CatĂ©gorie : 🧠 RĂ©flexions

  • Registres de discours

    Registres de discours

    Bibliographie

    Pour continuer Ă  avancer sur le « bot » d’analyse automatique des articles sur X, il est nĂ©cessaire de bien penser les catĂ©gories dans lesquelles on lui demande de ranger les phrases d’un texte. Lorsque j’ai demandĂ© Ă  Grok ce qui existait dĂ©jĂ  comme type de classifications, il m’a apportĂ© les rĂ©ponses suivantes (j’ai ajoutĂ© les liens vers les auteurs).

    Voici un aperçu des plus pertinents, basés sur la littérature académique et les principes de rhétorique :
    Rhétorique aristotélicienne
    Aristote distingue trois modes de persuasion :

    • Ethos : CrĂ©dibilitĂ© de l’orateur (par exemple, citer un expert).
    • Pathos : Appel aux Ă©motions (proche de nos “Émotions” ou “Jugements moraux”).
    • Logos : Arguments logiques (proche de nos “Arguments” et “Faits”).

    Pertinence : Ton approche couvre dĂ©jĂ  ethos (via citations dans les faits), pathos (jugements moraux, rĂ©cits), et logos (arguments, faits). Ajouter une catĂ©gorie “Ethos” pourrait ĂȘtre redondant.
    Analyse du discours (Van Dijk, Fairclough)
    Teun van Dijk (discours critique) distingue :

    • Faits objectifs.
    • Opinions (proche de rĂ©cits et jugements moraux).
    • Arguments idĂ©ologiques.
    • Émotions.

    Norman Fairclough : Met l’accent sur les idĂ©ologies implicites, qui pourraient correspondre Ă  tes mots dĂ©battables ou rĂ©cits.
    Pertinence : Ton approche est déjà proche de ces cadres, avec une granularité plus fine (questions, jugements moraux).
    Typologie des discours (narratologie, sémiotique)
    Gérard Genette ou Roland Barthes distinguent :

    • Narratif (rĂ©cits).
    • Descriptif (faits).
    • Argumentatif (arguments).
    • Expressif (Ă©motions, jugements moraux).

    Pertinence : Tes catégories recouvrent ces types, avec une spécificité pour les questions et mots débattables.
    Linguistique pragmatique (Austin, Searle)
    Actes de langage :

    • Expressifs (Ă©motions, jugements moraux).
    • Directifs (appels Ă  l’action).
    • Informatifs (faits).
    • Commissifs (promesses, engagements).

    Pertinence : Les actes directifs pourraient justifier une catĂ©gorie “Appels Ă  l’action”, mais moins pertinente pour des articles journalistiques.
    Journalisme et analyse médiatique :
    Des outils comme Media Bias/Fact Check ou AllSides distinguent :

    • Faits objectifs.
    • Opinions/Ă©ditoriaux (rĂ©cits, jugements moraux).
    • Biais idĂ©ologiques (mots dĂ©battables).

    Pas de classification standard pour “questions” ou “arguments” explicites, ce qui rend ta mĂ©thode originale.

    Registres de discours v0

    J’ai ajoutĂ© depuis Ă  mes catĂ©gories une qui s’appelle « InterprĂ©tation », et j’ai incorporĂ© ce qui de l’ordre des Emotions dans « RĂ©cits ». La question reste ouverte de savoir s’il faut ajouter les « appels Ă  l’action ». Voici donc Ă  date la liste des catĂ©gories pour classer les phrases et distinguer les diffĂ©rents registres de discours (et les gestes mentaux qui vont avec) :

    • Descriptif (Faits) : Phrases vĂ©rifiables (chiffres, dates, noms), bleu, gras.
    • Narratif (RĂ©cits) : Phrases donnant sens/Ă©motions, non vĂ©rifiables, rouge, italique.
    • InterprĂ©tatif : Phrases hypothĂ©tiques/interprĂ©tations, jaune, soulignĂ© double.
    • Logique (Arguments) : Phrases avec prĂ©misses/conclusion (“donc”, “car”), violet, encadrĂ©.
    • Interrogatif (Questions) : Phrases et tournures interrogatives (“?”), vert, soulignĂ©.
    • Moral (Jugements moraux) : Phrases Ă©thiques (“juste”), marron, italique gras.
    • PolĂ©mique (Mots dĂ©battables) : Mots connotatifs/controversĂ©s (ex. “euthanasie”, « extrĂȘme-droite »), orange, soulignĂ©, annotĂ©s dans les phrases des autres catĂ©gories.

