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  • Citation #84

    Laissez faire ne signifie pas : laissez agir des forces mécaniques sans âme. Il signifie : permettez à  chaque individu de choisir comment il veut coopérer dans la division sociale du travail ; permettez aux consommateurs de déterminer ce que les entrepreneurs doivent produire.

    Ludwig Von Mises (1881-1973) Economiste autrichien, puis américain

  • Quel type de radical êtes-vous ?

    Radical ou arbitraire ? Individualiste ou collectiviste ? J’ai pensé pendant longtemps que ce qui rendait sympathique le collectivisme, c’était une forme de pragmatisme non radical, qui serait venu contrebalancer ses aspects par ailleurs exécrables (principalement l’acceptation de l’arbitraire). Il n’en est rien : les collectivistes sont tout aussi radicaux que les libéraux ; ils partent simplement d’un principe qui n’est pas le même. Mais ils le suivent, et l’appliquent de manière radicale. La différence, c’est que leur principe de départ est injuste, et sans signification objective.

    Radical ou arbitraire ?

    Une vraie interrogation qui se pose, lorsqu’on se plonge dans la pensée libérale, est qu’elle part d’un principe fondateur juste (refus de la contrainte, respect absolu de la liberté individuelle dans le cadre de la loi), et qu’elle en tire toute les conséquences. Jusqu’au bout. C’est ce qu’on appelle être radicalLe dictionnaire donne plusieurs sens à  radical. Entre autres, en philosophie, « Qui va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial », « Attitude qui refuse tout compromis en allant jusqu’au bout de la logique de ses convictions » et « Doctrine réformiste fondée sur l’attachement à  la démocratie, à  la propriété privée, à  la laïcité de l’enseignement » ; si la radicalité est une forme de cohérence dans la pensée, elle peut aussi être une forme de dogmatisme. Et je déteste le dogmatisme.
    Comme par ailleurs, les doctrines non-libérales (constructivistes) acceptent dans leurs gènes une part d’arbitraire, j’étais dans pris dans cette espèce de dilemme, à  savoir choisir entre « radicalisme » et « arbitraire ».
    Hier soir, j’ai compris que cette alternative est une fausse alternative.

    Tout le monde est radical

    Pris sous l’angle philosophique, radical signifie « qui va jusqu’au bout des conséquences impliquées par le choix initial ». Ce n’est qu’une forme de cohérence idéologique, et finalement d’amour de la vérité. Si je pars d’un principe vrai, alors je dois le dérouler proprement. Soit quelque chose est vrai, soit quelque chose est faux.
    En enlevant la connotation péjorative du mot « radical », on se rend compte que à la fois les libéraux, et à la fois les constructivistes / utilitaristes sont radicaux. Ils déroulent logiquement (et c’est heureux) des idées politiques issues de principes fondateurs différents.
    Le principe fondateur du libéralisme, Si on cherche à « construire » une société meilleure, il vient toujours un moment où l’on va empiéter sur la liberté et la propriété de certains, pour favoriser d’autres. Ce que le libéralisme rejette, justement…c’est le respect des individus, et le refus de la contrainte. Aucun individu ne doit avoir le droit de forcer un autre à  faire ce qu’il ne veut pas. C’est simple, et il parait évident que si ce principe était respecté partout, il ne pourrait pas y avoir d’injustice. Ce principe est fondamentalement individualiste, et juste – parce que non arbitraire -.
    Le principe fondateur du constructivisme, c’est l’idée qu’il faut améliorer le sort des populations, notamment les plus démunis, par des mesures centralisées d’organisations de la société. Les constructivistes partent du principe fort qu’il peut être justifié d’empiéter sur la liberté de certains, pour améliorer le sort des plus On n’a guère le choix qu’entre ces deux radicalismes : nier l’existence d’une justice sociale, ou nier la liberté des individus. J’ai choisi.démunis, et donc pour améliorer une sorte de « bien-être » global, ou d’intérêt général. C’est un principe collectiviste, arbitraire. C’est le pouvoir qui décide, au gré des changements de majorité ou de régime, du sens à  donner à  tous ces mots abstraits « justice sociale », « bien-être global », etc…Quand le pouvoir est arbitraire, cela signifie que ce n’est plus une norme impartiale (identique pour tous) qui est la règle, mais la volonté d’un homme ou d’un groupeLexilogos donne : Arbitraire (En parlant du pouvoir) : Substitution aux règles de la justice distributive ou aux normes fixes et impartiales de la loi, de la volonté variable et intéressée d’un homme ou d’un groupe. Synonyme : despotisme].
    Contrairement à  ce que je pensais, ce côté arbitraire du constructivisme n’est pas le pendant du radicalisme libéral ; car les constructivistes sont radicaux aussi. Il y a simplement un radicalisme individualiste, qui place le triptyque « liberté individuelle-responsabilité-propriété » au-dessus de tout, et un radicalisme constructiviste, qui place la « justice sociale », ou l’ »intérêt général » au-dessus de tout.
    Là  où les libéraux voudraient que l’utilisation de la force soit strictement réservé à  l’application de la loi, et donc également à  réprimer toute forme de contrainte et de restriction des libertés, les collectivistes pensent qu’il est justifié de contraindre certains pour donner à  d’autres. Un collectiviste ne supporte pas l’idée que quelqu’un puisse vivre dans son coin, sans avoir à  participer à  un effort collectif, justifié par la « solidarité ». Et il trouvera justifiée l’usage de la force, s’il le faut, pour faire rentrer les récalcitrants dans le jeu collectif. Le libéralisme écrase le collectif au nom de l’individu ; le constructivisme écrase les individus au nom du collectif.
    On n’a guère le choix qu’entre ces deux radicalismes. J’ai fait mon choix. Et vous ?

