CatĂ©gorie : đŸ§‘đŸ»â€đŸ€â€đŸ§‘đŸ» SociĂ©tĂ©

  • Les traĂźtres

    Les traĂźtres

    Quand je suis arrivĂ© à  Paris, pour faire mes Ă©tudes, je ne m’informais pas beaucoup. J’avais 20 ans, et le monde politique Ă©tait loin de mes prĂ©occupations. Mais j’achetais tous les vendredis, sans faute, Le Figaro pour lire le petit texte d’Ivan Rioufol.

    Depuis toujours, dans le réel

    Il me parlait, et analysait, contrairement à  beaucoup d’autres journalistes, du rĂ©el. Son petit bloc-notes hebdomadaire Ă©tait ma gazette pour savoir ce qui se passait. J’ai par la suite, avec l’arrivĂ©e d’internet et des blogs, mis les mains dans le cambouis en Ă©crivant sur un blog politique et en animant un rĂ©seau de blogueurs politiques (LHC, pour LibertĂ© d’expression, Humanisme, et esprit Critique). Nous avions eu le grand plaisir de l’accueillir, un soir, lors de notre rĂ©union mensuelle de blogueurs. Il Ă©tait venu nous prĂ©senter, dans les locaux que Contribuables AssociĂ©s mettaient gentiment à  notre disposition, son dernier ouvrage.
    Depuis cette Ă©poque je continue de suivre ce que fait et Ă©crit Rioufol. « Aujourd’hui, l’urgence est de sortir du mensonge, de la dĂ©sinformation, de la haine autodestructrice, qui sont devenus les trous noirs de la civilisation occidentale »C’est un intellectuel courageux, et qui a Ă©tĂ© trĂšs souvent en premiĂšre ligne, malgrĂ© les vents contraires. TrĂšs tĂŽt lucide sur la menace que faisait peser l’immigration massive et le multiculturalisme Ă©rigĂ© en modĂšle de sociĂ©tĂ©, sans jamais se dĂ©partir de sa tolĂ©rance, il est Ă©galement proche dans sa ligne libĂ©rale-conservatrice de ce que je peux penser du monde : Ivan Rioufol fait partie des quelques intellectuels qui savent, quand ils parlent de libĂ©ralisme, de quoi ils parlent. Son amitiĂ© avec Alain Laurent n’y est peut ĂȘtre pas pour rien. Ivan Rioufol, sur les sujets de sociĂ©tĂ©, me semble trĂšs proche dans son analyse, des rĂ©flexions proposĂ©es par Bock-CĂŽtĂ© sur le « rĂ©gime diversitaire » qui est devenu notre politiquement correct.

    Retour sur la colĂšre des Gilets jaunes

    Dans son dernier ouvrage, Les traĂźtres (aux Ă©ditions Pierre Guillaume De Roux), Rioufol nous parle du mouvement des Gilets jaunes, qu’il a vu naĂźtre d’un bon oeil, et qu’il a suivi, soutenu, et dont il continue à  se faire volontiers le porte-parole. Le titre, qui dĂ©signe les responsables politiques français, ou les Ă©lites (prises dans le mĂȘme sens que dans l’ouvrage remarquable de Pierre Mari, En pays dĂ©fait) est trĂšs dur. Mais il faut bien reconnaitre qu’il est juste. Ce n’est pas le titre qui est dur, de fait, c’est la rĂ©alitĂ© dans laquelle des annĂ©es de laxisme politique nous ont plongĂ©. La crise du CoVid19 ne fait, malheureusement, que confirmer ce terrible constat : la France est un pays abimĂ©, et dont la culture, le style de vie, les traditions sont volontairement dĂ©faits par les dirigeants. Je ne dirais pas tout avec les mĂȘmes mots que Rioufol, mais je suis d’accord avec ses analyses. J’y retrouve la colĂšre que peut susciter le suivi de l’actualitĂ© française (ce que je fais quotidiennement grĂące à  Twitter et à  de nombreux sites d’infos). Rioufol ne m’a pas appris tant que cela dans ce livre, parce qu’il fait partie de ceux dont je m’alimente rĂ©guliĂšrement : si ce n’est pas votre cas, je vous recommande chaudement la lecture de ce livre qui va droit au but, sans rhĂ©torique, et avec humilitĂ©. Je termine ce modeste billet en laissant le mot de la fin à  Ivan Rioufol :
    Les Gilets jaunes l’ont dĂ©montrĂ© : seule la sociĂ©tĂ© civile est encore capable de se rebeller contre les clercs qui, droite et gauche confondues, persistent à  faire de la France un pays amnĂ©sique et dĂ©culturĂ©, ouvert aux manipulations gĂ©nĂ©tiques et idĂ©ologiques. Les Ăąmes fortes sont les bienvenues. La place prise par l’insignifiance et l’Ă©motion dans les grands dĂ©bats publics laisse voir la paresse qui a envahi les comportements mĂ©diatiques, adeptes de la copie conforme et de l’infantilisation des dĂ©bats. Le monde intellectuel s’est lui-mĂȘme laissĂ© endormir par le conformisme et le manichĂ©isme de l’utopie mondialiste. Il doit se rĂ©veiller. Aujourd’hui, l’urgence est de sortir du mensonge, de la dĂ©sinformation, de la haine autodestructrice, qui sont devenus les trous noirs de la civilisation occidentale, et de la France tout particuliĂšrement. (…) Le combat à  mener est splendide : il a pour objectif de soutenir l’esprit pionnier des Gilets jaunes et de prendre la relĂšve. Elle passe par le rĂ©tablissement de la dĂ©mocratie confisquĂ©e, la redĂ©couverte du patriotisme, le retour à  la libertĂ© de penser, la prise de distance avec l’individualisme. Il s’agit de venir au secours d’une nation maltraitĂ©e par une caste corrompue par l’obsession diversitaire et l’argent des puissants. Parce que ces derniers ont trahi la confiance des plus fragiles, ils sont impardonnables.