    Questions en suspens

    Deux points me paraissent difficiles Ă  rĂ©soudre. Tout d’abord il convient, dans la catĂ©gorie « DESCRIPTIVE » (faits) d’aller vĂ©rifier les faits et Ă©ventuellement souligner les mensonges. Ensuite, et c’est le point le plus compliquĂ©, il convient de parvenir Ă  garder en tĂȘte qu’un article peut ĂȘtre tout Ă  fait Ă©quilibrĂ©, utiliser peu de manipulations Ă©motionnelles ou narratives, mais laisser volontairement de cĂŽtĂ© la moitiĂ© de la rĂ©alitĂ© qu’il est censĂ© dĂ©crire (mise sous le tapis). Cela impliquerait d’aller systĂ©matiquement chercher plusieurs articles et comparer l’angle de vue choisi, les faits laissĂ©s de cĂŽtĂ© par les uns et les autres, etc. C’est titanesque (en fait) et probablement pas tout Ă  fait possible (en droit) : il n’existe pas de maniĂšre objective de traiter un sujet ou de rapporter des faits. Toute description d’un ensemble de faits nĂ©cessite des choix, un arbitrage, et implique un point de vue Ă  la fois idĂ©ologique (chacun a ses propres schĂ©mas mentaux) et factuel (mĂȘme en supposant une neutralitĂ© axiologique, personne n’a une connaissance universelle et considĂšre donc la rĂ©alitĂ© en Ă©tant dĂ©pendant de ses connaissances). Qu’en pensez-vous ?

  • Filtre Ă  mĂ©dias

    Filtre à médias

    Dans la suite de mon article prĂ©cĂ©dent, je me suis amusĂ© Ă  demander Ă  Grok de m’aider Ă  sĂ©parer dans un texte :

    • Ce qui est de l’ordre des faits (rĂ©futable au sens de Popper) (en bleu gras)
    • Ce qui est de l’ordre du rĂ©cit (en lien avec le sens, l’interprĂ©tation de l’action) (en rouge italique)
    • Ce qui est d’ordre interrogatif (des questions pour le moment, mais on pourrait raffiner avec des questions implicites ou explicites, ouvertes ou fermĂ©es, etc…) (en vert)
    • les mots potentiellement « orientĂ©s » susceptibles d’ĂȘtre apporteur de biais dans le raisonnement (en orange)

    Il a trĂšs bien compris ce que je lui demandais, et voici ce que ça donne avec un texte copiĂ©-collĂ© depuis Le Monde. Voici l’analyse qu’en fait Grok.

    Loi Duplomb sur l’agriculture : comment les partisans du texte ont rĂ©ussi Ă  court-circuiter les dĂ©bats Ă  l’AssemblĂ©e nationale.

    Dans une ambiance particuliĂšrement tendue. Les dĂ©putĂ©s du centre jusqu’à l’extrĂȘme droite ont votĂ©, lundi, la motion de rejet portĂ©e, paradoxalement, par le rapporteur de la proposition de loi. Ce qui permet de l’envoyer directement en commission mixte paritaire.

    La gauche dénonce un « déni démocratique ».

    PubliĂ© aujourd’hui Ă  05h31, modifiĂ© Ă  09h15. Temps de Lecture 4 min.

    Les dĂ©putĂ©s de LFI brandissent des pancartes Ă©voquant des victimes de maladies causĂ©es par des pesticides, lors du dĂ©bat sur le projet de loi Duplomb, Ă  l’AssemblĂ©e Nationale, Ă  Paris, le 26 mai 2025.

    L’initiative fera sans doute date Ă  l’AssemblĂ©e nationale.

    Lundi 26 mai aprĂšs-midi, les dĂ©putĂ©s du bloc central, de droite et d’extrĂȘme droite ont votĂ© Ă  une trĂšs grande majoritĂ© la motion de rejet prĂ©alable de la proposition de loi Duplomb. Visant Ă  lever les contraintes Ă  l’exercice du mĂ©tier d’agriculteur. (274 voix pour et 121 contre).

