CatĂ©gorie : 🔭 Sciences

  • Enlisement idĂ©ologique

    Enlisement idéologique

    J’aime bien les voyages en train. Quand je suis seul, je passe au relais presse acheter un magazine qui me fait une partie du trajet. Lors d’un de mes derniers voyages, j’ai achetĂ© le hors-sĂ©rie du Point, consacrĂ© aux grands dĂ©bats de l’Ă©conomie.

    Méconnaissance des auteurs autrichiens

    J’ai Ă©tĂ© déçu, je dois le dire. Il y a un gros travail de fait, mais depuis l’Ă©dito jusqu’à  la maniĂšre de traiter les sujets, je retrouve l’espĂšce de mĂȘli-mĂȘlo peu Ă©clairant que j’ai l’habitude de trouver dans les mĂ©dias. C’est à  mon sens reliĂ© à  deux causes principales : une pensĂ©e trĂšs française, marxisante, et une presque complĂšte mĂ©connaissance de l’Ecole Autrichienne d’Ă©conomie et des mĂ©canismes Ă©conomiques.

    Je ne suis pas compĂ©tent pour juger tous les articles, et l’humilitĂ© la plus Ă©lĂ©mentaire consiste à  garder une partie de ses critiques pour soi. Par contre, il se trouve que je connais quelques auteurs citĂ©s dans le recueil : Bastiat, Von Mises, Hayek notamment. Et sur ces auteurs, par contre, je peux me permettre de porter un regard critique. Et ce que je lis n’est pas glorieux.

    Deux exemples. Il est dit de Bastiat, page 52, qu’il « ne doit pas ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un thĂ©oricien ». J’aimerais bien savoir pourquoi ! Au contraire, Bastiat, certes volontiers polĂ©miques, a construit des bases de rĂ©flexions trĂšs proches de l’Ecole Autrichienne d’Ă©conomie, avec une description de la valeur et de l’utilitĂ© comme des choses subjectives. Cette approche, qui ressort de l’individualisme mĂ©thodologique, est – contrairement à  ce qui est Ă©crit dans le Hors-sĂ©rie – une approche thĂ©orique trĂšs solide.

    DeuxiĂšme exemple, sur Hayek, page 84 : aprĂšs avoir dĂ©crit une de ses analyses, il est Ă©crit qu’elle « reflĂšte ses obsessions ». Pathologiser un auteur, de maniĂšre insidieuse, me rappelle les maniĂšres de faire du politiquement correct dĂ©crite par Bock-CĂŽtĂ©. J’ai lu Hayek, et s’il y a un bien un auteur qui rĂ©flĂ©chit de maniĂšre rationnelle, puissante, en amoureux de la vĂ©ritĂ©, c’est bien lui ! Mais un journaliste français ne pouvait pas faire un papier sur Hayek sans l’Ă©gratigner un peu au passage. Question de posture. Il ne faudrait pas que les copains socialistes pensent que le Point est devenu nĂ©o-ultra-libĂ©ral radical…

