CatĂ©gorie : đŸ§‘đŸ»â€đŸ€â€đŸ§‘đŸ» SociĂ©tĂ©

  • Êtes-vous populistes ?

    Êtes-vous populistes ?

    C’est quoi, un « populiste » ? Pourquoi les mĂ©dias mainstream accusent certains dirigeants d’ĂȘtre des populistes ? Qu’est-ce qui permet de catĂ©goriser comme cela ? Ce mot est-il une insulte, ou un qualificatif neutre ? La dĂ©finition de « populisme » est simple : « Tout mouvement, toute doctrine faisant appel exclusivement ou prĂ©fĂ©rentiellement au peuple en tant qu’entitĂ© indiffĂ©renciĂ©e. » C’est la rĂ©fĂ©rence au « peuple » qui fait le populiste, la racine du mot le dit bien.

    Au dictionnaire

    Il est donc utile d’ouvrir un dictionnaire pour comprendre les diffĂ©rents sens de ce mot, et avancer dans la rĂ©flexion. Un des trĂšs bons dictionnaires en ligne, que je vous recommande d’ajouter dans vos favoris, c’est le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL). Voici un condensĂ© de ce qu’on peut trouver Ă   l’entrĂ©e peuple (j’ai triĂ© et je n’ai gardĂ© que ce qui semble alimenter la rĂ©flexion politique) :
    A.
    1. Ensemble des humains vivant en sociĂ©tĂ© sur un territoire dĂ©terminĂ© et qui, ayant parfois une communautĂ© d’origine, prĂ©sentent une homogĂ©nĂ©itĂ© relative de civilisation et sont liĂ©s par un certain nombre de coutumes et d’institutions communes.
    2. P. ext. Ensemble de personnes qui, n’habitant pas un mĂȘme territoire mais ayant une mĂȘme origine ethnique ou une mĂȘme religion, ont le sentiment d’appartenir Ă   une mĂȘme communautĂ©.
    B.
    1. (…)
    2. a) Ensemble des individus constituant une nation (…), vivant sur un mĂȘme territoire et soumis aux mĂȘmes lois, aux mĂȘmes institutions politiques.
    b) [P. oppos. aux gouvernants] Partie de la nation soumise Ă   une autoritĂ© ayant le pouvoir politique.
    3. [Le peuple institutionnalisĂ© et dotĂ© d’une physionomie juridique] Ensemble des citoyens d’un pays qui exercent le droit de vote pour dĂ©signer leurs gouvernants.
    C.
    1. Le peuple. L’ensemble des personnes qui n’appartiennent pas aux classes dominantes socialement, Ă©conomiquement et culturellement de la sociĂ©tĂ©.ñℱ© PĂ©j. Ensemble de personnes caractĂ©risĂ©es par la vulgaritĂ©, le manque de distinction des maniĂšres quelle que soit la classe sociale Ă   laquelle elles appartiennent.

    Si je rĂ©sume : le sens A est le peuple au sens anthropologique, le sens B est le peuple au sens juridique et politique et le sens C, prolongeant une nuance dĂ©jĂ   un peu comprise dans le sens B (l’opposition entre les gouvernants et le peuple), est le peuple au sens marxiste, c’est-Ă  -dire pensĂ© dans un rapport de domination (opposition classes dominantes/classes dominĂ©es).

    Qu’est-ce donc qu’un populiste, qui se rĂ©clame du peuple, ou qui est dĂ©clarĂ© tel par ses adversaires ou ses soutiens ? Cela peut prendre, au vu de la dĂ©finition, plusieurs sens. Ils sont tous susceptibles d’ĂȘtre pris nĂ©gativement ou positivement, selon le point de vue adoptĂ©. J’essaye de dĂ©rouler ces possibilitĂ©s ci-dessous, n’hĂ©sitez pas Ă   rĂ©agir en commentaire pour prolonger la discussion. Le mot « populisme« , dans ses racines littĂ©raires et historiques, rĂ©sonne avec les sens B et C : description des milieux populaires en littĂ©rature (au sens de milieux pauvres/non dominants), et mouvement de la paysannerie contre le pouvoir tsariste.

    Civilisations vs Multiculturalisme

    Sur le plan anthropologique (sens A), il me semble clair qu’un populiste sera celui qui dĂ©fend d’abord les intĂ©rĂȘts d’un peuple particulier, d’une civilisation. DĂšs lors, il aura pour adversaire ceux qui dĂ©fendent une autre civilisation, ou ceux qui pensent qu’il n’y a qu’une civilisation mondiale, et que les civilisations sont miscibles. Pour caricaturer, en France, quelqu’un qui se positionnerait pour dĂ©fendre la culture française et la civilisation occidentale avant toute chose, aurait sur le dos les islamistes et autres particularistes, et la clique de diversitaires multi-culturalistes. Un populiste sur cette maille lĂ   est quelqu’un qui reconnait Ă   sa culture propre et Ă   sa civilisation des caractĂ©ristiques, des particularitĂ©s, qui lui paraissent importantes Ă   conserver, et Ă   transmettre. Sur ce plan, il me semble assez sain d’ĂȘtre populiste.

