Jâavoue nâavoir jamais vraiment Ă©tĂ© intĂ©ressĂ© par lâĂ©cologie. Du moins pas plus que cela. Je trouve les sciences en gĂ©nĂ©ral intĂ©ressantes, et celle sâattachant Ă Â dĂ©crire les relations des ĂȘtres vivants avec leur environnement est forcĂ©ment aussi passionnante. Et si l’Ă©cologie devenait moins politique, et plus raisonnable ?
L’Ă©cologie, cheval de Troie des « anti »
Mais lâĂ©cologie a Ă©tĂ© depuis longtemps utilisĂ©e comme un moyen politique pour faire avancer leur(s) cause(s). Je mets un s, car ils sont nombreux Ă Â se retrouver dans ce canal de lâĂ©cologie politique : fĂ©ministes, tiers-mondistes, anti-capitalistes, dĂ©croissants, et toute une clique de mĂ©contents que lâĂ©tat actuel du monde ne satisfait pas. LâĂ©poque est ainsi faite : comme la cause Ă©cologique (au sens de « dĂ©fense de lâenvironnement ») est perçue comme noble, personne nâose critiquer ceux qui sâabritent sous son Ă©tendard universaliste.
Or, il le faut. Car le nombre de bĂȘtises que lâon peut lire et Ă©tendre est tout bonnement effarant. Je vais rĂ©guliĂšrement sur Twitter, et simplement dans les derniĂšre semaines, on peut mentionner les dĂ©lires suivants (je mets en lien des articles qui dĂ©montent ces Ăąneries) : antivax, glyphosate, catastrophisme biodiversitaire, Ă©oliennes & Ă©nergies renouvelables, plan dâaides ridicules, utilisation des enfants, clash Ă Â propos du rĂ©chauffement, jâen oublie certainement. Il est grand temps de sonner la fin de la rĂ©crĂ©ation. Je crois que les scientifiques français devraient sâĂ©lever pour combattre lâobscurantisme et le sectarisme : en rappelant ce que lâon sait, et rappelant ce que lâon ne sait pas, et en rappelant que science et politique ne font pas bon mĂ©nage. Il faut le redire, encore, et encore : la science permet de dire ce qui est (modĂ©liser le rĂ©el), le moins mal possible, et de maniĂšre toujours perfectible. La science ne dit jamais ce quâil faut faire. Câest un autre registre. On ne peut que souhaiter, Ă©videmment, que les Hommes prennent leurs dĂ©cisions en sâappuyant sur les savoirs scientifiques disponibles. Mais cela ne veut pas dire que la science dit ce quâil faut faire.
Penser l’Homme dans son environnement
Bien sĂ»r, il ne faut pas laisser le sujet de la protection de lâenvironnement et des diverses formes de vie Ă Â ces abrutis sectaires et manipulateurs. La rĂ©flexion en Ă©cologie politique doit ĂȘtre conduite. Mais sereinement. Il faudra mâexpliquer pourquoi lâon trouve formidable lâhomme de NĂ©andertal qui, avec un mĂ©lange de chance et dâingĂ©niositĂ©, parvient Ă Â maitriser le feu, et augmente sa capacitĂ© de survie et dâadaptation, et dans le mĂȘme temps, tout impact de lâhomme sur son environnement devient totalement mauvais. Il nâest pas possible de vivre sans dĂ©truire, en partie, son environnement. Ce quâil convient de penser, câest lâinteraction durable avec cet environnement. La gestion de cet environnement. Il sâagit bien de mettre en balance des valeurs importantes : survie des humains <vs> protection de lâenvironnement. SI ces deux valeurs sâopposent, en partie, il convient de mener une rĂ©flexion prudente et modĂ©rĂ©e pour dĂ©finir notre conduite. Je renvoie Ă Â cette excellente vidĂ©o de Monsieur Phi sur la question de lâavortement, qui me semble ĂȘtre dans le mĂȘme genre de registre crispant facilement des attitudes extrĂȘmes.
La prudence comme principe d’action raisonnĂ©e
Le principe de prĂ©caution peut ĂȘtre une bonne chose, si lâon donne le sens correct Ă Â la belle vertu de prudence : selon Aristote, c’est la « disposition qui permet de dĂ©libĂ©rer sur ce qu’il convient de faire, en fonction de ce qui est jugĂ© bon ou mauvais ». Le principe de prĂ©caution, bien compris, ne devrait pas ĂȘtre un principe dâinaction, ou de frayeur savamment entretenue comme seul rapport possible au monde, mais un principe dâaction raisonnĂ©e.
Quâil est dur, en 2019, de parler dâĂ©cologie et de la place de lâHomme dans son environnement !






