CatĂ©gorie : 🔭 Sciences

  • Les fontaines du paradis

    Les fontaines du paradis

    Utopiales de Nantes

    Si vous lisez ce blog, vous savez que j’aime la science fiction. J’ai eu la chance d’aller passer une journĂ©e aux Utopiales de Nantes, dans le cadre de mon travail. C’est un festival de Science-Fiction. J’ai trouvĂ© l’Ă©vĂšnement, pour ce que j’en ai vu, super bien organisĂ© (tables rondes, confĂ©rences, expositions, BD, jeux, livres, etc..). Et nous avons assistĂ© le matin à  une remarquable confĂ©rence – « Penser les futurs » – de Roland Lehoucq (astrophysicien et auteur, prĂ©sident du festival) et Vincent Bontems (philosophe, chercheur et auteur). Nous y avons dĂ©couvert une histoire de la science-fiction, et de ses rapports à  la science. J’ai dĂ©couvert la distinction entre hard science-fiction et space opera. Cela mĂ©riterait plusieurs articles sur toutes les infos passionnantes qui nous ont Ă©tĂ© partagĂ©es. Je garde en tĂȘte le concept de « merveilleux scientifique » qui animait les premiers auteurs de SF. Et je me demande sous le feu de quelles idĂ©ologies nous avons perdu, collectivement, notre capacitĂ© d’Ă©merveillement par rapport à  la science et aux contenus scientifiques. Le terme ou label « science fiction » (fiction scientifique) a Ă©tĂ© inventĂ© par Hugo Gernsback (trĂšs influencĂ© par H.G. Wells et J. Vernes, inventeurs du genre).

    Ce rĂ©cit a pour but de fournir au lecteur une prĂ©vision de l’avenir justifiĂ© par les merveilleux progrĂšs de la science actuelle.

    Hugo Gernsback (1884 – 1967) romancier de science-fiction et homme de presse amĂ©ricain

    Vincent Bontems, chercheur associĂ© au CGS de l’Ă©cole des Mines, a ensuite partagĂ© une analyse tout à  fait passionnante des diffĂ©rents discours sur le futur (divination, prophĂ©tie, utopie/dystopie, futurologie et prospective) et des diffĂ©rentes fonctions des rĂ©cits de Science-Fiction. RĂ©ellement passionnant ! Ses slides Ă©taient remplis de super citations d’auteur de SF et de scientifiques. Je vais les ajouter à  ma collection. Dans la bibliothĂšque du festival, j’ai achetĂ© un ouvrage d’une des premiers reprĂ©sentants de la hard science-fiction, Arthur C. Clarke, que les confĂ©renciers avaient prĂ©sentĂ© : « Les fontaines du paradis« .

    Les fontaines du paradis

    Arthur C. Clarke (1917 – 2008) Ă©tait – excusez du peu ! – scientifique, Ă©crivain de science-fiction, Ă©crivain scientifique, futurologue, prĂ©sentateur tĂ©lĂ©, explorateur sous-marin et inventeur britannique. Il fait partie, avec Heinlein et Asimov des « trois grands » de la science-fiction anglo-saxonne. Il est l’auteur, notamment, du fameux « 2001 : l’odyssĂ©e de l’espace » qui a inspirĂ© le film Ă©ponyme. Son roman est l’histoire de la mise en place du premier « ascenseur spatial » : une sorte de station spatiale orbitale, reliĂ©e à  la terre par des filins en nanotubes, et que l’on peut rejoindre en « ascenseur ». Le roman dĂ©crit les premiĂšres Ă©tapes de la mise en place, de maniĂšre assez dĂ©taillĂ©e. Le concept n’est pas du tout impossible, scientifiquement, à  la restriction prĂȘt que nous n’avons de matĂ©riaux assez rĂ©sistants (à  part les nanotubes de carbone, mais que l’on sait pour le moment construire sur quelques mm ou cm). La station est situĂ© sur une orbite gĂ©ostationnaire. De nombreux articles scientifiques ont montrĂ© que cette construction Ă©tait une possibilitĂ© scientifique, sinon technologique.
    C’est un bon roman, au delà  de l’aspect invention et science. L’Ă©clairage sur le lieu d’oĂč partira l’ascenseur spatial, un temple religieux en haut d’une montagne, et que l’on doit donc dĂ©gager pour rĂ©aliser le projet permet une mise en abĂźme historique intĂ©ressante. Les rebondissements de la deuxiĂšme partie, le long de l’ascenseur sont trĂšs faciles à  imaginer dans un film. J’ai dĂ©couvert un auteur trĂšs intĂ©ressant.

