Résultats de recherche pour « politiquement correct »

  • Thérapie de choc

    Thérapie de choc

    Robert Ménard, homme courageux

    J’avais commandé le dernier livre de Robert Ménard, Thérapie de choc (éditions La Nouvelle Librairie), en l’écoutant échanger l’autre jour. J’apprécie Robert Ménard : c’est un homme sincère, courageux, épris de vérité. Il me parait d’une grande droiture morale, et faire partie des hommes à  la fois de terrain (il est maire de Béziers), et d’idées, qui pourraient changer la donne. Il est un des seuls à  prôner l’union des droites, seule voie qui me parait intelligente pour éviter le duel Macron-Le Pen tant annoncé par les médias. Thérapie de choc est un petit livre, qui se lit d’une traite. Presqu’un programme, c’est en tout cas une liste très claire et directe des mesures chocs à  prendre dès à  présent si l’on veut éviter le naufrage du pays.

    Retrouver le courage

    C’est aussi une charge très juste contre le politiquement correct qui empêche de parler des vrais questions, sous peine d’être immédiatement relégué à  l’estrême-drouate. Il en sait quelque chose pour avoir, depuis longtemps, pris des positions à  contre-courant de ce politiquement correct. Il appelle de ses voeux, avec passion, la venue d’un « aventurier de droite » qui sera capable d’avoir le courage de remettre la vérité, le bon sens, et la morale au centre des débats :

    Nous avons, nous orphelins de la France, besoin d’un homme ou d’une femme de courage, largement à  l’écart des partis. Nous avons besoin d’un aventurier ou d’une aventurière de droite, une droite corsaire, dont le navire cingle vers un avenir meilleur. (…) Cet aventurier de droite a le devoir sacré d’être mal élevé. Je suis persuadé que tout commencera quand nous aurons retrouvé le courage de dire ce que l’on voit. Cela nécessite un cuir épais. Tout s’est transformé en quarante ans. Le monde qui nous entoure est un monde d’inquisiteurs, de petits procureurs. La rue, le bureau, l’association, le club, la famille, partout on trouve des commissaires politiques. (…) Le langage commun est devenu une répétition. Nous sommes dans une classe de choristes qui chantent la même chanson à  gorge déployée. Les fausses notes sont repérées. Un mot de travers coûte cher. Dans ce système dingue, dont le langage politiquement correct est le symbole et l’écriture inclusive le gag final, la langue, notre langue, est sous contrôle.

    Je vous recommande la lecture vivifiante de ce livre choc, plein de fougue. Un cri du coeur, pour la France. Je me demande pourquoi Ménard semble n’envisager à  aucun moment de pouvoir être cet aventurier. Il en aurait, à  mes yeux, l’étoffe et la légitimité. A suivre ?

  • Identité française

    Identité française

    Tournant ?

    Le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme a marqué un tournant pour notre pays. Un tournant pourquoi ? Parce qu’enfin, le constat est à  peu près posé, du problème posé par l’islam dans notre pays. Je n’y reviens pas : progression de l’islam radical, infiltration des islamistes dans les services de l’Etat, communauté musulmane pressurisée par les plus radicaux. J’en ai parlé là , avec plein de liens vers les sources, rapports, etc… : Etat de guerre.

    Paroles, paroles

    Le problème, c’est que ce constat a déjà  été fait il y a longtemps. Il est vrai pas aussi clairement de manière officielle par un Président de la République. Mais si le problème était, aux yeux du gouvernement, aussi crucial que le disent les mots de ce discours, il aurait du être la priorité dès l’élection. Pourquoi pas plus tôt ? J’ai la faiblesse de penser que les politiciens sont avant tout des machines à  gagner des élections, et je vois dans ce discours, juste après celui sur la France, comme une entrée en campagne de Macron. J’en ai déjà  entendu des beaux discours (sincèrement). Je n’ai pas souvent vu les actes suivre.

