Refuser la nationalité pour cause de « manque d’adhésion à certaines valeurs de la société française », c’est ce que vient de faire le conseil d’état. Trouvez-vous cela justifié ? Illégitime ? Je vous propose d’en discuter autour de quelques arguments, d’un petit sondage, et de quelques liens…
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Blog
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Quelles limites à la liberté de ceux qui n’aiment pas la liberté ?
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Citation #85
Et cependant, comme ce mot sacré a encore la puissance de faire palpiter les coeurs, on dépouille la Liberté de son prestige en lui arrachant son nom ; et c’est sous le nom de concurrence que la triste victime est conduite à l’autel, aux applaudissements de la foule tendant ses bras aux liens de la servitude.
Frédéric Bastiat (1801-1850)
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Pourquoi l’Etat ne peut que grossir
La fiscalité, en France, est utilisée comme un moyen d’incitation et d’orientation des choix des contribuables. En taxant telle ou telle action, en supprimant les taxes sur telle ou telle autre, le gouvernement et l’Etat ont un moyen d’inciter les gens à agir d’une manière ou d’une autre.
Un gouvernement donné, les hommes et les femmes qui le constituent, comme le rappelle très justement un article de Pascal Salin paru dans les Echos :[…] ne sont pas motivé par la recherche d’un hypothétique « intérêt général », qui conduirait à n’édicter que des règles applicables à tous. Ils ne sont pas différents des autres êtres humains et recherchent d’abord les moyens de réaliser leur propre intérêt personnel. Leur objectif est d’être élus ou réélus. Ainsi que l’a démontré l’économiste américain Mancur Olson, l’idéal est donc pour eux de trouver des mesures avec des bénéficiaires ciblés et repérables, alors que le coût de ces mesures est supporté de manière diluée par un grand nombre de contribuables inconscients du cadeau que l’Etat les oblige à faire aux autres.Le problème, c’est que nous vivons dans un pays où on ne retire pas un avantage acquis (le mot « acquis » suffit d’ailleurs à exprimer le fait qu’on ne revient pas en arrière). Comme par ailleurs la majorité au pouvoir change régulièrement, les cibles de redistribution changent également. Elles s’empilent, en fait. L’arbitraire règne dans ce domaine, et chaque nouveau gouvernement vient donc ajouter aux avantages acquis des nouveaux avantages acquis, financés par des taxes qui vont venir s’ajouter aux nouvelles taxes.
Il faut beaucoup de fonctionnaires pour évaluer, gérer, organiser cet empilement abracadabrantesque. Cela coûte ; le jeu de la redistribution ne se fait pas en flux tendu : il y a ce qu’on prélève à certains, il y a ce qu’on donne à d’autres, et il y a ce qui est prélevé au passage pour faire tourner la machine.
Tout cela mène à un Etat qui grossit sans cesse, et qui a dévié de son rôle initial : il devient une machine à créer de l’injustice. La redistribution fiscale, par son côté arbitraire, est à l’opposé de l’idée de justice (basée sur l’idée d’une règle applicable à tous de la même manière).
Il faut pour sortir de cette spirale, un homme ou une femme politique capable de dire : STOP ! J’ai cru un moment que Sarkozy et Fillon en serait capable. Force m’est de reconnaitre que je me suis trompé. En grand. Sarkozy n’est effectivement ni Thatcher, ni Reagan. C’est bien dommage.
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Droit, Législation et Liberté
J’avais commandé quelques bouquins l’autre jour sur Amazon. Parmi eux, un gros pavé intitulé « Droit, Législation et Liberté« , de Friedrich Hayek. J’ai lu une centaine de pages, et déjà je sais que ce livre fera partie des deux ou trois livres majeurs que j’aurais lu. Hayek est un grand philosophe : limpide, rigoureux, humble et puissant. Quand on sait que ce livre est considéré partout dans le monde comme la « bible » du libéralisme, et quand on voit la profondeur de ce livre, sa simplicité, on ne peut qu’être surpris et choqué de constater que l’on peut faire toute sa scolarité en France sans en avoir entendu parler.
Je pense que je vais régulièrement revenir ici sur des idées que l’on y trouve : elles sont passionnantes. J’ai commencé le livre avec un crayon à la main, pour souligner les passages intéressants : il y a du crayon sur presque toute les pages. Les idées s’enchainent de manière lumineuse, toujours nuancée. Un grand livre, que j’ai envie de partager avec vous. La forme reste à déterminer : de cours extraits, pour lancer la discussion ? des passages plus longs et plus fouillés ? Pourquoi ne pas se servir de la zone de commentaires, d’ailleurs, pour donner votre avis sur la question ? -
Sensations et sentiments
Les sensations disparaissent vite du corps. Celui-ci a une mémoire très faible des sensations : aussitôt éprouvées, aussitôt disparues. La douceur des caresses, la qualité d’un arôme, la douleur, ne valent qu’au présent.
Les sentiments qu’elles provoquent en nous sont un peu plus durables : ils impliquent une sorte de bouclage interne qui nous fait prendre conscience de la sensation, et de son impact sur nous. Si on ajoute aux sentiments des mots pour essayer de les décrire, on leur associe autant de petites clefs qui nous permettront de nous en rappeler.
Je fonctionne comme ça, en tout cas : ce que je formalise en mots, je peux m’en rappeler. Et si on ne retrouve jamais la sensation éprouvée dans les mots, dans le rappel des sentiments, au moins pouvons-nous en garder comme une trace, comme un chemin, qui nous permettra d’aller rechercher dans le monde cette sensation.
Les mots peuvent aussi servir à se rapprocher du présent. -
Quelques mots que j'aurais aimé écrire…
Existerait-il une hiérarchie entre les otages binationaux de mouvements terroristes ? Si l’opinion s’est passionnée jusqu’à l’excès pour la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue durant plus de six ans par les Farc, elle ne porte aucun intérêt au sort du jeune soldat franco-israélien, Gilad Shalit. Ce dernier a été enlevé en juin 2006 par le Hamas et il est détenu depuis à Gaza. Il y a un an, deux élus UMP de Paris (Martine Weill-Raynal et Jacques Bohbot) avaient demandé, en vain, au maire de Paris, Bertrand Delanoë, de placer le portrait de Shalit à côté de celui de Betancourt (accroché en 2004 et enlevé vendredi soir), sur la façade de l’Hôtel de Ville. Ne serait-il pas temps de réparer cette injustice ?
« Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat Shalit et pour ses parents. Nous ne l’oublions pas », avait déclaré Nicolas Sarkozy, dès l’annonce, mercredi soir, de la libération d’Ingrid Betancourt par l’armée. Mais la gauche pacifiste, qui n’a jamais caché ses indulgences pour la « guérilla » des Farc et leur idéal guévariste, a de semblables compréhensions pour « l’activisme » du Hamas face à Israël. Le comité de soutien à Ingrid Betancourt, le chanteur Renaud en tête, avait toujours prôné la négociation avec les terroristes, en faisant passer le président Alvaro Uribe pour le responsable du sort des otages. Cette stratégie a été spectaculairement démentie. Néanmoins elle fait du soldat Shalit une cause indéfendable pour les professionnels de l’indignation.
Chez Ivan Rioufol
Je pique cette rubrique à Rubin, car je la trouve super !