    Un fait dĂ©jĂ  exceptionnel au Palais-Bourbon. La motion de rejet a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e by the rapporteur mĂȘme du texte, le dĂ©putĂ© Julien Dive (Les RĂ©publicains, Aisne), ainsi que par les diffĂ©rents prĂ©sidents de groupe de l’alliance gouvernementale, Laurent Wauquiez (Les RĂ©publicains), Gabriel Attal (Renaissance), Marc Fesneau (MoDem) et Paul Christophe (Horizons). Pourtant favorables au texte.

    Le calcul est purement politique.

    Paradoxalement, le vote de cette motion de rejet permet l’accĂ©lĂ©ration de l’acceptation du texte. Dont le but est « de faire reconnaĂźtre que le texte proposĂ© est contraire Ă  une ou plusieurs dispositions constitutionnelles ou de faire dĂ©cider qu’il n’y a pas lieu Ă  dĂ©libĂ©rer ».

    En effet, aprĂšs ĂȘtre passĂ©e au SĂ©nat, la proposition de loi faisait l’objet de prĂšs de 3 500 amendements en sĂ©ance Ă  l’AssemblĂ©e. Dont 1 500 dĂ©posĂ©s par


    Et la proportion :

    Faits : (12 / 19) × 100 = 63,16 %.

    RĂ©cits : (7 / 19) × 100 = 36,84 %.

    Questions : (0 / 19) × 100 = 0 %.

    Je trouve ça assez intĂ©ressant comme maniĂšre de visualiser le texte. J’aimerais pouvoir insĂ©rer plusieurs articles diffĂ©rents pour voir ce qui en ressort (en terme de proportions, pour pouvoir comparer diffĂ©rents mĂ©dias, discours politiques, diffĂ©rentes thĂ©matiques, etc.). Qu’en pensez-vous ?

  • Faits & rĂ©cits

    Faits & récits

    Cet article est plus une note pour poser quelques idées pour la suite de mon essai : veuillez pardonner sa forme approximative.

    Deux modes d’apprĂ©hension du rĂ©el

    Dans le cadre d’une rĂ©flexion sur les objets mentaux que l’on manipule, deux en particulier ont retenus pour attention, afin de les distinguer pour Ă©viter les biais de confusion. Les « énoncĂ©s sur le rĂ©el », visant Ă  dĂ©crire des faits, et les « rĂ©cits » visant Ă  relier entre eux des Ă©vĂšnement ou des faits (factuels ou imaginaires). Ces deux modes pourraient ĂȘtre distinguĂ©s ainsi :

    • Les Ă©noncĂ©s sur le rĂ©el, qui visent Ă  dĂ©crire des faits, de maniĂšre explicative, sont dans le champ de la connaissance ou de la science, au sens de Popper. Ils peuvent ĂȘtre des thĂ©ories ou des modĂšles, ou de simple description de ce qui se passe. Leur formulation permet des les confronter Ă  des expĂ©riences (concrĂštes ou de pensĂ©e). Lorsque l’Ă©noncĂ© ne correspond pas au rĂ©el, aux faits, c’est l’Ă©noncĂ© que l’on revoit, ou a minima cela doit conduire Ă  une rĂ©-interprĂ©tation de la maniĂšre dont on comprend les faits. Par exemple : « lorsque je lĂąche une carafe de la hauteur de ma taille, elle tombe par terre et se casse ». Cette phrase est un Ă©noncĂ© sur le rĂ©el, facilement testable. Il est rĂ©futable : si je prends une carafe et que je la lĂąche, et qu’elle ne tombe pas, ou qu’elle tombe mais sans se casser, je devrais prĂ©ciser mon Ă©noncĂ©. Il deviendrait probablement un truc du genre « sur la planĂšte Terre, 98% des carafes lĂąchĂ©es d’une hauteur de 1,74m, tombent et sur un sol suffisamment dur (Ă  prĂ©ciser) se cassent au moment du choc avec le sol ». Ce mode d’apprĂ©hension du rĂ©el, scientifique ou factuel, vise la vĂ©ritĂ© (forcĂ©ment partielle, et indĂ©finiment amĂ©liorable).
    • Les rĂ©cits, qui prĂ©sentent des Ă©vĂšnements d’une maniĂšre structurĂ©es (Ă©vĂšnement factuels ayant rĂ©ellement eu lieu, ou imaginaires), visent Ă  crĂ©er un lien entre ces Ă©vĂšnement et Ă  crĂ©er du sens. Ils mettent gĂ©nĂ©ralement en scĂšne des personnages, et utilisent plus ou moins de maniĂšre linĂ©aire la temporalitĂ© et la succession des Ă©vĂšnements. Toute histoire est le fait d’un (ou plusieurs) auteurs qui ont construits, choisis, la maniĂšre de prĂ©senter ces Ă©vĂšnements dans le but d’Ă©clairer le sens, la morale de l’histoire. Il n’existe pas d’histoire vraie : toute histoire est un choix, et ne montre qu’une partie des choses. Comme le disait Bainville en parlant de l’Histoire « La tĂąche de l’historien consiste essentiellement Ă  abrĂ©ger. S’il n’abrĂ©geait pas, – et la remarque n’est pas nouvelle, – il faudrait autant de temps pour raconter l’histoire qu’on en a mis Ă  la faire. » Ce mode d’apprĂ©hension du rĂ©el, narratif, construit, vise le sens (qui nĂ©cessite interprĂ©tation morale).