    Citoyens vs Dirigeants

    Au sens juridique (sens B) et civique, le populiste sera celui qui veut parler au nom d’un peuple dĂ©finit par le fait d’ĂȘtre soumis aux mĂȘmes lois et aux mĂȘmes institutions. Il aura comme adversaire ceux qui veulent, dans la communautĂ© nationale, vivre avec d’autres lois, d’autres institutions, ou ceux qui pensent que les institutions actuelles sont tellement mauvaises, qu’il faut complĂštement en changer. Il aura donc sur le dos, les islamistes – encore eux -, les sĂ©paratistes, et les « rĂ©volutionnaires » partisans de la table rase. Selon la dĂ©finition, il sera aussi le porte-parole des citoyens, par opposition aux gouvernants. Le populiste aura, potentiellement aussi comme adversaire, les actuels tenants du pouvoir (quels qu’ils soient). Sur ce second plan, juridique, il me semble aussi assez sain d’ĂȘtre populiste.

    PlĂšbe vs Elites

    Le sens C de la dĂ©finition, marxiste, repose sur l’opposition, ou le rapport de force/domination entre les Ă©lites et le reste du peuple, la plĂšbe. Dans ce sens, le peuple c’est tout le monde, moins ceux qui ont une place dominante dans la sociĂ©tĂ© (sociale, politique, intellectuelle, Ă©conomique, financiĂšre, etc..). Le populiste, dans ce sens marxiste, est celui qui se prĂ©sentera comme parlant au nom des dominĂ©s, de ceux qui ne sont rien, par opposition aux Ă©lites. Cette forme est devenue prĂ©sente, en partie je crois Ă   cause de la diminution progressive du mĂ©rite des Ă©lites, et en partie Ă   cause de la perte de mobilitĂ© sociale. Quand quelqu’un est en situation privilĂ©giĂ©e, grĂące Ă   ses efforts, Ă   ses qualitĂ©s, et Ă   son exemplaritĂ©, cela ne suscite en gĂ©nĂ©ral, Ă   part chez les jaloux et les marxistes, pas de colĂšre parmi le peuple. Quand les plus dĂ©munis, peuvent, par leurs efforts, espĂ©rer progresser dans la sociĂ©tĂ©, et s’y faire une place, les Ă©lites ne sont pas uniquement les rentiers de leur naissance. Mais quand ceux qui profitent d’une situation plus que favorable sans que la justification de cette situation soit Ă©vidente, alors les autres, le peuple, se rebellent et y voient une forme de domination abusive, d’autant plus que ces situations leurs sont inaccessibles. Le populiste, dans ce sens, aura comme adversaires les fausses Ă©lites, les planquĂ©s du systĂšme, et les apparatchiks. Cette dĂ©ception lĂ©gitime a Ă©tĂ© trĂšs bien dĂ©crite par Ivan Rioufol, et par Pierre Mari. Je n’y reviens pas ici. Ce sens du mot populisme, Ă   nouveau me parait lĂ©gitime.

    Je suis populiste

    MĂȘme si je ne partage pas cette grille de lecture marxiste de la sociĂ©tĂ©, force est de reconnaitre que notre sociĂ©tĂ© est noyautĂ©e par une classe dominante qui ne comprend plus les aspirations du peuple. La crise des Gilets Jaunes l’a montrĂ©. Une partie des politiciens, des journalistes, des intellectuels, des dirigeants d’entreprise ne vit plus, et ne voit plus, la rĂ©alitĂ© du pays et des problĂšmes concrets que rencontrent leurs concitoyens. Il est temps de voir surgir un populiste qui parle, au nom des citoyens, d’identitĂ©, de culture française et occidentale, d’immigration, de l’extension abusive de la place de l’Etat, de la perte de souverainetĂ© nationale. Si le populiste est celui qui a comme adversaires les islamistes, les rĂ©volutionnaires, les multi-culturalistes, les diversitaires, les Ă©lites partisanes du statu-quo social, alors je suis populiste.

    Beaucoup d’autres pays, en proie aux mĂȘmes problĂšmes, ont vu Ă©merger des dirigeants populistes. A quand pour la France ?