    Biais déjà  décrits par Butler

    Le mĂȘli-mĂȘlo est typique de ce que dĂ©crit BenoĂźt Malbranque dans la prĂ©face de l’excellente « Introduction à  l’Ecole autrichienne d’Ă©conomie », d’Eammon Butler (dispo gratuitement aux Editions de l’Institut Coppet) :
    Bien que non majoritaire, une position courante concernant la mĂ©thodologie Ă©conomique est de dire qu’aucune des mĂ©thodologies n’est la rĂ©ponse unique aux dĂ©fis Ă©pistĂ©mologiques de l’économie, et que, pour cette raison, il convient de n’en employer aucune de maniĂšre directe. Ce « pluralisme mĂ©thodologique », comme certains l’ont appelĂ©, a de nombreux dĂ©fenseurs et jouit d’un prestige grandissant. Il est pourtant aisĂ© de comprendre pourquoi ce n’est pas une position satisfaisante. Au fond, le pluralisme mĂ©thodologique n’est rien de plus que la rĂ©ponse d’économistes Ă©garĂ©s incapables de se faire un avis sur ce qui constitue la mĂ©thode appropriĂ©e à  la science Ă©conomique. […]
    Pour Ludwig Von Mises et ses disciples, la question de la mĂ©thode est fondamentale : elle conditionne le sain dĂ©veloppement de thĂ©ories Ă©conomiques rigoureuses, justes et porteuses de sens. Les principes mĂ©thodologiques soutiennent l’ensemble de l’édifice autrichien, et c’est sans surprise qu’on retrouve leur exposition dans la plupart des grandes oeuvres de Mises. Ce dernier se faisait une idĂ©e bien prĂ©cise de l’économie. Il fallait se la reprĂ©senter comme une sous-catĂ©gorie de la « science de l’agir humain » qu’il intitula « praxĂ©ologie ». En Ă©conomie, il ne s’agit pas de dire pourquoi les individus agissent en suivant tel ou tel objectif ou en s’efforçant de faire correspondre leur conduite à  tel ou tel code moral. Il s’agit de reconnaĂźtre et d’utiliser le fait qu’ils agissent bel et bien en suivant des objectifs et en faisant correspondre leur conduite à  un code moral — en somme, qu’ils agissent intentionnellement.[…] Dans leur insistance sur le choix de l’action humaine comme fondement de toute connaissance Ă©conomique, les Autrichiens Ă©taient nĂ©cessairement poussĂ©s à  n’accepter que les individus comme sujet de leur Ă©tude, et à  suivre scrupuleusement l’individualisme mĂ©thodologique. AprĂšs tout, seuls les individus agissent. Ainsi que l’écrira le mĂȘme Rothbard, « la premiĂšre vĂ©ritĂ© à  dĂ©couvrir à  propos de l’action humaine est qu’elle ne peut ĂȘtre initiĂ©e que par des « acteurs » individuels. Seuls les individus ont des objectifs et agissent pour les atteindre.»

    Ce qui me reste de cette lecture (le Hors-SĂ©rie du Point) : l’impression gĂȘnante qu’il s’agissait plus pour les auteurs de prĂ©tendre couvrir tous les points de vue que de regrouper des savoirs. Non : on ne peut pas mettre toutes les idĂ©es au mĂȘme niveau, comme si c’Ă©tait une affaire de goĂ»ts et de couleurs. La Science Ă©conomique, solide dans l’approche autrichienne, parce que ne cherchant pas à  singer les sciences naturelles, en faisant Ă©talage d’outils mathĂ©matiques camouflant la rĂ©alitĂ© sous des macro-indicateurs composites, est une science de l’action humaine. Il faut commencer par rappeler ce que l’on sait. Il en va sur ce sujet, comme sur les sujets de rĂ©chauffement climatique, d’un mauvais mĂ©lange de science et de politique (c’est souvent le cas). Les journalistes auteurs de ce hors-SĂ©rie feraient bien de se reprendre, et de sortir de leur enlisement idĂ©ologique.

  • Pour une Ă©cologie politique raisonnable

    Pour une écologie politique raisonnable

    J’avoue n’avoir jamais vraiment Ă©tĂ© intĂ©ressĂ© par l’écologie. Du moins pas plus que cela. Je trouve les sciences en gĂ©nĂ©ral intĂ©ressantes, et celle s’attachant à  dĂ©crire les relations des ĂȘtres vivants avec leur environnement est forcĂ©ment aussi passionnante. Et si l’Ă©cologie devenait moins politique, et plus raisonnable ?

    L’Ă©cologie, cheval de Troie des « anti »

    Mais l’écologie a Ă©tĂ© depuis longtemps utilisĂ©e comme un moyen politique pour faire avancer leur(s) cause(s). Je mets un s, car ils sont nombreux à  se retrouver dans ce canal de l’écologie politique : fĂ©ministes, tiers-mondistes, anti-capitalistes, dĂ©croissants, et toute une clique de mĂ©contents que l’état actuel du monde ne satisfait pas. L’époque est ainsi faite : comme la cause Ă©cologique (au sens de « dĂ©fense de l’environnement ») est perçue comme noble, personne n’ose critiquer ceux qui s’abritent sous son Ă©tendard universaliste.