    Le problème identitaire de la gauche

    Dans le discours, et c’est la cause de ma déception, on retrouve tous les points aveugles de la pensée de la gauche depuis longtemps. Le premier, très bien décrit dans l’article de H16, est de ne pas voir qu’un Etat dilué sur tous les sujets, faibles, est une cause de grand désordre par non application des Lois. Le blogueur libéral, comme souvent les libéraux, sous-estime totalement le problème intrinsèque du multiculturalisme, de l’immigration, et de l’absence de politique d’assimilation.
    Les mots d’intégration et d’assimilation sont absents du discours, ce qui montre que Macron, dans sa manière d’aborder le sujet, ne fait aucun lien entre séparatisme islamique, islam et immigration. Avant de vouloir réformer l’islam il faut commencer par fermer nos frontières à  l’immigration extra-occidentale.
    Comme le dit dans son excellente analyse Gilles-William Goldnadel :
    Symboliquement au moins, il a le mérite d’exister et de poser enfin un diagnostic juste sur une maladie jusqu’à  présent dissimulée. C’est déjà  cela, même si ce n’est que cela.(…) La principale, l’impardonnable [lacune], celle qui fait que ce plan est géométriquement biaisé, est de n’avoir pas dit un mot sur la nécessité existentielle de freiner l’immigration massive et illégale en train de détruire l’équilibre français. C’est cette invasion sans fin par une population, principalement islamique, qui empêche une bonne intégration et renforce ce séparatisme enfin reconnu comme maladie mortelle.

    Pour comprendre cela, il faut parler d’identité culturelle et civilisationnelle. Pour parler d’identité, il faut avoir en tête des modèles mentaux que l’on appelle Civilisations et Cultures. Notre pensée s’est tellement appauvrie, sous la pression du politiquement correct et de la non-discrimination, que ne nous sommes plus capables, collectivement, de comprendre que la civilisation islamique n’est pas une civilisation occidentale avec une religion différente. L’islam n’est pas qu’une religion. Il faut lire Levi-Strauss, Huntington, Heinich et Nemo. Sur un certain nombre de points majeurs, la civilisation islamique est incompatible avec la civilisation occidentale (liberté de conscience, droits humains universels, statut des femmes, pluralisme critique, etc…).
    Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à  confondre le racisme et des attitudes normales, légitimes même, en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à  un ensemble d’individus l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à  certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à  d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de la penser au-dessus de toutes les autres et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative peut même représenter le prix à  payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à  leur renouvellement. Si comme je l’ai écrit ailleurs, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà  duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à  celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi : elles ne s’ignorent pas, s’empruntent à  l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports persiste entre elles une certaine imperméabilité.
    Claude Levi-strauss

    En France, on parle français

    Un point qui symbolise, en mal, tout cela, c’est l’apprentissage de l’arabe à  l’école. François-Xavier Bellamy en a dit ce qu’il fallait. Renvoyer des enfants à  l’apprentissage c’est les désigner comme non-français. Les assigner à  résidence civilisationnelle islamique. Quel terrible aveu, dans un discours qui se veut lutter contre le séparatisme. L’assimilation doit être obligatoire. L’apprentissage (et la maîtrise) du français en fait partie. Assimiler les nouveaux arrivants, leur transmettre notre culture, notre langue, notre histoire afin qu’ils puissent se les approprier. Nous leur donnons en partage, et c’est le seul et le meilleur accueil que l’on puisse faire. Le reste, c’est du discours multiculturaliste et politiquement correct. Ce qu’au final, je crois, est le discours de Macron. Un habile positionnement sur un thème crucial, en disant des choses justes, mais en même temps en caressant la gauche dans le sens de ses vieux poils faussement universalistes (relativiste en fait). Un discours de campagne. Laissons le bénéfice du doute sur les actions qui suivront : pour les raisons expliquées ci-dessus, j’ai peu d’espoir.
    L’image qui illustre cet article, montrant Napoléon, a été choisi pour l’action de celui-ci sur le judaïsme à  l’époque (1806) en provoquant une sorte de grand Sanhédrin. C’est le niveau d’action nécessaire pour mettre sous pression les responsables religieux de l’islam.

  • Le maître du Haut-Chateau

    Le maître du Haut-Chateau

    Le Maître du Haut-Chateau est le premier roman à  succès de Philip K. Dick. Dick est un sacré romancier et deux choses sont certaines : il possèdait une imagination incroyable, et un sens de la narration très efficace, toujours près des personnages et de leur réalité, sans discours ou descriptions superflues.

    Uchronie

    Le maître du Haut-Chateau est une uchronie : un récit d’une histoire alternative imaginée à  partir de la modification d’un évènement historique. Dans le roman de Dick, le point modifié est l’issue de la Seconde Guerre mondiale : les Allemands et les Japonais ont gagné la guerre. Nous découvrons donc des personnages évoluant dans des Etats-unis partagés en deux : sur la côté pacifique, les japonais dirigent, et sur la côte Est, ce sont les nazis. La bande des montagnes Rocheuses est une sorte de zone libre entre les deux.