  • Faut-il supprimer les subventions aux mĂ©dias ?

    Faut-il supprimer les subventions aux médias ?

    Notez bien que la question n’est pas : trouvez-vous indispensable qu’il y ait des mĂ©dias ? Personne, je crois, ne doute de l’utilitĂ© de pouvoir s’informer librement. Pas de mĂ©dias, pas de libertĂ© d’informer ou de s’informer, ça veut dire dictature. Et pour pouvoir s’informer librement, il faut disposer d’un grand choix et d’une diversitĂ© de sources. C’est ce qu’on appelle le pluralisme. Si tous les mĂ©dias racontent exactement la mĂȘme chose, alors c’est qu’ils ne parlent plus du rĂ©el, et on retourne sur la dictature (c’est le journal du parti). Le rĂ©el, et c’est ce sur quoi les gens veulent avoir des informations, s’apprĂ©hende au travers de filtres cognitifs, et avec des points de vue particuliers. Il n’y a pas d’information objective.
    Non : la question posĂ©e ici est de savoir s’il est une bonne ou une mauvaise chose, pour que les mĂ©dias fassent bien leur travail, de leur donner des subventions. J’ai listĂ© ici des arguments pour ou contre (listes non-exhaustives, que vous pouvez complĂ©ter et discuter en commentaire), et un petit test vous permettra de rĂ©pondre oui ou non à  cette question rĂ©currente.

    Pour les subventions

    • L’activitĂ© mĂ©diatique d’information, consistant à  informer, analyser, enquĂȘter, recouper est beaucoup moins rentable que la diffusion de films ou d’Ă©missions de jeux. Sans soutien, une partie de l’offre d’information disparaitrait et on perdrait en pluralisme
    • Face aux gĂ©ants des autres pays (amĂ©ricains notamment), il convient de soutenir de maniĂšre intelligente la production et les activitĂ©s mĂ©diatiques françaises, notamment théùtre et cinĂ©ma. C’est la fameuse exception culturelle. La « culture » n’est pas un bien comme un autre.
    • En ne subventionnant pas la presse et les mĂ©dias, ils seront à  la merci de grands groupes capitalistes, qui pourront faire pression en fonction de leurs intĂ©rĂȘts sur les « bonnes » et les « mauvaises » informations

    Contre les subventions

    • Les subventions maintiennent sous perfusion des mĂ©dias sans aucun lectorat, ou spectateurs. L’argent pris pour les soutenir est de l’argent qui n’est plus disponible pour d’autres activitĂ©s (y compris la crĂ©ation d’autres mĂ©dias, plus rentables). Un mĂ©dia qui rĂ©ussit, c’est un mĂ©dia qui sait trouver des clients, dans un milieu concurrentiel, et ĂȘtre rentable. Au nom de quoi serait-ce une entreprise pas comme les autres ? Par ailleurs, les subventions sont accordĂ©es de maniĂšre plus ou moins arbitraires aux diffĂ©rents mĂ©dias
    • Il y a plein de mĂ©tiers diffĂ©rents dans le monde des mĂ©dias (crĂ©ation, production, diffusion, etc.) : Aucun de ces secteurs d’activitĂ© ne fait parti des fonctions rĂ©galiennes de l’Etat.La culture, l’information, dans un pays libre, n’a rien à  faire dans le giron de l’Etat. C’est dans les dictatures, justement, que ces activitĂ©s sont liĂ©es à  l’Etat
    • S’il fallait soutenir un secteur avec des subventions parce qu’y rĂ©ussir est difficile, alors il faudrait soutenir l’ensemble des secteurs, ce qui implique des subventions dans toutes les activitĂ©s, avec une armĂ©e de fonctionnaires pour gĂ©rer tout cela au moins mal.

    Petit sondage

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  • HygiĂšne des rues

    HygiĂšne des rues

    Nettoyer les rues

    Je suis souvent choquĂ©, presque quotidiennement, par l’état dans lequel nous acceptons, collectivement, de laisser les rues. Les rues à  certains endroits sont sales, à  d’autres remplies de mendiants, ou de familles de migrants illĂ©gaux. Les rues sont par ailleurs, dans certains quartiers, laissĂ©s aux mains des racailles islamisĂ©es. Et parfois, temporairement, aux mains des gauchistes violents. Toutes ces situations sont inacceptables, moralement et juridiquement. Et pourtant nous nous y sommes presque habituĂ©s. Il faut nettoyer les rues. Je ne comprends pas pourquoi cette mesure populiste, ou de bon sens, consistant à  « nettoyer les rues Â» n’est pas mise en avant par les diffĂ©rents candidats et partis politiques. Nettoyons les rues de la misĂšre qui s’y amoncelle. Rendons l’espace publique à  son usage habituel : un lieu collectif, impliquant respect des autres, politesse, propretĂ©, application stricte des rĂšgles communes. DĂ©solĂ© de faire mon Suisse.