  • RĂ©flexions sur la RĂ©volution en France

    Réflexions sur la Révolution en France

    Edmund Burke (1729-1797) est un penseur incontournable (j’ai pour ma part dĂ©cidĂ© d’arrĂȘter de le contourner aprĂšs la lecture du bouquin de Leo Strauss). Homme politique et philosophe, considĂ©rĂ© comme le pĂšre du conservatisme moderne, et influent penseur libĂ©ral, il s’est opposĂ©, dans le livre dont ce billet porte le titre, à  plusieurs aspects de la RĂ©volution française (en 1790, dans une lettre qui Ă©tait une rĂ©ponse à  une demande d’un jeune noble français, auquel il s’adresse dans le texte). Philippe Raynaud le dit trĂšs bien dans sa prĂ©face à  l’Ă©dition que j’ai lue :
    L’extraordinaire force du livre de Burke tient donc à  la fois, outre ses Ă©minentes qualitĂ©s littĂ©raires, à  la clartĂ© avec laquelle s’y expriment tous les thĂšmes du conservatisme moderne et à  la luciditĂ© dont faisait preuve l’auteur, bien avant les dĂ©veloppements terroristes de la RĂ©volution française.
    Si l’on devait caricaturer sa pensĂ©e, conservatrice, il s’oppose à  la violence de la RĂ©volution française, sa frĂ©nĂ©sie de «table rase» au nom d’idĂ©aux, l’absence de respect des institutions ayant montrĂ© leur utilitĂ© – notamment les expropriations, la violation des droits les plus Ă©lĂ©mentaires, les meurtres. C’est Ă©galement une pensĂ©e pragmatique, ancrĂ©e dans le rĂ©el, et ne le sacrifiant au nom d’idĂ©aux.
    Mais je ne saurais prendre sur moi de distribuer la louange ou le blĂąme à  rien de ce qui a trait aux actions ou aux affaires humaines en ne regardant que la chose elle-mĂȘme, dĂ©nuĂ©e de tout rapport à  ce qui l’entoure, dans la nuditĂ© et l’isolement d’une abstraction mĂ©taphysique. Quoi qu’en disent certains, ce sont les circonstances qui donnent à  tout principe de politique sa couleur distinctive et son effet caractĂ©ristique. Ce sont les circonstances qui font qu’un systĂšme civil et politique
    est utile ou nuisible au genre humain. Si l’on reste dans l’abstrait, l’on peut dire aussi bien du gouvernement que de la libertĂ© que c’est une bonne chose.