    Or, il le faut. Car le nombre de bĂȘtises que l’on peut lire et Ă©tendre est tout bonnement effarant. Je vais rĂ©guliĂšrement sur Twitter, et simplement dans les derniĂšre semaines, on peut mentionner les dĂ©lires suivants (je mets en lien des articles qui dĂ©montent ces Ăąneries) : antivax, glyphosate, catastrophisme biodiversitaire, Ă©oliennes & Ă©nergies renouvelables, plan d’aides ridicules, utilisation des enfants, clash à  propos du rĂ©chauffement, j’en oublie certainement. Il est grand temps de sonner la fin de la rĂ©crĂ©ation. Je crois que les scientifiques français devraient s’élever pour combattre l’obscurantisme et le sectarisme : en rappelant ce que l’on sait, et rappelant ce que l’on ne sait pas, et en rappelant que science et politique ne font pas bon mĂ©nage. Il faut le redire, encore, et encore : la science permet de dire ce qui est (modĂ©liser le rĂ©el), le moins mal possible, et de maniĂšre toujours perfectible. La science ne dit jamais ce qu’il faut faire. C’est un autre registre. On ne peut que souhaiter, Ă©videmment, que les Hommes prennent leurs dĂ©cisions en s’appuyant sur les savoirs scientifiques disponibles. Mais cela ne veut pas dire que la science dit ce qu’il faut faire.

    Penser l’Homme dans son environnement

    Bien sĂ»r, il ne faut pas laisser le sujet de la protection de l’environnement et des diverses formes de vie à  ces abrutis sectaires et manipulateurs. La rĂ©flexion en Ă©cologie politique doit ĂȘtre conduite. Mais sereinement. Il faudra m’expliquer pourquoi l’on trouve formidable l’homme de NĂ©andertal qui, avec un mĂ©lange de chance et d’ingĂ©niositĂ©, parvient à  maitriser le feu, et augmente sa capacitĂ© de survie et d’adaptation, et dans le mĂȘme temps, tout impact de l’homme sur son environnement devient totalement mauvais. Il n’est pas possible de vivre sans dĂ©truire, en partie, son environnement. Ce qu’il convient de penser, c’est l’interaction durable avec cet environnement. La gestion de cet environnement. Il s’agit bien de mettre en balance des valeurs importantes : survie des humains <vs> protection de l’environnement. SI ces deux valeurs s’opposent, en partie, il convient de mener une rĂ©flexion prudente et modĂ©rĂ©e pour dĂ©finir notre conduite. Je renvoie à  cette excellente vidĂ©o de Monsieur Phi sur la question de l’avortement, qui me semble ĂȘtre dans le mĂȘme genre de registre crispant facilement des attitudes extrĂȘmes.

    La prudence comme principe d’action raisonnĂ©e

    Le principe de prĂ©caution peut ĂȘtre une bonne chose, si l’on donne le sens correct à  la belle vertu de prudence : selon Aristote, c’est la « disposition qui permet de dĂ©libĂ©rer sur ce qu’il convient de faire, en fonction de ce qui est jugĂ© bon ou mauvais ». Le principe de prĂ©caution, bien compris, ne devrait pas ĂȘtre un principe d’inaction, ou de frayeur savamment entretenue comme seul rapport possible au monde, mais un principe d’action raisonnĂ©e.

    Qu’il est dur, en 2019, de parler d’écologie et de la place de l’Homme dans son environnement !