  • Justice débonnaire ?

    Il y a plusieurs sens au mot « débonnaire« . Le troisième d’entre-eux est « qui se montre excessivement complaisant, par faiblesse de tempérament ou par bêtise. »
    La décision qu’a pris la justice à  l’encontre de celui qui avait menacé Robert Redeker peut-être qualifiée de débonnaire.

    Feu vert pour la fatwa

    Le Français d’origine marocaine, auteur de menaces de mort sur la personne de Robert Redeker, vient d’être condamné à  six mois de prison avec sursis et à  750 euros d’amende. […]

    La Justice, si prompte à  se vouloir exemplaire en matière de pédophilie où de malversations politico-financières, ne semble pas avoir pris la mesure du cancer que représente la menace obscurantiste dans notre pays. Là  aussi, nous voilà  contraints d’attendre la survenue de la première tragédie pour espérer qu’une jurisprudence daigne enfin condamner équitablement ceux qui menacent le plus la stabilité de notre société. Il est d’ailleurs significatif de constater que la défense du cyber-islamiste a eu l’outrecuidance de faire appel de cette décision pourtant bien clémente et inférieure aux réquisitions du parquet elles-mêmes bien timides (huit mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende).

    Cela n’empêche pas France-Info de commenter ainsi l’information : « La justice ne plaisante pas avec les menaces de mort. » Ouf ! Nous voilà  rassurés ! On tremble à  l’idée de ce qu’aurait été la décision du tribunal si l’idée de plaisanter lui était venue.

    Info trouvée, et à  lire en entier sur Primo-Europe

  • Citation #83

    Les administrations ont une vision de l’économie qui peut être résumée en quelques mots : « Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à  bouger, réglementez-le. Si ça s’arrête de bouger, subventionnez-le. »

    Ronald Reagan (1911-2004), homme d’Etat et président américain

  • Portables et santé : pas de risques significatifs

    Portables et santé : pas de risques significatifs

    Vous vous rappelez de nos discussions de l’autre jour à  propos des dangers pour la santé des téléphones portables ? L’Académie nationale de médecine a publié le 17 juin dernier un communiqué pour réagir à  l’appel à  la précaution des cancérologues. Son contenu : pas de risques significatifs connus, et affirmation que « la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et qu’il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique. ». Pan.

