

    Ce billet servira de point central pour lister les articles et les ressources concernant Pascal Salin. Comme j’ai écrit pas mal d’articles en me basant sur ses textes, ou en utilisant des citations de lui, je trouve cohérent de centraliser tout ça au même endroit. N’hésitez pas à  suggérer d’autres ressources le concernant en commentaires !

    Qui est Pascal Salin ?

    Pascal Salin (né le 16 mai 1939 à  Paris) est un économiste français, professeur à  l’université de Paris IX Dauphine, spécialiste de la finance publique et ancien président de la Société du Mont Pèlerin (1994-1996).
    D’inspiration libérale et libertarienne, son oeuvre marche dans les traces de Frédéric Bastiat, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek.

    Vous trouverez d’autres éléments sur Wikipedia, ou Liberpedia.

    « Libéralisme »

    Voici les billets directement basés sur le merveilleux livre « Libéralisme ».

    Deux articles intéressants à  propos de ce livre :
    « Libéralisme », de Pascal Salin, par Marc Grunert, et Libéralisme sur l’ALEPS.

    Interview exclusive pour Expression Libre

    J’ai eu le plaisir d’interviewer Pascal Salin chez lui au moment de la sortie de son livre « Revenir au capitalisme » :

    Traduction de la conférence pour le prix Schlarbaum

    L’Ecole Autrichienne d’Economie : l’aboutissement d’un voyage intellectuel
    Conférence de Pascal Salin à  l’occasion de la remise du prix Schlarbaum, publiée le 13/02/2009 sur le site de l’Institut Mises. Traduction : BLOmiG.

    Vidéos de la conférence à  Lugano

    Divers textes

    Et pour finir, voilà  divers articles du blog qui ne sont que des citations, ou des extraits de textes de Salin :

    Salin sur le Québécois Libre

    Retrouvez tous ses articles sur le Québécois Libre (super site, dont je vous recommande vivement d’aller parcourir un peu les entrailles…) :
    Pascal Salin sur le Québécois Libre