  • Science Ă©tonnante

    Science étonnante

    Quand on aime, on partage ! Je ne rĂ©siste pas au plaisir de faire connaitre l’excellente chaine Youtube Science Etonnante. Elle a Ă©tĂ© créée et est animĂ©e par David Louapre, physicien et super vulgarisateur scientifique. Le nom est trĂšs bien choisi je trouve : au coeur de mon goĂ»t pour la science et la philosophie, il y a cet Ă©tonnement, et cette capacitĂ© à  douter, que l’on peut sentir dans toutes ces vidĂ©os. Pour dĂ©couvrir, je vous partage celle sur le jeu de la vie, mais surtout allez faire un tour vous balader dans les autres.

  • Muslim Day Parad


    Vidéo trouvée sur Point de Bascule.
    C’Ă©tait le 12 octobre dernier, à  New York. Comme d’habitude aux USA, les contre-manifestants Ă©taient autorisĂ©s, et des barriĂšres sĂ©paraient la « Muslim Day Parad » (!) de ses « opposants ». Les images de la vidĂ©o montrent d’ailleurs des provocations qui ont eu lieu entre les deux groupes. Personnellement, ce sont des images qui me font peur, et qui, je trouve, doivent inciter à  la vigilance. Les images d’une fillette marchant voilĂ©e dans les rues de New York, main dans la main avec son pĂšre criant « Allahu Akbar » en levant le poing, font frĂ©mir.

  • Islam Documents : prĂ©sentation et interview du responsable

    Islam Documents est un site formidable, portant sur les origines de l’Islam et prĂ©sentant l’ensemble des documents originaux relatifs à  l’Ă©laboration de la religion musulmane. Il comporte plus de 10.000 textes. Mis au courant de l’existence de ce site par un message de son responsable, et convaincu que l’approche historique est plus efficace que les dĂ©bats thĂ©ologiques (c’est l’affaire des musulmans) pour faire Ă©merger la vĂ©ritĂ©, j’ai eu envie de lui poser quelques questions sur ce projet, son but, sa mĂ©thode. Voici donc ses rĂ©ponses, en exclusivitĂ© pour ExpressionLibre. Donc pour vous, chers lecteurs !
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  • Obscurantisme

    José Bové et ses acolytes anti-OGM ont été relaxés par le tribunal de Carcassonne. Ils comparaissaient pour avoir envahi le site du semencier Monsanto le 13 avril dernier, à  TrÚbes.
    Je trouve cette dĂ©cision de justice choquante, et je ne comprends pas pourquoi et comment la justice peut se comporter de la sorte. Que diriez-vous si des gens forçaient votre porte, et envahissaient votre appartement pour vĂ©rifier que vous ne cachez pas de Coca-Cola[1. Je cite l’article de Greenpeace Montpellier datant du 16 avril : « Le porte-parole de Monsanto ne s’est toujours pas excusĂ© pour cette dangereuse fabrication de produits amĂ©ricains. »] ? Et si, de plus, ils Ă©taient jugĂ©s innocents ? C’est exactement ce que vient de dĂ©cider le tribunal de Carcassonne. Il faut croire que l’obscurantisme gagne du terrain (et nous en fait perdre). Le problĂšme, c’est qu’il devient lĂ©gal
    Le sujet est tellement politisĂ©, polĂ©mique, qu’il devient difficile de rappeler la vĂ©ritĂ© scientifique. Passons. Les risques liĂ©s aux OGM sont du mĂȘme ordre que ceux liĂ©s aux Ă©missions de gaz à  effets de serre : vraisemblablement extrĂȘmement rĂ©duits et, de plus, difficiles à  Ă©valuer. Le principe de prĂ©caution aidant, les mĂ©dias — main dans la main avec les alter-mondialistes anti-capitalistes — en font leur choux gras : l’irrationnel fait vendre.
    Alors, puisque le juge a tranchĂ©, je pense qu’il faut ĂȘtre cohĂ©rent, et respecter la loi de mon pays. Je vais donc dĂšs demain aller casser des voitures dans la rue. N’Ă©mettent-elles pas du CO2 ? Et peut-ĂȘtre aussi mettre mon poing dans la gueule de tous ces abrutis qui tĂ©lĂ©phonent et nous pourrissent la tronche avec leur sales portables !