    Son attachement à  la rĂ©alitĂ©, à  la dĂ©fense de la propriĂ©tĂ© comme droit inaliĂ©nable, aux traditions et aux institutions Ă©tablies qui contiennent une partie de la sagesse, en font rĂ©ellement un penseur central pour le libĂ©ral-conservatisme dont je dĂ©fend l’Ă©mergence (le renouveau?). Je comprends qu’Hayek & Popper aient reconnu leur dette à  l’Ă©gard de Burke.
    L’idĂ©e m’avait marquĂ©e dans « Droit, LĂ©gislation et Liberté » d’Hayek : les institutions en place, en gĂ©nĂ©ral, dans les sociĂ©tĂ©s ouvertes, contiennent beaucoup d’Ă©lĂ©ments appris, et construits par essais/erreurs par les humains. Cela me rappelle le domaine scientifique et technologique, que je connais mieux : lorsqu’un savoir devient robuste, il est en gĂ©nĂ©ral intĂ©grĂ© dans des outils (rĂšgles, processus, outils, institutions, etc..). C’est logique qu’il en soit de mĂȘme pour les savoirs de types « organisation sociale », ou « politiques ».
    La pensĂ©e de Burke me parle, enfin, car elle est humble (c’est souvent une posture caractĂ©ristique du pragmatisme : le rĂ©el a raison). Contre les constructivistes de tout poil qui prĂ©tendent rĂ©inventer la sociĂ©tĂ© de zĂ©ro à  partir de leur idĂ©aux mĂ©taphysiques, Burke apporte un contrepoint important : la sociĂ©tĂ© telle qu’elle est, patiemment construite pendant des centaines d’annĂ©es (des millĂ©naires), est la seule matiĂšre utilisable pour construire. Burke n’est pas opposĂ© au changement (sa vie prouve mĂȘme l’inverse), il est simplement conservateur. Gardons ce qui est bon dans la sociĂ©tĂ©.
    « RĂ©flexions sur la rĂ©volution française » est donc un livre essentiel. Surtout en France, oĂč l’on nous bourre le crĂąne à  l’Ă©cole avec la sacro-sainte RĂ©volution française, censĂ©e ĂȘtre l’alpha et l’omega de la pensĂ©e, le point de dĂ©part de l’histoire française. Il y a trop de pages magnifiques dans ce livre, notamment sur ce qu’est la propriĂ©tĂ©, les droits de l’homme, pour en choisir un qui serait dĂ©finitivement le meilleur. Je garde ce petit passage, car il dit beaucoup de ce que sont la libertĂ© et la propriĂ©tĂ©.

    Il faut aussi, si l’on veut que la propriĂ©tĂ© soit protĂ©gĂ©e comme elle doit l’ĂȘtre, qu’elle soit reprĂ©sentĂ©e sous sa forme la plus massive, la plus concentrĂ©e. L’essence caractĂ©ristique de la propriĂ©tĂ©, telle qu’elle rĂ©sulte des principes conjuguĂ©s de son acquisition et de sa conservation, est l’inĂ©galitĂ©.(…) Je suis aussi loin de dĂ©nier en thĂ©orie les vĂ©ritables droits des hommes que de les refuser en pratique (en admettant que j’eusse en la matiĂšre le moindre pouvoir d’accorder ou de rejeter). En repoussant les faux droits qui sont mis en avant, je ne songe pas à  porter atteinte aux vrais, et qui sont ainsi faits que les premiers les dĂ©truiraient complĂštement. Si la sociĂ©tĂ© civile est faite pour l’avantage de l’homme, chaque homme a droit à  tous les avantages pour lesquels elle est faite. C’est une institution de bienfaisance ; et la loi n’est autre chose que cette bienfaisance en acte, suivant une certaine rĂšgle. Tous les hommes ont le droit de vivre suivant cette rĂšgle ; ils ont droit à  la justice, et le droit de n’ĂȘtre jugĂ©s que par leurs pairs, que ceux-ci remplissent une charge publique ou qu’ils soient de condition ordinaire. Ils ont droit aux fruits de leur industrie, ainsi qu’aux moyens de faire fructifier celle-ci. Ils ont le droit de conserver ce que leurs parents ont pu acquĂ©rir ; celui de nourrir et de former leur progĂ©niture ; celui d’ĂȘtre instruits à  tous les Ăąges de la vie et d’ĂȘtre consolĂ©s sur leur lit de mort. Tout ce qu’un homme peut entreprendre par lui-mĂȘme sans lĂ©ser autrui, il est en droit de le faire ; de mĂȘme qu’il a droit à  sa juste part de tous les avantages que procurent le savoir et l’effort du corps social. Dans cette association tous les hommes ont des droits Ă©gaux ; mais non à  des parts Ă©gales. Celui qui n’a placĂ© que cinq shillings dans une sociĂ©tĂ© a autant de droits sur cette part que n’en a sur la sienne celui qui a apportĂ© cinq cents livres. Mais il n’a pas droit à  un dividende Ă©gal dans le produit du capital total. Quant au droit à  une part de pouvoir et d’autoritĂ© dans la conduite des affaires de l’État, je nie formellement que ce soit là  l’un des droits directs et originels de l’homme dans la sociĂ©tĂ© civile ; car pour moi il ne s’agit ici que de l’homme civil et social, et d’aucun autre. Un tel droit ne peut relever que de la convention.