    VoilĂ  donc deux modes d’apprĂ©hension du rĂ©el, qui tous deux utilisent les faits (« Ce qui est arrivĂ©, ce qui existe. »), mais pour en faire des choses diffĂ©rentes. ComprĂ©hension des lois naturelles d’un cĂŽtĂ© (qui donne des moyens d’action concrets sur les choses), construction de sens de l’autre, donc de motifs et de moyens d’action (individuels ou collectifs).

    Suite

    Ma rĂ©flexion, Ă  ce jour, est qu’il faut maintenant trouver des moyens de discriminer les histoires morales de celles qui sont immorales. J’avais commencĂ© Ă  lister et Ă  dĂ©crire des « fables immorales« , et c’Ă©tait bien dans cette logique. Je pense que le mode d’apprĂ©hension du monde liĂ© aux rĂ©cits est en fait une approche religieuse ou surnaturelle : Steinsaltz disait cela trĂšs bien dans Mots Simples : « La croyance en D-ieu peut ĂȘtre naĂŻve et puĂ©rile ou bien raffinĂ©e et Ă©laborĂ©e. Les images que nous nous en faisons peuvent ĂȘtre absurdes ou philosophiquement abouties. Cependant, cette croyance, une fois dĂ©barrassĂ©e de tout verbiage, se rĂ©sume ainsi : l’existence a un sens. Certains pensent, probablement Ă  tort, qu’ils le connaissent, alors que d’autres se contentent d’y rĂ©flĂ©chir. Tout ce que nous vivons apparaĂźt comme un ensemble dĂ©cousu. Le fait que nous nous efforcions de relier entre elles ces diffĂ©rentes particules d’information repose sur notre foi, a priori, qu’il existe bien une certaine connexion. »
    Je crois pour ma part que, si nous avons bien sĂ»r besoin pour agir d’adosser cette action a du sens, Ă  des objectifs, que pour autant cela ne permet de pas de prĂ©tendre que l’univers, ou l’existence a un sens autre que relatif Ă  nous.
    A travailler pour la suite : toute personne humaine normale connaĂźt et utilise ces deux modes d’apprĂ©hension du rĂ©el. A quel moment sont-ils utiles pour nous ? Comment bien s’en servir ? J’ai le sentiment de vivre dans une Ă©poque saturĂ©e de rĂ©cits, dont un certain nombre se font passer pour des histoires vraies, ou morales. Il n’existe pas d’histoire vraie. Il n’existe que des histoires qui ont plus ou moins de sens pour ceux qui les entendent et les interprĂštent. Certaines sont toxiques, et elles sont des armes utilisĂ©es pour manipuler, et pervertir. Il serait bon parfois de se raconter moins d’histoires, et de plus regarder les faits, la rĂ©alitĂ©. Je me demande s’il ne faudrait pas, d’ailleurs, presqu’exclusivement faire cela. Qu’en pensez-vous ?