    Il ne s’agit pas de kà€rcher, les humains n’étant pas des moisissures, ni des scories que l’on peut balayer avec un jet d’eau. Non : il s’agit de dignitĂ©, et de solidaritĂ©. Les propos de Sarkozy, à  l’époque, n’étaient pas choquants : c’est de ne pas les avoir mis en oeuvre qui a choquĂ© les français.

    La rue, l’espace public, sont par dĂ©finition du domaine collectif. Il est donc de notre responsabilitĂ© collective de changer les choses, c’est-à -dire que cela est dans le champ du politique (sauf à  revenir à  des « milices » de quartier qui seraient en charge de gĂ©rer une rue, ou un bloc de maisons). Il est anormal de ”laisser » des gens ”vivre » dans la rue. Au-delà  des Ă©motions, et de la compassion, que chacun peut ressentir devant un tel spectacle, il y a là  un phĂ©nomĂšne que nous devons rejeter, de toutes nos forces, à  titre individuel comme de maniĂšre collective.

    Miroir d’une sociĂ©tĂ© malade

    Cet espace public est aussi un miroir de ce qu’est notre sociĂ©tĂ©. Ce miroir qui est nous est tendu renvoie une image terrible. Il nous renvoie à  notre propre incapacitĂ© à  traiter le problĂšme, il nous donne une image particuliĂšrement sordide (qu’est ce qu’une sociĂ©tĂ© oĂč des enfants trainent dans la rue à  mendier au lieu d’ĂȘtre à  l’école ?). Et il nous montre l’impĂ©ritie crasse de nos dirigeants à  simplement faire appliquer la Loi (allons-nous nous faire croire que nous ne savons pas loger, et forcer l’intĂ©gration de ce mĂ©lange de SDF et de migrants plus ou moins lĂ©gaux ?). Il faut refuser l’image de ce miroir, et la rĂ©alitĂ© qu’il montre. Les français sont solidaires, le niveau de prĂ©lĂšvement obligatoire consenti suffit presque à  le montrer. Personne ne se satisfait par ailleurs de cette situation : ni les mendiants, ni les citoyens, ni les bĂ©nĂ©voles, ni les responsables d’associations, ni les responsables politiques.

    Pas de traitement de faveur pour les fragiles ?

    Mais le politiquement correct est ainsi fait : on ne doit forcer personne, surtout pas des catĂ©gories fragiles. Ce serait discriminant ? Soutenons l’inverse : il faut aider les plus dĂ©munis, mĂȘme malgrĂ© eux. Il faut rĂ©intĂ©grer de force ces enfants des rues dans des Ă©coles, apprendre à  parler à  leur parents (ou les foutre en taule), forcer les sans-emplois et les laissĂ©s-pour-compte à  ĂȘtre pris en charge pour se re-socialiser. CoĂ»te que coĂ»te. Ce n’est pas une question de moyens, ni de capacitĂ©, c’est une question de dignitĂ© et de volontĂ© politique. Je suis convaincu qu’un homme politique qui proposerait de nettoyer les rues marquerait des points auprĂšs de nombreux citoyens. Parce que les français sont solidaires, amoureux de la dignitĂ© des personnes, et fier de leur pays, qu’ils ne supportent plus de le voir peu à  peu se transformer en pays du tiers monde.

    Vivons heureux, vivons confinés ?

    J’ai une petite thĂ©orie sur le confinement, qui permet d’expliquer pourquoi un peuple aussi rebelle que les français se sont si facilement laissĂ© enfermer chez eux. Je crois que cela a permis a beaucoup de monde de ne plus « voir » cette affreux chemin que nous avons pris, en n’allant plus dans la rue. Les mĂ©dias tournant en boucle sur le COVID, ça a permis de ne pas trop voir les assauts de « migrants » contre la GrĂšce, la situation prĂ©-insurrectionnelle dans les « banlieues ». Il est temps de retourner dans la rue, et d’accepter cette rĂ©alitĂ© que l’on ne veut plus nommer, ou voir. Cela nous empĂȘche de nous attaquer aux problĂšmes.

    Il faut toujours dire ce que l’on voit ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.Charles PĂ©guy

  • Jour du dĂ©passement ?

    Jour du dépassement ?