  • Etat de guerre ?

    Etat de guerre ?

    Un meurtre au sein des renseignements, c’est grave. Il est temps de prendre la mesure du problĂšme auquel la France est confrontĂ©e (l’islamisation), et de sortir de l’inhibition de l’action. Nous sommes – devrions – ĂȘtre en Ă©tat de guerre, et utiliser les outils adĂ©quats pour lutter idĂ©ologiquement et sur le terrain.

    La rĂ©alitĂ© de l’islamisation

    La vie mĂ©diatique et politique est ainsi faite qu’elle se concentre souvent sur le temps court, et se focalise d’avantage sur les histoires de femmes voilĂ©es au Conseil RĂ©gional, plutĂŽt que sur les faits rĂ©cents d’un attentat commis au sein de la DRPP. Cet attentat est pourtant infiniment plus grave, et important pour ce qu’il dit de la situation du pays. De fait, il est maintenant de notoriĂ©tĂ© publique que l’infiltration des islamistes a pris une ampleur sans prĂ©cĂ©dent. En tĂ©moigne la mission d’information sur les services publics face à  la radicalisation dont le rapport est accessible à  tous (Rapport Diard & Poulliat).

    En entendant Alain Bauer, Zineb El-Rhazoui (menacĂ©e de mort par les islamistes), et le juge BruguiĂšre dĂ©battre de tout cela, j’ai eu le sentiment que l’on se perd un peu dans les – salutaires et louables – prĂ©cautions propres aux Ă©tats de droit. Cela sent la technicitĂ©, le sens de la prĂ©cision, l’esprit de justesse. Et cela donne l’impression d’une forme d’impuissance. J’ai pourtant la conviction qu’il faut simplement comprendre que les outils sont là  : il suffit de prendre la mesure de ce que signifie ĂȘtre en guerre. En effet, la question n’est plus là  : ce sont nos ennemis, en nous menaçant, qui choisissent pour nous. Nous sommes en guerre parce que nous sommes attaquĂ©s, pas parce que nous aimerions la guerre.

    Etat de guerre

    Il existe un certain nombre de dispositions dans notre Constitution (l’article 16 prĂ©cise les mesures exceptionnelles lorsque l’on est en Ă©tat de guerre), ou dans notre droit (Ă©tat de siĂšge et Ă©tat d’urgence).

    La difficultĂ© est connue : il s’agit de positionner le curseur entre deux risques. Celui de stigmatiser l’ensemble des musulmans comme de potentiels terroristes, et celui d’ĂȘtre permĂ©ables aux combattants infiltrĂ©s de l’islam politique. Le curseur est clairement, pour le moment, beaucoup trop prĂšs de la naĂŻvetĂ© que de la duretĂ© excessive. Combien d’attentats encore, avant de prendre la mesure du rĂ©el ?

    Il ne s’agit pas d’un complot. Un complot, c’est secret. Il s’agit d’un projet à  dimension internationale. Une action coordonnĂ©e et officielle de l’ensemble des pays musulmans : StratĂ©gie de l’action islamique culturelle à  l’extĂ©rieur du monde islamique. Le financement d’associations fait clairement partie de ce projet, pour pouvoir renforcer l’identitĂ© musulmane – notamment des enfants – vivant en Occident. Je n’ai pas à  juger de la lĂ©gitimitĂ© de ce projet. Je sais seulement qu’il contrevient à  la conservation de l’identitĂ© française.

    Alexandre Del valle le dit trĂšs bien : il y a les coupeurs de tĂȘtes (les terroristes), et les coupeurs de langues (tous ceux qui braient à  l’islamophobie quand la moindre critique de l’idĂ©ologie et du mode de vie islamiques est avancĂ©e). Il faut continuer de dire les choses. Il faut dĂ©clarer l’Ă©tat de guerre. Nommer l’ennemi : l’islam politique radical. Pas les musulmans, qui doivent ĂȘtre dans ce combat avec tous les amoureux de la libertĂ©. Des mesures fortes doivent ĂȘtre prises. Des mesures de lutte idĂ©ologiques d’une part, et pratiques d’autre part. Il faut lutter, dans le monde des idĂ©es, et sur le terrain. Sortir du politiquement correct.