  • Travail de mĂ©moire

    Travail de mémoire

    Une macro-Ă©tude vient d’ĂȘtre partagĂ©e par Nicolas Hulscher sur son compte X (il est Ă©pidĂ©miologiste Ă  la McCullough Fondation) : elle reprend les chiffres de 99 millions de personnes ayant reçu l’injection contre le COVID. Les chiffres sont sans appel :

    1. Risque accru jusqu’Ă  610 % de myocardite aprĂšs une injection sur plateforme ARNm.
    2. Risque accru de 378 % d’encĂ©phalomyĂ©lite aiguĂ« dissĂ©minĂ©e aprĂšs une injection d’ARNm.
    3. Risque accru de 323 % de thrombose veineuse cérébrale aprÚs une injection de vecteur viral.
    4. Risque accru de 249 % de syndrome de Guillain-Barré aprÚs une injection de vecteur viral.

    Je me demande pourquoi ces faits ne sont pas partagĂ©s et discutĂ©s dans les mĂ©dias français, qui ont passĂ© tant de temps Ă  nous Ă©numĂ©rer le nombre de morts du COVID, et Ă  se faire les agents de la propagande gouvernementale. Ce dĂ©calage de traitement m’inspire plusieurs remarques, sur des plans diffĂ©rents.

    Médias véreux

    Ce n’est pas une nouvelle bien sĂ»r, mais ce qui se passe depuis que la pĂ©riode COVID s’est terminĂ©e, dans les mĂ©dias, est assez Ă©tonnant. Le sujet n’existe presque plus. Deux annĂ©es complĂštes de folie administrative et sanitaire, de la censure avĂ©rĂ©e, des mensonges avĂ©rĂ©s, des invectives, des gens suspendus, des rĂ©putations jetĂ©es en pĂąture, des injections quasi-obligatoires d’un produit mal testĂ© : et puis, plus rien. Le rĂŽle de « chiens de garde du pouvoir » des mĂ©dias est plus que jamais flagrant. Circulez, il n’y avait rien Ă  voir, et sauf contraints et forcĂ©s, les mĂ©dias vous diront qu’il n’y a toujours rien Ă  voir.

    Difficile apprentissage

    Ce qui est difficile, c’est de sortir de la logique de bouc-Ă©missaire, et rĂ©flĂ©chir Ă  ce qui s’est passĂ©, et comment on pourrait Ă©viter de refaire les mĂȘmes erreurs. Collectivement qu’avons-nous appris ? Comment cela se traduit-il dans des rĂšgles diffĂ©rentes de fonctionnement ? Sans partager les faits, il n’est pas possible d’apprendre. Sans revenir, et c’est difficile, sur ce qui s’est passĂ©, sur ce qu’on savait Ă  quel moment, etc. il ne sera pas possible de progresser. Les confinements Ă©taient idiots, le Covid n’Ă©tait dangereux que pour certaines personnes Ă  risque, les « vaccins » n’ont pas Ă©tĂ© testĂ© dans les rĂšgles de l’art et ne protĂ©geaient pas du tout. La quasi-obligation vaccinale Ă©tait une hĂ©rĂ©sie sanitaire, philosophique et politique. Ce n’est pas parce que tout le monde ou presque devient fou en mĂȘme temps, que c’est moins fou. Je n’arrive pas Ă  voir comment ce travail pourrait avoir lieu, si certains n’ont pas le courage de reconnaĂźtre des torts, des mauvais choix (quelles qu’en soient les circonstances attĂ©nuantes). Faute avouĂ©e, Ă  moitiĂ© pardonnĂ©e, dit le proverbe.

    Chemins personnels

    Pour finir, il me semble que la racine du problĂšme est individuelle. Quelles qu’aient pu ĂȘtre nos positions, convictions, efforts d’information, pendant cette pĂ©riode, il est dur de faire son introspection. Par exemple, j’ai acceptĂ© que mes enfants soient vaccinĂ©s, alors mĂȘme que je pensais qu’il n’y avait aucun bĂ©nĂ©fice Ă  le faire (et c’Ă©tait mĂȘme plus grave, il y a avait un risque de consĂ©quences plus grave que la Covid. Je regrette cela ; j’Ă©tais probablement plus informĂ© que la moyenne, et je n’ai pour autant fait les bons choix. Je comprends que certains prĂ©fĂšrent oublier volontairement cette pĂ©riode et passer Ă  autre chose. Mais je trouve cela d’une grande tristesse : vivre sa vie en escamotant une partie du rĂ©el, de nos choix individuels et collectifs, n’est-ce pas une maniĂšre, dĂ©jĂ , d’accepter de vivre dans la « Matrix » de l’Etat ? Car en faisant cela, ce n’est pas seulement nos erreurs, nos choix, nos hĂ©sitations, nos disputes, que nous effaçons, mais aussi les responsabilitĂ©s, Ă  commencer par la nĂŽtre. Qui peut prĂ©tendre ĂȘtre libre, sans ĂȘtre responsable ?