    J’ai entendu parler à  nouveau, il y a peu, du concept fumeux de « jour du dĂ©passement ». Mis en avant par l’ONG FootPrintNetwork, repris en choeur par toutes les associations et mouvements Ă©colo à  tendances dĂ©croissants, ce concept n’a pourtant aucun fondement d’aucune sorte.

    L’idĂ©e est simple : les ressources n’Ă©tant pas infinies, on peut calculer ce que l’humanitĂ© consomme chaque annĂ©e, ce que la Terre est en mesure de « rĂ©gĂ©nĂ©rer », et par un savant calcul on peut voir ce qu’on consomme de trop, c’est-à -dire le nombre de planĂštes qu’il faudrait pour pouvoir continuer comme cela. Ou, dit en d’autres termes, le moment de l’annĂ©e oĂč l’on a dĂ©jà  « consommĂ© une planĂšte ». L’image est forte, marque les esprits, et rĂ©sonne avec les imaginaires eschatologiques des dĂ©croissants, anti-capitalistes, anti-techno, pro-retour à  la nature. On n’est jamais loin du mythe de l’Ăąge d’or.

    Concept logiquement sans fondement…

    Cette idĂ©e a m’a toujours Ă©nervĂ©. Si à  la mi-annĂ©e on a dĂ©jà  consommĂ© ce qu’on pouvait, et qu’on tape dans les ressources trop fortement, cela signifie que l’annĂ©e d’aprĂšs, les ressources sont encore plus faibles. Et ainsi de suite. Quand je regarde les chiffres de ce « jour du dĂ©passement », nous devrions dĂ©jà  avoir consommĂ© 25 ou 30 fois la planĂšte ! Or, il me semble, mais je peux me tromper, que la Terre est toujours là , et que nous continuons à  trouver de l’Ă©nergie. C’est donc une entourloupe logique.

    …et mĂȘme pas bien rĂ©alisĂ©

    MĂȘme les Ă©colos le disent : additionner des choux et des carottes n’a aucun sens (des tonnes de CO2 avec des nombres d’animaux tuĂ©s, plus des ressources Ă©nergĂ©tiques consommĂ©es, etc). C’est rĂ©ellement une pure fumisterie rhĂ©torique, pour influencer, coĂ»te que coĂ»te, les dĂ©cisions politiques. A commencer par la premiĂšre chose mesurĂ©e, les Ă©missions de CO2, classĂ©s comme un … polluant. Non, le CO2 n’est pas un polluant. Il faut revenir à  la raison.

    Un peu de vraie science ?

    Je conseille par exemple d’aller dĂ©couvrir les excellentes pages scientifiques du CEA sur le climat et l’environnement. Je me suis fait encore avoir : je suis tombĂ© sur Etienne Klein prĂ©sentant le concept d’Ă©nergie, et je suis restĂ© regarder la vidĂ©o en entier. J’ai eu la surprise d’apprendre que l’excellente explication du concept d’Ă©nergie donnĂ©e par Feynmann dans ses fameux cours, venait en fait d’une clarification apportĂ©e notamment par Emmy Noether, mathĂ©maticienne allemande. Voilà  de la science, de la vraie.
    Pour le reste, je crois que le vrai dĂ©passement c’est le 1er janvier : c’est la date à  laquelle les militants dĂ©croissants ont dĂ©passĂ© la quantitĂ© de conneries que l’on devrait s’autoriser à  dire chaque annĂ©e.

  • Ce que la crise rĂ©vĂšle

    Ce que la crise révÚle

    Il est bien connu qu’une maniĂšre de tester un systĂšme, c’est de le mettre « sous stress » : cela rĂ©vĂšle les failles, les problĂšmes – structurels ou non. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la crise sanitaire liĂ©e au Corona Virus (COVID-19) a bien rĂ©vĂ©lĂ© les failles du systĂšme de soin et de la sociĂ©tĂ© française. Voici quelques problĂšmes, quelques choses positives aussi, et quelques enseignements.

    Les problÚmes (re)révélés

    Crise des élites

    La crise des Ă©lites françaises, d’abord, si bien dĂ©crite par Pierre Mari, a Ă©tĂ© flagrante : gesticulation mĂ©diatique du pouvoir, navigation à  vue, discours plats du prĂ©sident. Chacun a pu observer cela. J’en reparlerai en conclusion.

    Territoires pas perdus pour tout le monde

    Il n’y avait pas de raisons que pour que cela change, mais dĂšs le dĂ©but du confinement on a pu vĂ©rifier qu’il y a dĂ©sormais plusieurs sortes de territoires en France, sĂ©parĂ©s, et n’obĂ©issant pas aux mĂȘmes rĂšgles (qui ne sont pas imposĂ©s par l’Etat). Cette rĂ©alitĂ©, montrĂ©e timidement, a vite Ă©tĂ© oubliĂ©e (heureusement certains mĂ©dias continuent à  parler du rĂ©el et il y a des sources alternatives partout sur Twitter).