  • Platon a rendez-vous avec Darwin

    Platon a rendez-vous avec Darwin

    Dans Platon a rendez-vous avec Darwin, le haut fonctionnaire Vincent Le Biez signe un bel essai en forme de cabinet de curiosités : stimulant, riche, et varié, mais manquant de structure et de profondeur.

    Rencontre(s) entre les sciences et la politique

    La thÚse du livre, exposée explicitement dans le dernier chapitre, est claire et puissante :

    Si les mĂ©thodes utilisĂ©es pour Ă©tudier les systĂšmes physiques et sociaux diffĂšrent largement et ne sont pas facilement transposables, les systĂšmes eux-mĂȘmes partagent certaines caractĂ©ristiques communes du fait de leur complexitĂ©, par consĂ©quent, la connaissance des systĂšmes naturels complexes offre des intuitions intĂ©ressantes concernant l’organisation des systĂšmes politiques et sociaux.

    Mobilisant des connaissances trĂšs variĂ©es, tant scientifiques que philosophiques, Vincent Le Biez, jeune haut fonctionnaire, se livre à  un brillant exercice de style, structurĂ© autour de couples de penseurs. Chaque chapitre rapproche les pensĂ©es d’un scientifique et d’un philosophe ou penseur politique : Sadi Carnot se retrouve ainsi appariĂ© avec Hannah Arendt, Ernst Ising avec Alexis de Tocqueville, ou encore Platon avec Darwin. Sur ce dernier exemple, la thĂ©orie de l’évolution du scientifique anglais, qui montre que les ĂȘtres vivants Ă©voluent, et que cette Ă©volution n’est pas le fruit d’un dessein, est mise en opposition avec la pensĂ©e de Platon oĂč, au contraire, l’ordre des choses, statique, rĂ©pond à  un dessein et à  volontĂ© de perfection. Riche discussion, seulement esquissĂ©e dans l’essai, sur la tĂ©lĂ©onomie, le finalisme, et les diffĂ©rentes conceptions du monde. Ce livre est d’autant plus stimulant qu’il expose avec clartĂ© et maĂźtrise la pensĂ©e d’auteurs nombreux, tant en sciences qu’en philosophie politique.

    Manque de rigueur et d’audace

    Il se dĂ©gage pourtant de la lecture une sensation de papillonnage, et d’une pensĂ©e qui part dans tous les sens. Sous la brillance intellectuelle, on se retrouve avec des idĂ©es somme toute assez peu originales, ce qui n’est du reste pas anormal, car les hybridations intellectuelles aux interstices des disciplines n’ont pas attendues Vincent Le Biez pour ĂȘtre faites. Il y a par ailleurs quelques raccourcis dans la maniĂšre dont la pensĂ©e des auteurs est retranscrite. Hayek, par exemple, n’a jamais pris « l’ordre spontanĂ© Â» pour la « valeur suprĂȘme Â». Hayek plaçait la libertĂ© au-dessus de tout, et l’ordre spontanĂ© est simplement un phĂ©nomĂšne qu’il a grandement contribuĂ© à  caractĂ©riser, notamment ses conditions d’existences. La mĂ©thode analogique utilisĂ©e a les dĂ©fauts de ses qualitĂ©s : riche en intuition, stimulante, mais conduisant souvent à  des choses peu rigoureuses. Et si les thĂ©ories scientifiques sont bien exposĂ©es, les idĂ©es des philosophes ou penseurs politiques le sont de maniĂšre un peu plus lĂ©gĂšre.
    Par ailleurs, pourquoi l’auteur Ă©prouve-t-il le besoin de se cacher derriĂšre ces analogies scientifiques pour livrer son point de vue politique ? Il n’y a pas besoin de passer par la thĂ©orie des membranes pour redire, en le citant, ce que Claude LĂ©vi-Strauss avait dĂ©jà  analysĂ© à  propos des limites au mĂ©lange entre des cultures diffĂ©rentes. L’approche alternative proposĂ©e par l’auteur, à  la suite de Prigogine et Bertalanffy, montre ses limites. Une approche visant à  pouvoir tout marier, une sorte d’en mĂȘme temps philosophique. Une synthĂšse dont la « neutralitĂ© Â» serait garantie par son origine scientifique. Vincent Le Biez explique que cette approche partage des choses avec tous les courants de pensĂ©e, du socialisme au conservatisme en passant par le libĂ©ralisme, l’écologie politique ou le progressisme.