  • effort personnel

    effort personnel

    Je me fais souvent la remarque que les gens n’arrĂȘtent pas de porter un jugement sur la maniĂšre de vivre des autres, sur des sujets plus ou moins importants, comme le choix des matiĂšres que l’on met chez soi, de sa voiture, de son endroit d’habitation, de ce qu’on mange, des gens pour qui l’on vote, des journaux et mĂ©dias qu’il est bon de suivre. C’est devenu une sorte de petite manie sociale que d’afficher ses propres prĂ©fĂ©rences et les plaquer sur celles des autres. Une forme de moralisation permanente des modes de vie, une intrusion dans le plus menu dĂ©tail du quotidien de considĂ©rations politiques, ou politiquement correctes. Comme si la respectabilitĂ© passait par le fait de tout « bien » faire, et de suggĂ©rer aux autres de suivre aussi ces bons prĂ©ceptes. De petites vertus frelatĂ©es affichĂ©es en permanence pour cacher le manque de vertu rĂ©elle.

    Nous avons acceptĂ©, peu Ă  peu, de vivre dans une sociĂ©tĂ© trĂšs pĂ©nible Ă  ce titre. Une sociĂ©tĂ© de gringalets qui ont peur de leur ombre, de petits ayatollah du CO2 et du bio, de la non-consommation et de l’ouverture Ă  toutes les identitĂ©s (sauf la nĂŽtre bien sĂ»r). De dĂ©fense Ă  tout prix de la vie, mais en fermant les yeux sur les avortements systĂ©matisĂ©s. Des gens beaucoup moins originaux et intĂ©ressants qu’ils le sont en vrais. Je trouve ça, Ă  vrai dire, tout Ă  fait consternant, Ă©nervant, et ridicule. Il est grand temps de se dĂ©faire de cela. Un simple retour au bon sens suffit, gĂ©nĂ©ralement, pour ceux dont le cerveau n’a pas Ă©tĂ© trop lavĂ©. En reste-t-il tant que cela ?

    Pour rĂ©gler un problĂšme, il faut toujours commencer par bien le poser, et par faire une analyse de causes. Je vois deux causes majeures (n’hĂ©sitez pas Ă  commenter si vous en voyez d’autres). D’une part, l’omniprĂ©sence des « lĂ©gislateurs, organisateurs, instituteurs de sociĂ©tĂ©s, conducteurs de peuples », qui contraignent, empĂȘchent, taxent, stigmatisent. D’autre part, notre facile acception de ce genre de comportement. Faire une critique des choix des autres, c’est une maniĂšre simple et peu coĂ»teuse (surtout si on bĂȘle avec le groupe dans le bon sens, socialement acceptĂ©) d’Ă©viter de se poser des questions sur ses propres choix et ses propres comportements.

    Je vois donc deux maniĂšres de sortir de cette sociĂ©tĂ© Ă©triquĂ©e, intolĂ©rante, empĂȘchĂ©e, fade : dĂ©gager les socialistes du pouvoir (Ă  voir comment), et de maniĂšre personnelle, au quotidien, refuser cette maniĂšre de vivre. DĂ©busquer les faux-semblants, le prĂȘt-Ă -penser, les petits peureux qui Ăąnonnent sur les choix des autres, au lieu de vivre simplement leur vie. Il faudra bien, d’une maniĂšre ou d’une autre, revenir individuellement et collectivement Ă  ces notions si prĂ©cieuses de responsabilitĂ© et de libertĂ©. ArrĂȘter de vouloir faire payer aux autres les consĂ©quences de mes choix. ArrĂȘter de reprocher aux autres leurs choix. Nous nous compliquons inutilement la vie. Qu’on nous foute la paix. Nous savons vivre sans qu’on nous dise insidieusement comment il faudrait le faire. Je n’ai que faire de vivre la vie « rĂȘvĂ©e » des autres.