    Politisation de la société

    La politisation de la justice, manipulĂ©e par des lobbys anticapitalistes et multiculturalistes a Ă©galement Ă©tĂ© bien visible (affaire Amazon, qui n’a fait que confirmer ce que l’on avait pu voir au moment de l’affaire du mur des cons, des cabales contre Zemmour, ou de l’affaire Fillon. Cette politisation est Ă©galement perceptible dans le domaine scientifique avec l’affaire Raoult : mĂ©langer science et politique est monnaie courante et devrait toujours alerter les esprits critiques. Raoult n’est pas certainement pas le sauveur que certains ont voulu voir, mais ses arguments tiennent la route, et la mise en place de tests massifs dans son IHU devraient à  minima imposer une forme de respect de la personne.

    Inflation administrative et bureaucratique

    Les deux problĂšmes mentionnĂ©s ci-dessus, ressortant d’une extension de la « politisation » de tous le sujets, me semble avoir une cause commune : l’inflation permanente du champ d’action de l’Etat. Cette inflation administrative, normative, bureaucratique, conduit à  une « soviĂ©tisation » de l’Ă©conomie française, et à  beaucoup d’inepties.
    Notamment, visible en ces temps de crises, des Ă©lĂ©ments de manque de rĂ©activitĂ© et de comprĂ©hension des prioritĂ©s. Scandaleux. Et comme les couches du mille-feuille sont multiples, on aboutit forcĂ©ment à  des dĂ©cisions arbitraires, sans vision d’ensemble : pourquoi les hyper-marchĂ©s peuvent ĂȘtre ouvert, et pas les petits commerces ?

    Classe politique globalement indigente

    Les membres de la classe politique ont montrĂ©, dans leur grand majoritĂ©, qu’ils n’incarnaient plus aucune forme de « stratĂ©gie », ou de hauteur de vue. Globalement incapables de s’inspirer de ce qui marche dans les autres pays, ou d’appeler au refus des actions idiotes (Ă©lections rĂ©gionales, avec confinement le lendemain). Je ne parle mĂȘme pas des rĂ©actions du monde syndical, tant il nous avait dĂ©jà  montrĂ© à  quel point ils Ă©taient hors de la rĂ©alitĂ© vĂ©cue par les français.

    Idéologisation des esprits et utopie

    La difficultĂ© à  ĂȘtre dans le rĂ©el, justement, et à  rĂ©soudre les problĂšmes qui se posent à  nous, ici et maintenant, fait partie de ce qui est ressorti de plus pĂ©nible. Obsession de l’idĂ©al, et de l’aprĂšs, trĂšs bien dĂ©crite et analysĂ©e par Philippe Silberzahn. Cette forme d’obsession utopique, et de prĂ©fĂ©rence pour les idĂ©aux, me semble ĂȘtre dans le mĂȘme registre passif que la « vĂ©nĂ©ration/dĂ©testation » des dirigeants : on a passĂ© plus de temps à  commenter les discours de Macron, dans la sphĂšre mĂ©diatique, qu’à  rĂ©flĂ©chir aux moyens qui pourraient ĂȘtre mis en oeuvre pour pallier à  nos manques.
    Dans ce monde hors-sol, il est logique que les constructivistes aux manettes continuent à  utiliser les mĂȘmes leviers, addictifs, que d’habitude : l’argent sort de terre (ou plutĂŽt de la planche à  billet), pourquoi ne pas en distribuer à  tout le monde ? Nous continuons de prĂ©parer la prochaine crise financiĂšre.

    Quelques sources d’espoir

    Solidarité et entraide spontanées

    Il y a malgrĂ© tout, quelques signes encourageants. La capacitĂ© des gens à  spontanĂ©ment s’organiser a Ă©tĂ© remarquable. J’applaudis à  ma fenĂȘtre, et je suis content de voir mes voisins et les saluer. Je n’applaudis pas les soignants, mais l’ensemble des gens qui sont en premiĂšre ligne, sans masques, depuis plusieurs semaines (livreurs, policiers, vendeurs, etc.). J’ai Ă©galement trouvĂ© salutaire l’effervescence de production et de partage de blagues sur le confinement, extraordinaire soupape, et moyen de prise de recul par rapport à  des nouvelles trĂšs anxiogĂšnes. Les forces d’entraide et de solidaritĂ©s ont jouĂ© à  tous les niveaux (y compris au niveau des si dĂ©criĂ©es et honnies entreprises).