    Une pensĂ©e politique qui fait l’impasse sur le conflit

    C’est oublier un peu vite que les humains ne sont pas des molĂ©cules, et les sociĂ©tĂ©s sont des systĂšmes complexes pas comme les autres. Les humains attachent dans leur rĂ©flexion, et dans leur apprĂ©hension de l’ordre politique et social, une importance cruciale à  la notion de vĂ©ritĂ©. Une composante qui semble avoir Ă©tĂ© un peu vite Ă©cartĂ©e par l’auteur, dans son mouvement d’équilibriste centriste (comprĂ©hensible pour un haut-fonctionnaire en poste) : Les vĂ©ritĂ©s, en politique, s’affrontent la politique est aussi le lieu du conflit, et de choses, d’idĂ©es, qui s’excluent mutuellement. Les vĂ©ritĂ©s, en politique, s’affrontent. Le socialisme n’est pas compatible avec libĂ©ralisme, pas plus que le progressisme avec le conservatisme. Faire coexister dans la sociĂ©tĂ© ces approches et pensĂ©es divergentes, avec tolĂ©rance, en assumant d’avoir des adversaires politiques, c’est le gĂ©nie de la dĂ©mocratie occidentale. Mais cette coexistence ne fait pas disparaĂźtre les diffĂ©rents et les conflits profonds entre ces courants de pensĂ©e. Sans conflit d’idĂ©es, sans dĂ©saccords, la pensĂ©e politique n’est qu’une soupe tiĂšde politiquement correcte.

    Cette recension a d’abord Ă©tĂ© publiĂ©e sur le site du magazine L’incorrect (lien). Je les remercie d’avoir bien voulu publier ce modeste article, et de leur confiance.

  • L’Ă©pidĂ©mie est terminĂ©e

    L’Ă©pidĂ©mie est terminĂ©e

    Depuis presque 2 mois, l’Ă©pidĂ©mie est terminĂ©e. Pourquoi continuons-nous donc à  porter des masques, et à  compter anxieusement le nombre de cas ? Le plus simple pour le comprendre est de regarder la rĂ©alitĂ©, et les donnĂ©es disponibles : une remarquable vidĂ©o d’Ivor Cummins donne beaucoup d’Ă©lĂ©ments factuels et d’arguments.

    Folie sanitaire ?

    Depuis le dĂ©but de l’Ă©pidĂ©mie, j’avoue que je regarde rĂ©guliĂšrement (j’avais arrĂȘtĂ©, et j’ai repris) le nombre de morts en France liĂ© à  la COVID. Depuis fin mai, il est tombĂ© presque à  zĂ©ro. Tout l’Ă©tĂ©, j’ai entendu des gens dans les mĂ©dias prĂ©dire une « seconde vague », sans que jamais cela soit confirmĂ©. L’augmentation du nombre de cas actuelle ne m’a pas inquiĂ©tĂ© : il parait logique lorsque l’on teste beaucoup, et que la population s’est « dĂ©confinĂ©e », que le nombre de cas explose. Cela ne fait pas plus de morts pour autant, et c’est tant mieux ! Mais l’hystĂ©rie collective est trĂšs fatiguante, pesante mĂȘme. Je me sens comme isolĂ© de ne pas cĂ©der à  la folie. Je suis persuadĂ© que les masques ne servent à  rien, et je trouve excessive les mesures sanitaires actuelles. Cela peut mĂȘme devenir un sujet de conflit avec des proches, ou des collĂšgues, en tout cas de dĂ©saccord. J’ai eu sur Twitter des dĂ©saccords avec des gens que j’apprĂ©cie par ailleurs, et dont je ne mets absolument pas en cause l’honnĂȘtetĂ© intellectuelle. J’ai donc cherchĂ© un peu, et je suis vite tombĂ© sur une vidĂ©o qui regroupe plein de donnĂ©es, d’arguments, et qui les expose de maniĂšre simple et directe. Comme elle est en anglais, j’ai repris ici quelques Ă©lĂ©ments clĂ©s.

    Des faits, des faits, des faits !