    Je fais donc le vƓu en ce dĂ©but d’annĂ©e, de me reprendre quand je me retrouve Ă  faire cela moi-mĂȘme. La bonne rĂ©action Ă  avoir face Ă  ces petits censeurs du quotidien n’est pas de vouloir leur faire la morale sur leur maniĂšre de vivre (dans un effet miroir), ou leur dĂ©montrer leur erreur, mais plutĂŽt de leur dire sereinement qu’on se contrefout de leur avis, qu’ils sont bien libres de leurs choix, et nous de mĂȘme.

    On peut vomir les bobos moralisateurs sans vouloir pour autant rouler en Hummer avec un flingue Ă  la taille, une andouillette dans la main gauche, et un verre de vin dans la main droite. En plus, c’est trĂšs compliquĂ© de conduire dans ces conditions, vous verrez. Il suffit d’assumer ce qu’on est et de vivre en consĂ©quence.

  • Pour un 1er Amendement

    Pour un 1er Amendement

    Je ne serais probablement pas d’accord en tout avec Etienne Chouard, mais il a raison quand il dit que tout citoyen devrait rĂ©flĂ©chir Ă  la Constitution. Et je pense que sur le point de la libertĂ© d’expression, cela s’applique trĂšs bien.

    Constitution

    La dĂ©finition de la Constitution dit bien sĂ»r tout, mais je suis plus pragmatique que cela. De mon point de vue, il est plus simple de repartir des basiques : toute sociĂ©tĂ© humaine fonctionne en ayant un certains nombre de rĂšgles. Ces rĂšgles dĂ©finissent un certain nombre d’interdits qui encadrent la libertĂ© humaine, en prĂ©cisant les conditions d’applications. Elles doivent ĂȘtre, pour ĂȘtre justes, adossĂ©e aux rĂšgles morales de la sociĂ©tĂ© en question, et valable pour tous de la mĂȘme maniĂšre. Certaines de ces rĂšgles sont implicites, traditionnelles, et d’autres sont explicites, Ă©crites. Je ne reviens pas lĂ -dessus, j’en ai dĂ©jĂ  parlĂ© en dĂ©tail ici : Loi et rĂšglementation.
    La Constitution, dans mon esprit, est un ensemble de principes et de meta-rĂšgles qui permettent de juger de la validitĂ© des rĂšgles (lois, rĂšglementations, dĂ©crets, etc.). La Constitution dĂ©finit ce qu’est une bonne rĂšgle.

    C’est dans cet esprit que le Bill of Right US a Ă©tĂ© Ă©crit, et je le trouve bien plus puissant et pertinent que notre propre constitution (qui en fait, sans la dĂ©claration des Droits de l’Homme et du Citoyen, n’est qu’une longue liste descriptive de l’organisation des pouvoirs, certes intĂ©ressante, mais guĂšre utile pour parler « principe » ou « meta-rĂšgles »). Pourquoi ? Parce la premiĂšre meta-rĂšgle, le premier amendement, dit qu’une bonne loi ne pourrait entraver la libertĂ© de conscience et d’expression des citoyens. Le second amendement, dit qu’une bonne loi ne pourrait pas dĂ©sarmer les citoyens. Le troisiĂšme prĂ©cise que sauf cas trĂšs exceptionnel, le respect de la propriĂ©tĂ© privĂ©e sera absolu. Allez lire le texte, vous verrez qu’il rĂ©ellement costaud. Les lĂ©gislateurs et hommes de pouvoirs ne peuvent pas faire taire les gens, les dĂ©sarmer, les exproprier arbitrairement, etc. Ils essayent, mais les citoyens amĂ©ricains sont protĂ©gĂ©s par leur Constitution.

    LibertĂ© d’expression

    Dans ce billet, je voulais partager mes interrogations et recherches sur la libertĂ© d’expression (le 1er amendement amĂ©ricain), car elle est bien menacĂ©e. Pour en savoir plus sur la libertĂ© d’expression, vous pouvez aller lire l’excellent article de la Stanford University. Les rĂ©cents Ă©vĂšnements en Angleterre le montrent : on y laisse des hordes armĂ©es circuler en ville pour terroriser tout le monde en appelant au meurtre, mais on peut emprisonner un citoyen pour ses propos sur les rĂ©seaux sociaux.
    J’ai dĂ©jĂ  rappelĂ© ailleurs la magnifique dĂ©monstration de John Stuart Mill concernant la nĂ©cessitĂ© de la libertĂ© d’expression.
    Philippe Nemo a raison bien sĂ»r, quand il dit qu’il faut abolir les lois de censures en France. Mais est-ce suffisant ? Je ne le crois pas.