    Emergence de nouvelles figures ?

    Il est trop tĂŽt pour le dire, mais j’aime à  penser que certaines voix qui se sont confirmĂ©es ou qui ont Ă©mergĂ©es dans ces temps de crises comme Ă©tant porteuses de vision structurĂ©es pour la France, prendront de l’importance dans l’aprĂšs.

    Enseignements : retour aux principes de base

    Deux principes me paraissent essentiels à  mettre en avant pour garder une forme de luciditĂ©. La responsabilitĂ©, et l’esprit critique.

    Et la responsabilité, bordel ?

    Il est grand temps de redonner sa place à  la responsabilitĂ©, indispensable composante de la libertĂ©. Seuls des individus peuvent ĂȘtre responsable. On est responsable de quelque chose, devant quelqu’un. Il me semble qu’un certain nombre des maux dĂ©crits ci-dessus sont en partie causĂ© par un manque gĂ©nĂ©ralisĂ© d’esprit de responsabilitĂ©. Il ne s’agit pas de chercher des coupables, simplement de remettre cette logique d’action au coeur de l’organisation sociale. Devant qui sont responsables les juges ? Devant qui le gouvernement est-il responsable ? Devant qui l’obscur fonctionnaire qui interdit à  un entrepreneur de vendre des masques est-il responsable ? Devant qui sont responsables ceux qui n’envoient pas les malades en surnombre vers les cliniques privĂ©es ? Tous ces fonctionnaires, ou membres de l’appareil d’Etat, ou de la sphĂšre publique, devraient ĂȘtre responsables devant les contribuables, et devant le peuple. L’Etat doit ĂȘtre au service du peuple, et pas l’inverse. Quelles procĂ©dures allons-nous mettre en place pour Ă©viter les dysfonctionnement et les dĂ©cisions absurdes ? Les Ă©lites ne pourront ĂȘtre rĂ©habilitĂ©s dans l’esprit des français que s’ils endossent, en mĂȘme temps que le pouvoir, des responsabilitĂ©s.

    Esprit critique

    A titre personnel, je traverse cette crise Ă©tant plus convaincu que jamais qu’il est indispensable d’apprendre à  penser par soi-mĂȘme. Les experts de l’OMS ont donnĂ©, sur le port des masques, des avis contradictoires à  une semaine d’intervalle. Personne ne peut penser, ou Ă©valuer à  notre place. Si les français apprennent à  nouveau à  penser par eux mĂȘmes, à  sortir des carcans idĂ©ologiques qui empĂȘchent de voir le rĂ©el, alors cette crise aura peut-ĂȘtre apportĂ© une bonne chose. EspĂ©rons que peu à  peu cela permette de sortir de la double impasse dans laquelle nous sommes : socialiste, et multiculturaliste.

    Quelques rĂšgles d’hygiĂšne de pensĂ©e, pour complĂ©ter l’hygiĂšne du langage, sont toujours utiles à  rappeler ou à  intĂ©grer dans nos habitudes.

    • Ne pas accepter les arguments d’autoritĂ©, tout en Ă©coutant les experts
    • Laisser une place au doute, et comparer plusieurs points de vue avant de se faire une opinion
    • Distinguer ce qui est de l’ordre des faits / Ă©noncĂ©s sur la rĂ©alitĂ©, et ce qui est de l’ordre des reprĂ©sentations / interprĂ©tations de cette rĂ©alitĂ©
    • Se mĂ©fier de ceux qui cherchent à  Ă©viter le rĂ©el

    Il y en certainement plein d’autres : vous les partagez en commentaire ?

  • L’hygiĂšne du langage d’Orwell

    L’hygiĂšne du langage d’Orwell

    Je ne rĂ©siste pas au plaisir de partager avec vous un trĂšs beau texte de George Orwell, datant de 1946, et consacrĂ© aux liens entre langage et pensĂ©e. On connait la rĂ©flexion d’Orwell dans 1984 sur le langage, avec la « novlangue« . Pour penser juste, il faut utiliser correctement le langage. Mode d’emploi.

    Parler bien pour bien penser

    Si vous lisez ce blog, vous savez qu’il correspond Ă   un effort que j’essaye de faire pour penser correctement.

    Travaillons donc Ă   bien penser : voilĂ   le principe de la morale.

    Blaise Pascal (1623 – 1662)mathĂ©maticien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et thĂ©ologien français

    Penser correctement, cela veut dire, bien sĂ»r, ĂȘtre conscient des biais cognitifs susceptibles d’altĂ©rer la qualitĂ© de notre rĂ©flexion. Mais Ă©galement, sur un plan diffĂ©rent, il faut toujours ĂȘtre conscient que penser ne peut se faire qu’en utilisant le langage, qui est la forme de la pensĂ©e (une pensĂ©e sans langage est informe).