    Vous le savez si vous lisez ce blog, je prĂ©fĂšre rĂ©flĂ©chir à  partir d’Ă©noncĂ©s sur le rĂ©el, en tout cas en acceptant que mes idĂ©es et thĂ©ories puissent ĂȘtre contredites par le rĂ©el.

    Voilà  une liste non-exhaustive de constats et d’arguments, basĂ© sur des chiffres. Je suis prĂȘt à  remettre en cause telle ou telle affirmation, mais c’est une bonne base pour Ă©changer de maniĂšre rationnelle. Les chiffres entre parenthĂšses renvoient à  l’endroit de la vidĂ©o concernĂ©.

    • Dans les pays europĂ©ens, l’Ă©pidĂ©mie est terminĂ©e depuis juin. Le nombre de morts liĂ©s à  la COVID est tombĂ© presque à  zĂ©ro (2:03)
    • Il est trĂšs important de ne pas regarder uniquement le nombre de morts liĂ©s à  la COVID, mais Ă©galement le nombre de morts total par rapport au nombre de morts « habituels ». Il apparait que pour pas mal de pays, l’hiver avait Ă©tĂ© plutĂŽt clĂ©ment en termes de victimes de la grippe saisonniĂšre, et la COVID a donc eu un impact « de rattrapage » : les populations les plus faibles qui n’Ă©taient pas mortes en hiver ont Ă©tĂ© les premiĂšres emportĂ©es par l’Ă©pidĂ©mie. (4:31 et 8:44)
    • Toutes les prĂ©visions faites par les « experts » sur la base de modĂšles au dĂ©but de la pandĂ©mie Ă©taient outrageusement exagĂ©rĂ©es (au moins un facteur par rapport à  ce qui s’est passĂ©) (5:45)
    • Il faut remettre en perspective l’Ă©pidĂ©mie de COVID par rapport aux nombres de morts des autres Ă©pidĂ©mies, ou des fluctuations habituelles saisonniĂšres. Le pic de la COVID est à  peine distinguable sur la courbe de temps long : oui, on peut maintenant dire qu’il s’agit d’une Ă©pidĂ©mie de type « grippe sĂ©vĂšre » (je ne prĂ©tends que l’on pouvait le dire en mars) (8:03)
    • Il est fort peu probable que les mesures de confinement et de port de masque dans l’espace public aient un quelconque impact sur la COVID (13:21, 15:35 pour le tableau rĂ©cap des arguments, 19:50 pour la comparaison de pays qui ont confinĂ© et d’autres non)
    • Il y a des diffĂ©rences d’allure des courbes d’Ă©pidĂ©mie en fonction de la latitude. La courbe pour les rĂ©gions tropicales est plus Ă©talĂ©e. Cela permet de trĂšs bien dĂ©crire les courbes des pays d’AmĂ©rique du sud, et mĂȘme d’analyser la courbe des USA, qui comporte deux bosses : c’est la superposition de la courbe habituelle (nord des USA) et celle plus Ă©talĂ©e typique du sud (Sud des USA) (21:00)
    • Dans tous les pays, nous assistons maintenant à  une « épidĂ©mie de cas » (casedemic) : le nombre de cas explose, mais sans aucune mortalitĂ© associĂ©e. L’Ă©pidĂ©mie est finie, et le virus continue de circuler, sans faire de victimes (France : 28:00)
    • Sur un exemple, l’auteur montre comment la seconde vague tant « attendue » est probablement le fait de revenir sur les nombres normaux de morts à  cette Ă©poque de l’annĂ©e (31:52). Il est possible que ces mesures jamais vues auparavant (confinement, masque, etc.) aient Ă©galement, une fois l’hiver arrivĂ©, des effets nĂ©gatifs : en empĂȘchant la circulation habituelle des virus dans la population, nous avons peut-ĂȘtre aussi diminuĂ© la production de dĂ©fense immunitaire habituelle par brassage. Si cette hypothĂšse est vraie, les pays les moins observants devraient ĂȘtre moins touchĂ©s cet hiver…

    Tous ces Ă©lĂ©ments conduisent à  penser qu’il faut garder la tĂȘte froide, et revenir à  une vie normale. Pourtant, ce n’est pas le cas, et il semble mĂȘme, au vu des mesures sanitaires actuelles, que c’est l’inverse.

    Pourquoi ?