    Constitution Française

    Dans notre Constitution, la libertĂ© d’expression n’est mentionnĂ©e nulle part. Un petit peu dans l’article 4 (« La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation Ă©quitable des partis et groupements politiques Ă  la vie dĂ©mocratique de la Nation »), mais le terme « équitable » laisse la porte ouverte Ă  toutes les dĂ©rives. Le 1er amendement est beaucoup plus clair et radical :
    Le CongrĂšs n’adoptera aucune loi relative Ă  l’Ă©tablissement d’une religion, ou Ă  l’interdiction de son libre exercice ; ou pour limiter la libertĂ© d’expression, de la presse ou le droit des citoyens de se rĂ©unir pacifiquement ou d’adresser au Gouvernement des pĂ©titions pour obtenir rĂ©parations des torts subis.
    Il faut aller chercher dans la DĂ©claration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (Ă  laquelle il est fait rĂ©fĂ©rence dans le prĂ©ambule).

    Article 10
    Nul ne doit ĂȘtre inquiĂ©tĂ© pour ses opinions, mĂȘme religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public Ă©tabli par la loi.
    Article 11
    La libre communication des pensĂ©es et des opinions est un des droits les plus prĂ©cieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, Ă©crire, imprimer librement, sauf Ă  rĂ©pondre de l’abus de cette libertĂ© dans les cas dĂ©terminĂ©s par la loi.

    L’article 11 pourrait sembler donner les mĂȘmes garanties que le 1er amendement US, mais ce n’est pas le cas : il suffit qu’une loi (telles que celles dont l’abrogation est demandĂ©e par Nemo) dĂ©limite des cas oĂč la libertĂ© d’opinion n’est plus la bienvenue (selon qui ? pour quelles raisons ?) pour faire taire les gens. Un article de Constitution qui laisse la loi venir changer son sens n’est pas trĂšs solide. C’est d’ailleurs le cas en France, puisque des juges politisĂ©s autorisent et voient comme recevables des plaintes qui sont de vĂ©ritables tentatives de censures. Qu’est-ce qui garantit la libertĂ© d’expression en France ? Pas grand-chose. Pour une part de notre attachement culturel Ă  ce principe, mais il faut regarder les choses en face : les gauchistes au pouvoir, y compris au Conseil Constitutionnel (voire la sortie de Fabius au moment de la derniĂšre prĂ©sidentielle), n’ont aucune espĂšce d’envie de laisser parler leurs opposants. On peut voir les attaques contre Cnews, C8, L’incorrect (pour des unes, par leur banque), et les dissolutions d’associations identitaires diverses comme autant d’exemples de cette rĂ©duction lente, mais sĂ»re, de la libertĂ© d’expression.

    Constitution Anglaise

    La situation est beaucoup plus complexe en Angleterre, car leur systĂšme de rĂšgles est un mĂ©lange de rĂšgles coutumiĂšres, de droit positif contenu dans plusieurs documents diffĂ©rents : Magna Carta, Habeas Corpus, Bill of Rights, diffĂ©rents Acts). Mais ce qu’on peut y voir n’incite pas Ă  l’optimisme : il n’y a pas de droit formel Ă  la libertĂ© d’expression, celle-ci reposant principalement sur la « common law » (droit coutumier ou jurisprudence). Quand la culture change, le « droit coutumier » aussi. C’est tout l’intĂ©rĂȘt d’une Constitution : elle ancre de maniĂšre formelle des choses qui sont rendues plus difficiles Ă  faire bouger. Pour l’Angleterre, du coup, c’est l’article 10 de la Convention EuropĂ©enne des Droits de l’Homme qui joue, et c’est la mĂȘme que celle de la DĂ©claration des droits de l’Homme. Depuis plusieurs annĂ©es dĂ©jĂ , la police de la pensĂ©e veille au grain multiculturaliste en Angleterre.

    Pour un 1er amendement à la Française

    Il me semble clair qu’il faut absolument rĂ©intĂ©grer dans notre Constitution un article identique Ă  celui de la Constitution AmĂ©ricaine : un article interdisant aux lĂ©gislateurs, politiciens, hommes du pouvoir, de restreindre la libertĂ© d’expression et d’opinions. Sans conditions. Sans cela, nous suivrons le mĂȘme chemin que l’Angleterre.