    Lutte idéologique

    Comme toujours le combat des idĂ©es se joue beaucoup sur les mots. A titre personnel, je m’oppose aux piĂšges sĂ©mantiques/idĂ©ologiques suivants :

    • l’Islam n’est pas qu’une religion. Dans notre culture, le mot religion dĂ©signe depuis longtemps les aspects spirituels et rituels, sans la politique. Ce n’est pas le cas avec l’Islam : l’Islam est à  la fois religieux, politique et juridique
    • il faut rĂ©affirmer notre culture et notre civilisation occidentale. Il faut sortir du relativisme consistant à  faire croire que toutes les cultures se valent, ce qui conduit au multiculturalisme. Affirmer la valeur de sa culture n’est pas nier celle des autres, c’est rendre possible une forme de dialogue. Je suis attachĂ© à  la libertĂ© individuelle, à  la tolĂ©rance, à  l’Ă©galitĂ© devant la Loi : rien de tout cela n’existe vraiment dans les pays non-occidentaux. Cela ne permet probablement pas de les juger pour cela (jugement nĂ©cessairement ethnocentrique), mais j’ai bien le droit d’affirmer une prĂ©fĂ©rence. A mes yeux, la culture occidentale vaut mieux que les autres. Ce n’est pas parce que les droits humains sont bafouĂ©s dans certains pays, ou que le droit positif de ces pays est en contradiction avec le droit naturel, qu’il faut s’en accommoder sur le plan des idĂ©es. Ces cultures sont dans le faux, Ă©thiquement. Il convient de dĂ©noncer ces atteintes aux droits humains. Ce n’est pas faire preuve d’ethnocentrisme que de dire que les droits des femmes en terre d’Islam sont bafouĂ©s, c’est rappeler que les humains en terre d’islam sont nos frĂšres et nos soeurs en humanitĂ©, et qu’à  ce titre nous les crĂ©ditons des mĂȘmes droits naturels que nous.
    • Je refuse de me laisser piĂ©ger par l’expression « extrĂȘme droite » qui sert simplement aux tenants de l’idĂ©ologie diversitaire pour tenter de museler leurs adversaires. Le RN, ou ceux qui se retrouvent affublĂ©s de cette Ă©tiquette n’ont en gĂ©nĂ©ral rien à  voir avec l’imaginaire de violence, de racisme, d’anti-parlementarisme, ou de nĂ©o-nazisme que le mot vĂ©hicule.

    Lutte armée

    Il faut bien sĂ»r, en parallĂšle, lutter contre les combattants. Voici une liste non exhaustive de ce qu’il faudrait au minimum faire pour lutter efficacement contre l’islamisation (un certain nombre de ces actions sont probablement en cours) :

    • rĂ©tablir l’ordre dans les banlieues islamisĂ©es et vivant du trafic de drogue
    • interdiction des financements Ă©trangers des mosquĂ©es ; menace de rupture des relations commerciales avec les pays ayant signĂ© le fameux plan d’islamisation
    • dĂ©clarer les FrĂšres musulmans comme organisation terroriste (c’est dĂ©jà  le cas de la Russie, des Ă©mirats-arabes, de l’arabie saoudite et de l’Ă©gypte
    • fermer toutes les mosquĂ©es salafistes/radicales
    • expulser les Ă©trangers fichĂ©s S, ou connus pour leur appartenance à  l’islam radical
    • reprendre la main sur le monde associatif (supprimer les associations qui ne sont que des chevaux de troie de l’islam, nettoyer le monde du sport, etc..)
    • surveiller toutes les mosquĂ©es, et forcer l’utilisation du français dans les lieux de cultes
    • prohiber les tenues islamistes dans tout l’espace public (arrĂȘtons de faire les autruches et de croire que le voile n’est pas un Ă©tendard politique)
    • pĂ©naliser toutes formes d’accointances avec la mouvance islamiste radicale (sites, associations, rĂ©seaux, mosquĂ©es). Cela s’appelle l’intelligence avec l’ennemi
    • stopper l’immigration depuis les pays musulmans
    • refaire de l’assimilation le seul mode d’accession à  la nationalitĂ©, et faire de l’acquisition de la nationalitĂ© la fin d’un processus, non son point de dĂ©part. Malika Sorel a tout dit dans ses livres

    Ces actions demanderont un courage politique hors du commun, dont le seul moteur doit ĂȘtre la prĂ©servation de la France : de son mode de vie, de ses institutions, de sa paix, de l’unitĂ© de son peuple.

    Je veux croire que la trÚs grande majorité des français, musulmans comme non musulmans, soutiendra ces actions.