    J’ai regardĂ© pas mal de choses à  droite à  gauche. Je dois reconnaĂźtre que les mĂ©dias ont plutĂŽt fait leur job. Les contradicteurs ont eu la parole, et on trouve beaucoup de propos de bon sens sur les rĂ©seaux sociaux, repris des mĂ©dias main-stream. Je crois que nous sommes plutĂŽt en face d’une forme de prophĂ©tie auto-rĂ©alisatrice : j’oblige le port du masque pour une supposĂ©e Ă©pidĂ©mie en train de repartir, et comme il y a des masques partout il parait Ă©vident à  tous que l’Ă©pidĂ©mie n’est pas terminĂ©e. Pourquoi porter des masques sinon ? Voici quelques causes possibles à  cette maniĂšre de fonctionner :

    • Le principe de prĂ©caution n’a pas de limite : on peut toujours faire plus pour se protĂ©ger. Ce qui compte, c’est la balance bĂ©nĂ©fice/risque. La vertu de prudence, je le rappelais ici, devrait pourtant nous inciter à  agir de maniĂšre raisonnĂ©e
    • La peur est un puissant levier ; personne n’a envie de mourir, ou de mettre en danger ses proches, ou les plus fragiles. Il est donc facile d’adopter des comportements peu contraignants dans cet objectif louable (ce n’est pas si grave de porter un masque). Il me semble que c’est, à  nouveau, oublier de prendre en compte les impacts nĂ©gatifs sur l’Ă©conomie et le moral de toutes ces mesures de confinement, port de masques, interdiction de ceci et de cela, qui n’ont aucune assise rationnelle…Elles avaient un sens en mars, car nous ne savions pas à  quoi nous avions affaire, elles n’en ont plus aucun dĂ©sormais.
    • Je me rends compte, en discutant à  droite à  gauche, que la plupart des gens ne prennent pas la peine de s’informer, de lire, de comprendre, de douter. Il y a pourtant pleins de gens qui dĂ©ploient des trĂ©sors d’intelligence, et d’esprit critique, dans leur travail quotidien, et qui pour la marche du monde prennent sans discuter ce que leur sert le 20h.
    • Le noeud du problĂšme rĂ©side à  mon sens dans une forme de soumission du politique à  des experts politisĂ©s. Ce qui est vrai pour l’environnement l’est tout autant pour la santĂ© : il suffit pour s’en convaincre de lire la tribune de 35 chercheurs, mĂ©decins, universitaires qui demandent la dissolution du fameux Conseil Scientifique COVID Nous appelons Ă©galement le gouvernement à  ne pas instrumentaliser la science. La science a pour condition sine qua non la transparence, le pluralisme, le dĂ©bat contradictoire, la connaissance prĂ©cise des donnĂ©es et l’absence de conflits d’intĂ©rĂȘts. Le Conseil scientifique du Covid-19 ne respectant pas l’ensemble de ces critĂšres, il devrait ĂȘtre refondĂ© ou supprimĂ©.

    J’espĂšre que ces rĂ©flexions vous donneront matiĂšre à  relativiser ce qui nous arrive. Une Ă©pidĂ©mie de COVID nous est tombĂ© sur la tronche en mars. Depuis juin-juillet cette Ă©pidĂ©mie, en France, est terminĂ©e. Les faits le montrent. Si vous avez des faits montrant le contraire, je suis preneur.

  • Google Earth

    Google Earth

    Je voulais partager avec vous aujourd’hui mon Ă©merveillement devant cet outil formidable qu’est Google Earth. Petit, j’aimais passer du temps à  regarder des cartes dans des atlas : avec Google Earth ce plaisir est encore dĂ©cuplĂ© ! Quel incroyable projet, et quel bel outil. Bel exemple de big data & data viz, en ”multi-Ă©chelles » complet puisqu’on part d’images satellites pour aller jusqu’aux photos prises dans la rue, en passant par les prises de vues aĂ©riennes.
    Il y a plein d’histoires d’utilisation de Google Earth pour autre chose que de la flĂąnerie, en voici quelques unes dans la catĂ©gorie ”dĂ©couverte » :

    Il y en a pleins d’autres (vraiment cliquez sur le lien prĂ©cĂ©dent!), et Youtube fourmille de vidĂ©os plus ou moins sĂ©rieuses avec des utilisations malines de Google Earth. Et Google Earth, c’est aussi : des timelapses (vues en accĂ©lĂ©rĂ© de l’évolution d’un endroit spĂ©cifique), une base d’images satellites incroyables, et plein d’autres outils.
    Pour finir cette liste non-exhaustive, voici la vidĂ©o d’un internaute qui prĂ©sente 20 lieux incroyables à  voir dans Google Earth) :

  • Jour du dĂ©passement ?