    Etude Interphone : résultats rassurants

    L’académie nationale de médecine commence par rappeler dans son communiqué les résultats partiels de l’étude Interphone (conduite dans 13 pays, et qui aura une puissance statistique importante puisqu’elle repose sur 6.600 cas de tumeurs (2.700 gliomes, 2.400 méningiomes, 1.100 neurinomes de l’acoustique et 400 tumeurs de la parotide). Ils sont sans équivoques :

    L’étude Interphone France n’a pas montré d’excès de risque statistiquement significatif et ses auteurs ne font que suggérer la possibilité d’un risque pour des utilisations de 10 ans ou plus.
    Ces résultats doivent être consolidés par le regroupement de toutes les études partielles, mais Interphone n’échappe pas à  de sérieuses réserves méthodologiques : les expositions des cas et des témoins ont été estimées à  partir d’interrogatoires sources d’incertitudes (non prises en compte dans les analyses statistiques) et de biais possibles d’anamnèse ** Par exemple, dans Epidémiologie, de Pierre Czernichow, Jacques Chaperon, Xavier Le Coutour, p. 264 : « Un biais de mesure fréquent est la recherche souvent plus attentive des faits passés chez les cas, dont la maladie les conduits à  rechercher une cause possible : c’est le biais d’anamnèse (biais de mémoire, ou de « rumination »). » (pratiquement impossibles à  corriger) ; les multiples tests statistiques devraient se fonder sur des techniques statistiques adéquates (pour ne pas augmenter le risque de résultat positif par simple hasard), ce qui n’est pas le cas.

    Et le communiqué revient ensuite sur l’article de Servan-Schreiber et des cancérologues, avant de donner ses propres recommandations.

    Position de l’académie nationale de médecine

    L’Académie de médecine rappelle :

    • que la médecine n’est ni de la publicité ni du marketing, et qu’il ne peut y avoir de médecine moderne que fondée sur les faits. Inquiéter l’opinion dans un tel contexte relève de la démagogie mais en aucun cas d’une démarche scientifique. On ne peut pas raisonnablement affirmer qu’ »un risque existe qu’il favorise l’apparition de cancers en cas d’exposition à  long terme » et, en même temps, qu’ »il n’y a pas de preuve formelle de la nocivité du portable » ;
    • que le principe de précaution ne saurait se transformer en machine alarmiste, surtout quand plusieurs milliards de portables sont utilisés dans le monde sans conséquences sanitaires apparentes depuis 15 ans.

    L’Académie de médecine recommande :

    • d’évaluer sérieusement les risques régulièrement évoqués, en privilégiant dans chaque cas une grande étude inattaquable sur sa méthodologie (ce qui n’est le cas ni d’Interphone ni du grand nombre d’études sur le même sujet qui l’ont précédée), plutôt que de nombreuses études de moindre envergure dotées de moyens et d’une puissance statistique insuffisants ;
    • de privilégier les études de cohorte ** Etudes de cohorte :
      sélection des sujets réalisée en fonction de l’exposition et non pas de l’issue. Il s’agit d’études d’observation, le plus souvent prospectives, dans laquelle un groupe de sujets exposés (à  des facteurs de risque d’une maladie ou à  un traitement particulier) est suivi pendant une période déterminée et comparé à  un groupe contrôle non exposé.
      qui permettent une estimation beaucoup plus fiable des expositions et évitent les biais d’anamnèse entre les cas et les témoins ;
    • de mettre systématiquement à  la disposition de la communauté scientifique les données de base des études épidémiologiques, après un délai raisonnable pour ne pas priver ses auteurs de la priorité de leurs publications, afin de pouvoir faire l’analyse pertinente de leur fiabilité.

    Que rajouter à  tout cela ? ça m’a fait chaud au coeur de voir que l’esprit scientifique, d’analyse et de scepticisme, n’est pas mort.

  • Reseau LHC : blogs de qualité !

    LHC, ça vous dit quelque chose ? Non, bien sûr ! LHC, c’est un réseau de blogs politiques, une sorte de label qualité. L comme Liberté d’expression, H comme humanistes et C comme esprit critique. Voilà  l’esprit que nous voulons promouvoir sur les blogs du réseau. N’hésitez pas à  nous rejoindre…!
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