  • En pays dĂ©fait

    En pays défait

    J’ai l’habitude, quand je lis un livre, de corner les pages oĂč figurent des phrases ou des passages intĂ©ressants. Autant vous dire qu’avec le livre de Pierre Mari, « En pays dĂ©fait », j’ai cornĂ© presque toutes les pages, tant les formules claquent et tapent juste, et tant j’ai ressenti d’Ă©motions fortes Ă   la lecture. C’est remarquablement Ă©crit, et le propos est d’une justesse rare. Je me sens trĂšs proche de ce qu’Ă©crit Pierre Mari, et il a magnifiquement formulĂ©, dans une langue subtile et prĂ©cise, le sentiment que nous Ă©prouvons (je dis nous, car je crois que nous sommes nombreux Ă   ressentir ainsi les problĂšmes de notre temps).

    Lettre ouverte aux élites déracinées

    Son livre est une lettre ouverte Ă   des « élites » (il prend la peine de prĂ©ciser cela par la suite) qu’il considĂšre Ă   juste titre dĂ©connectĂ© de la rĂ©alitĂ© de leurs concitoyens, engluĂ©s dans le politiquement correct, inaptes Ă   dire et Ă   incarner une forme d’histoire collective. J’y ai retrouvĂ© beaucoup d’Ă©lĂ©ments communs avec ce qu’explique Mathieu Bock-CĂŽtĂ© sur le politiquement correct, et la perte de capacitĂ© Ă   simplement penser notre identitĂ© nationale.

    La lecture de ce livre a Ă©clairĂ© de maniĂšre particuliĂšre le roman rocambolesque que je venais de terminer, Ă   savoir le trĂšs drĂŽle « En attendant le roi du monde », d’Olivier Maulin. C’est un roman qui raconte le voyage farfelu, la fuite dĂ©sespĂ©rĂ©e de personnages en manque d’aventures, d’Ă©popĂ©e, de transcendance, de sens. Je vous recommande au passage ce trĂšs bon roman, dĂ©jantĂ©, provocateur, hilarant, et plus profond qu’il ne veut paraĂźtre. Le point commun avec le livre de Pierre Mari ? Il raconte la maniĂšre de vivre d’occidentaux qui ont perdu leur enracinement, et le sens de leur identitĂ©. Pierre Mari fait d’ailleurs l’apologie des identitĂ©s assignĂ©es, non choisies. L’Ă©mancipation vers l’universel est une belle chose, mais pas en reniant nos racines.

    Cela m’a aussi fait penser Ă   ce qu’Ă©crivait Chesterton Ă   propos de la famille, institution sociale majeure selon lui, puisqu’elle force Ă   embrasser, pour le meilleur et parfois le pire, ce qu’est l’humanitĂ© dans toute sa richesse, sa complexitĂ©, sa duretĂ© aussi. Pas besoin d’aller au bout du monde pour vivre l’aventure, il suffit de parler politique avec son voisin, sa femme de mĂ©nage, ou son oncle.

    En quĂȘte de rĂ©cit et de sens

    Il y a des pages magnifiques dans le livre de Pierre Mari sur le sens du langage, sur son utilisation pour dire et construire le rĂ©el en mĂȘme temps. Nous avons besoin de narration, car le rĂ©el n’existe pas, pour les ĂȘtres de sens que nous sommes, sans narration. Cela est trĂšs bien exprimĂ© aussi par Sylvain Tesson dans son interview chez Philippe Bilger. J’y vois une proximitĂ© Ă©galement avec la volontĂ© d’un Eric Zemmour de raconter, Ă   nouveau, une histoire de France.

    Ce sens perdu par les « élites » de la narration, et de la proximitĂ© avec le peuple n’est pas prĂ©sent que dans la politique ou dans les mĂ©dias. Il est aussi Ă   l’oeuvre dans les entreprises, et j’ai retrouvĂ© lĂ   des similitudes avec les attaques contre la « vulgate managĂ©riale » d’un Dominique Christian. La proximitĂ© avec le peuple n’est pas que dans le langage, bien sĂ»r, mais aussi dans le rapport au rĂ©el. Les idĂ©ologues de tout poil ne se soumettent plus au rĂ©el, que la plupart des gens pourtant voient et vivent au quotidien.

    Eloge du conflit civilisé

    J’ai conscience d’avoir rĂ©uni dans mon billet une troupe hĂ©tĂ©roclite d’auteurs, qui probablement ne se pensent pas comme ayant le mĂȘme point de vue. Justement, Pierre Mari regrette que les diffĂ©rents points de vues ne soient plus visibles, ne se frottent plus, ne s’incarnent plus dans l’espace public au travers d’Ă©lites capables de dire ces vĂ©ritĂ©s diffĂ©rentes, complĂ©mentaires, qui lorsqu’elles sont obligĂ©es de se taper dessus permettent l’existence d’un champ commun, dont aucun courant n’est exclu, ni exonĂ©rĂ© de justifier et d’argumenter ses positions. C’est une condition indispensable de l’existence de la sociĂ©tĂ© et de la politique.