    Ce matin dans ma boite mail, j’avais la newsletter du site PolĂ©mia, et en me baladant sur ce site je suis tombĂ© sur un texte d’Orwell (article de PolĂ©mia, citant lui-mĂȘme une traduction disponible en ligne sur Espace contre Ciment), qui est un trĂšs joli petit essai de 1946, La politique et la langue anglaise. Je ne rĂ©siste pas Ă   vous partager, donc, ce texte, essentiel Ă   mes yeux.

    Quelques extraits pour la route

    Tout d’abord quelques rĂšgles d’Ă©critures que je garde ici :
    Mais il arrive souvent que l’on Ă©prouve des doutes sur l’effet d’un terme ou d’une expression, et il faut pouvoir s’appuyer sur des rĂšgles quand l’instinct fait dĂ©faut. Je pense que les rĂšgles suivantes peuvent couvrir la plupart des cas :
    1. N’utilisez jamais une mĂ©taphore, une comparaison ou toute autre figure de rhĂ©torique que vous avez dĂ©jĂ   lue Ă   maintes reprises.
    2. N’utilisez jamais un mot long si un autre, plus court, peut faire l’affaire.
    3. S’il est possible de supprimer un mot, n’hĂ©sitez jamais Ă   le faire.
    4. N’utilisez jamais le mode passif si vous pouvez utiliser le mode actif.
    5. N’utilisez jamais une expression Ă©trangĂšre, un terme scientifique ou spĂ©cialisĂ© si vous pouvez leur trouver un Ă©quivalent dans la langue de tous les jours.
    6. Enfreignez les rĂšgles ci-dessus plutĂŽt que de commettre d’évidents barbarismes.

    Et puis le dĂ©but du texte, pour vous donner envie de le lire…
    La plupart des gens qui s’intĂ©ressent un peu Ă   la question sont disposĂ©s Ă   reconnaĂźtre que la langue anglaise est dans une mauvaise passe, mais on s’accorde gĂ©nĂ©ralement Ă   penser qu’il est impossible d’y changer quoi que ce soit par une action dĂ©libĂ©rĂ©e. Notre civilisation Ă©tant globalement dĂ©cadente, notre langue doit inĂ©vitablement, selon ce raisonnement, s’effondrer avec le reste. Il s’ensuit que lutter contre les abus de langage n’est qu’un archaĂŻsme sentimental, comme de prĂ©fĂ©rer les bougies Ă   la lumiĂšre Ă©lectrique ou l’élĂ©gance des fiacres aux avions. A la base de cette conception, il y a la croyance Ă   demi consciente selon laquelle le langage est le rĂ©sultat d’un dĂ©veloppement naturel et non un instrument que nous façonnons Ă   notre usage. Il est certain qu’en derniĂšre analyse une langue doit son (La langue) devient laide et imprĂ©cise parce que notre pensĂ©e est stupide, mais ce relĂąchement constitue Ă   son tour une puissante incitation Ă   penser stupidement.dĂ©clin Ă   des causes politiques et Ă©conomiques : il n’est pas seulement dĂ» Ă   l’influence nĂ©faste de tel ou tel Ă©crivain. Mais un effet peut devenir une cause, qui viendra renforcer la cause premiĂšre et produira un effet semblable sous une forme amplifiĂ©e, et ainsi de suite. Un homme peut se mettre Ă   boire parce qu’il a le sentiment d’ĂȘtre un ratĂ©, puis s’enfoncer d’autant plus irrĂ©mĂ©diablement dans l’échec qu’il s’est mis Ă   boire. C’est un peu ce qui arrive Ă   la langue anglaise. Elle devient laide et imprĂ©cise parce que notre pensĂ©e est stupide, mais ce relĂąchement constitue Ă   son tour une puissante incitation Ă   penser stupidement. Pourtant ce processus n’est pas irrĂ©versible. L’anglais moderne, et notamment l’anglais Ă©crit, est truffĂ© de tournures vicieuses qui se rĂ©pandent par mimĂ©tisme et qui peuvent ĂȘtre Ă©vitĂ©es si l’on veut bien s’en donner la peine. Si l’on se dĂ©barrasse de ces mauvaises habitudes, on peut penser plus clairement, et penser clairement est un premier pas, indispensable, vers la rĂ©gĂ©nĂ©ration politique ; si bien que le combat contre le mauvais anglais n’est pas futile et ne concerne pas exclusivement les Ă©crivains professionnels.
    Lire la suite : La politique et la langue anglaise.