    Jour du dépassement ?

    J’ai entendu parler à  nouveau, il y a peu, du concept fumeux de « jour du dĂ©passement ». Mis en avant par l’ONG FootPrintNetwork, repris en choeur par toutes les associations et mouvements Ă©colo à  tendances dĂ©croissants, ce concept n’a pourtant aucun fondement d’aucune sorte.

    L’idĂ©e est simple : les ressources n’Ă©tant pas infinies, on peut calculer ce que l’humanitĂ© consomme chaque annĂ©e, ce que la Terre est en mesure de « rĂ©gĂ©nĂ©rer », et par un savant calcul on peut voir ce qu’on consomme de trop, c’est-à -dire le nombre de planĂštes qu’il faudrait pour pouvoir continuer comme cela. Ou, dit en d’autres termes, le moment de l’annĂ©e oĂč l’on a dĂ©jà  « consommĂ© une planĂšte ». L’image est forte, marque les esprits, et rĂ©sonne avec les imaginaires eschatologiques des dĂ©croissants, anti-capitalistes, anti-techno, pro-retour à  la nature. On n’est jamais loin du mythe de l’Ăąge d’or.

    Concept logiquement sans fondement…

    Cette idĂ©e a m’a toujours Ă©nervĂ©. Si à  la mi-annĂ©e on a dĂ©jà  consommĂ© ce qu’on pouvait, et qu’on tape dans les ressources trop fortement, cela signifie que l’annĂ©e d’aprĂšs, les ressources sont encore plus faibles. Et ainsi de suite. Quand je regarde les chiffres de ce « jour du dĂ©passement », nous devrions dĂ©jà  avoir consommĂ© 25 ou 30 fois la planĂšte ! Or, il me semble, mais je peux me tromper, que la Terre est toujours là , et que nous continuons à  trouver de l’Ă©nergie. C’est donc une entourloupe logique.

    …et mĂȘme pas bien rĂ©alisĂ©

    MĂȘme les Ă©colos le disent : additionner des choux et des carottes n’a aucun sens (des tonnes de CO2 avec des nombres d’animaux tuĂ©s, plus des ressources Ă©nergĂ©tiques consommĂ©es, etc). C’est rĂ©ellement une pure fumisterie rhĂ©torique, pour influencer, coĂ»te que coĂ»te, les dĂ©cisions politiques. A commencer par la premiĂšre chose mesurĂ©e, les Ă©missions de CO2, classĂ©s comme un … polluant. Non, le CO2 n’est pas un polluant. Il faut revenir à  la raison.

    Un peu de vraie science ?

    Je conseille par exemple d’aller dĂ©couvrir les excellentes pages scientifiques du CEA sur le climat et l’environnement. Je me suis fait encore avoir : je suis tombĂ© sur Etienne Klein prĂ©sentant le concept d’Ă©nergie, et je suis restĂ© regarder la vidĂ©o en entier. J’ai eu la surprise d’apprendre que l’excellente explication du concept d’Ă©nergie donnĂ©e par Feynmann dans ses fameux cours, venait en fait d’une clarification apportĂ©e notamment par Emmy Noether, mathĂ©maticienne allemande. Voilà  de la science, de la vraie.
    Pour le reste, je crois que le vrai dĂ©passement c’est le 1er janvier : c’est la date à  laquelle les militants dĂ©croissants ont dĂ©passĂ© la quantitĂ© de conneries que l’on devrait s’autoriser à  dire chaque annĂ©e.

  • Richard Lindzen sur le rĂ©chauffement climatique

    Richard Lindzen sur le réchauffement climatique

    Je partage avec vous ce qui me semble ĂȘtre la meilleure des rĂ©ponses à  mes exaspĂ©rations concernant l’Ă©cologie et le rĂ©chauffement climatique : les Ă©lĂ©ments factuels de connaissances apportĂ©s par Richard Lindzen. Il est physicien, professeur de mĂ©tĂ©orologie au MIT, membre du GIEC. Vous pouvez le lire en dĂ©tail dans cette interview admirable par Valeurs Actuelles. Puis, dĂ©couvrir un rĂ©sumĂ© dans une vidĂ©o trĂšs bien faite :