    Je ne saurais assez vous recommander la lecture de ce livre, qui se dĂ©vore littĂ©ralement. Il est formidablement bien Ă©crit, fin et puissant. Je crois, pour le dire un peu vite, qu’il contient et dit trĂšs bien ce qu’Ă©tait, dans ma comprĂ©hension, l’esprit et l’Ăąme du mouvement des Gilets Jaunes. EspĂ©rons que cet esprit ne soit pas mort, et qu’il renaĂźtra sous une forme ou une autre.

  • Richard Lindzen sur le rĂ©chauffement climatique

    Richard Lindzen sur le réchauffement climatique

    Je partage avec vous ce qui me semble ĂȘtre la meilleure des rĂ©ponses à  mes exaspĂ©rations concernant l’Ă©cologie et le rĂ©chauffement climatique : les Ă©lĂ©ments factuels de connaissances apportĂ©s par Richard Lindzen. Il est physicien, professeur de mĂ©tĂ©orologie au MIT, membre du GIEC. Vous pouvez le lire en dĂ©tail dans cette interview admirable par Valeurs Actuelles. Puis, dĂ©couvrir un rĂ©sumĂ© dans une vidĂ©o trĂšs bien faite :

  • L’empire du politiquement correct

    L’empire du politiquement correct

    Voilà  un livre qui sort de l’ordinaire : aux Ă©ditions du Cerf, Mathieu Bock-CĂŽtĂ© vient de publier un magnifique petit essai, « L’empire du politiquement correct ».

    Qu’est-ce que le politiquement correct ?

    La question de dĂ©part de l’auteur est simple : qu’est-ce qui fait que l’on devient infrĂ©quentable ou non, mĂ©diatiquement et publiquement ? Quels sont les critĂšres qui sont utilisĂ©s pour dĂ©finir ce qui sĂ©pare un humaniste bon teint, d’un affreux « fasciste » ? Qui utilise et forge ces critĂšres ?

    Mathieu Bock-cĂŽtĂ© livre une analyse qui va droit au but, sans jamais laisser de cĂŽtĂ© les nuances, et qui ne mĂąche pas ses mots. Au-delà  de la forme, splendide de clartĂ© conceptuelle, c’est le fond de l’essai qui prend le lecteur : mettant à  nu un certain nombre de mĂ©canismes que nous connaissons pour les vivre au quotidien, sans forcĂ©ment savoir mettre des mots dessus, l’ouvrage est d’une rĂ©elle utilitĂ© pour penser la rĂ©alitĂ©.

    Une dĂ©finition de ce qu’est le politiquement correct, d’abord :

    Dispositif inhibiteur qui pousse à  l’exclusion, à  la pathologisation, de ceux qui expriment un dĂ©saccord avec le rĂ©gime diversitaire. ManiĂšre de configurer le dĂ©bat public en dĂ©lĂ©gitimant les opposants au rĂ©gime diversitaire.

    Nous sortons donc de l’utilisation banalisĂ©e du « politiquement correct » que l’on peut attribuer à  ceux qui ne pensent pas comme nous : le sociologue montre que le politiquement correct ne fonctionne que dans un sens bien prĂ©cis. Le politiquement correct se radicalise, tout en se fendillant de toute part, pourrait-on dire.

    Régime diversitaire

    Mais qu’est ce que le « rĂ©gime diversitaire » dont il est question ?

    Le rĂ©gime diversitaire, c’est le fait de dĂ©construire les normes communes, d’imposer un multiculturalisme obligatoire, c’est Ă©galement la survalorisation des minoritĂ©s, prĂ©sentĂ©es comme nĂ©cessairement opprimĂ©es. Ce progressisme devenu fou, et issu des campus amĂ©ricain dans la suite des radical sixties, vise à  crĂ©er des safe spaces, c’est-à -dire des zones oĂč seules les « minoritĂ©s » pourront s’exprimer (supposĂ©ment à  l’abri de l’oppression des dominants, gĂ©nĂ©ralement le mĂąle blanc hĂ©tĂ©rosexuel). Toute une novlangue est utilisĂ©e pour faire avancer la cause diversitaire, au sens propre du terme : sous couvert de dĂ©fense de la libertĂ© d’expression, il s’agit bien en fait d’imposer un communautarisme et un sectarisme digne d’Orwell. Si vous pensez que cette description est exagĂ©rĂ©e, je vous invite à  regarder ce qui se passe sur le campus d’Evergreen, aux USA. De la folie, mĂȘme pas douce.

    Les imaginaires de la gauche et de la droite

    Dans la suite de l’essai, Mathieu Bock-cĂŽtĂ© revient sur le clivage gauche-droite. C’est probablement la premiĂšre fois que je lis quelque chose d’intĂ©ressant sur le sujet ! Son analyse est que la gauche et la droite ne sont pas Ă©quivalentes. Elles ne partagent pas les mĂȘmes imaginaires. La gauche est dans un imaginaire de progrĂšs, de mouvement, de transformation, promĂ©thĂ©en si l’on veut, tandis que la droite est dans une logique d’enracinement, de conservation, de particularisme. Dans le monde d’Hestia, si l’on veut poursuivre la mĂ©taphore mythologique.
    Leurs maniĂšres de considĂ©rer la sociĂ©tĂ© et les hommes ne sont pas Ă©quivalentes. Je me retrouve dans ce dĂ©coupage, car je trouve qu’il y a une part de vĂ©ritĂ© dans chaque point de vue. Il s’agit aussi d’un Ă©quilibre à  trouver dans la maniĂšre de penser. On naĂźt, on n’Ă©volue, et on ne devient humain qu’à  l’intĂ©rieur de groupes non choisis (familles, communautĂ©s, pays, etc). Nous sommes dans le particulier avant d’ĂȘtre dans l’universel. L’écueil consisterait à  oublier l’un ou l’autre de ces deux aspects. Oublier le particulier au nom de l’universel conduirait à  nier des spĂ©cificitĂ©s culturelles, à  nier des aspects importants de ce qui nous constitue, à  n’ĂȘtre que dans une sorte d’abstraction, de dĂ©calage permanent avec le rĂ©el. L’autre excĂšs consisterait à  ne considĂ©rer que le particulier, en oubliant l’ouverture sur l’universel. Cela peut vite dĂ©river dans du nombrilisme ou dans le refus de ce qui est diffĂ©rent. Pour le rĂ©sumer, il faut à  l’humain un ancrage dans le particulier et la promesse de l’universel, le rĂ©el et l’utopie, l’identitĂ© et son dĂ©passement.

    Ce que Bock-cĂŽtĂ© montre trĂšs clairement c’est qu’une partie de la gauche est devenue un peu « folle » (comme une machine devenue folle) : dans une posture d’avant-garde permanente, rejetant aussi vite qu’elle les a inventĂ©es les nouveautĂ©s et les progrĂšs. La droite, prise au piĂšge du politiquement correct, rĂ©cupĂšre les miettes laissĂ©es par la gauche, en la singeant, et en cherchant à  en obtenir une validation morale. Celui qui cherche à  s’accrocher à  quelque chose – une identitĂ©, des traditions, une langue, une histoire – sera automatiquement mis au ban de la gauche, donc du politiquement correct.

    Eloge du conflit civilisé

    Bock-CĂŽtĂ© termine son essai avec un bel Ă©loge du conflit civilisĂ©, pour sortir la politique de l’orniĂšre oĂč l’a plongĂ©e la gauche. Le progressisme de gauche citĂ© plus haut à  rĂ©ussi à  imposer un mode d’Ă©change oĂč ceux qui ne sont pas d’accord (avec le politiquement correct) sont montrĂ©s comme « le mal ». Il faut rĂ©habiliter le pluralisme, et le conflit civilisĂ©. La politique doit ĂȘtre cela : une maniĂšre d’institutionnaliser les conflits, de les mettre en scĂšne de maniĂšre non violente, en assumant que ceux qui ne sont pas d’accord avec nous sont des adversaires, et non des ennemis. Adversaire, donc partageant à  minima un terrain de jeu commun.

    Mathieu Bock-cĂŽtĂ© est un auteur qui gagne à  ĂȘtre connu. Direct, fin et … politiquement incorrect ! Pour le dĂ©couvrir un peu mieux qu’avec ce court rĂ©sumĂ©, vous pouvez aller l’Ă©couter chez Finkielkraut (oĂč il dĂ©bat avec Laurent Joffrin), dĂ©couvrir son interview sur L’incorrect (dont le nom prend tout son sens à  lecture de Bock-CĂŽtĂ©), ou encore, et c’est ce que je vous propose ici, lors de son entretien avec Philippe Bilger :