    Style impressionniste

    Dick aborde cet univers étrange avec des personnages originaux : un antiquaire spécialisé dans les anciens objets manufacturés américains (Childan), un ouvrier (Frank) qui veut se lancer à  son compte, un haut-responsable japonais (Tagomi) et un autre du côté Allemand. Une jeune femme, professeur de judo, qui par des chemins de traverse se retrouve à  aller à  la rencontre du fameux maître du haut-chateau, auteur d’un livre uchronique (« Le poids de la sauterelle ») racontant l’histoire comme si les Etats-Unis et leurs alliés avaient gagné la guerre. Ironie du scénario, mise en abime. Au-delà  du thème du réel, et de sa distorsion, j’ai trouvé l’histoire splendide. On est pris par les personnages, dès le début. La manière de raconter de Dick, par touches impressionnistes, est originale et adaptée à  nous faire sentir cet univers différent, où les relations habituelles ont été subtilement modifiées. Loin de décrire de manière exhaustive ce monde, ses institutions, et la société, l’auteur a choisi de faire des focus psychologiques, sur des moments particuliers des personnages. Avec, en italique, leurs pensées. Magistral.

    Je confesse avoir découvert ce roman non par mes lectures, mais par la série Amazon qui en a été tirée. C’est une très bonne série, une belle interprétation, avec des apports intelligents et cohérents. Les seuls petites critiques que l’on pourrait après coup lui adresser :

    • transformer Frank en faussaire alors qu’il est dans le roman en train de recréer lui-même des bijoux est débile (je ne peux réveler ici pourquoi c’est important, mais cela a une portée symbolique importante sur la lecture du scénario)
    • placer une histoire avec des homosexuels juste pour les quotas et l’allégeance au politiquement correct est très typé US, et assez inutile, voire ridicule

    C’était par contre une bonne idée de remplacer le roman « Le poids de la sauterelle » par des bouts de films, puisque l’histoire de la série est racontée en images.

    Quoi qu’il en soit, je recommande à  la fois la série et le roman. Philip K. Dick est décidemment un grand romancier.

  • Immigration

    Immigration

    Immigration, sujet tabou ?

    Au moment où le politiquement correct tente de museler l’Incorrect, à  l’heure où, pourtant, les violences ethniques font ressurgir la réalité des problèmes liés à  l’immigration, il est légitime d’aborder ce thème si « sulfureux ». Même, et surtout, si les gouvernants pratiquent l’a-plat-ventrisme pour tenter de calmer les racailles, en oubliant complètement leur rôle, et toute dignité.

    Pas pour tout le monde, heureusement

    Fort heureusement, le sujet n’est pas tabou pour tout le monde. Je vous invite, sur ce sujet, à  bien sûr acheter le dernier numéro de l’Incorrect, et à  aller lire la remarquable conférence donnée par Pierre Brochand (haut fonctionnaire, ancien patron de la DGSE), à  l’invitation de la Fondation Res Publica de J.P. Chevènement : « Pour une véritable politique de l’immigration« .

    Pour Pierre Brochand, l’immigration est LE sujet politique (je suis tout à  fait d’accord avec lui) :

    Tout simplement — autant mettre d’emblée les points sur les i — parce que je considère, en mon âme et conscience (et en espérant me tromper), que, de tous les énormes défis que doit affronter notre pays, l’immigration, telle qu’on l’a laissée se développer depuis près de 50 ans, est le plus redoutable. Pourquoi le plus redoutable ? Parce qu’il est le seul, à  mes yeux, susceptible de mettre directement en cause la paix civile, dans une société non seulement fragile mais volontairement aveugle à  ce danger. De sorte que, pour moi, une véritable politique de l’immigration est, d’une certaine manière, un préalable à  toutes les autres et que, faute d’en vouloir une, nous allons au-devant de grandes infortunes et de terribles déconvenues. (…) Je ne suis pas davantage un sociologue, un anthropologue, un démographe, un historien, un philosophe ou un économiste de métier. Seulement un citoyen inquiet, qui tire cette inquiétude de l’expérience d’une vie. J’ai servi l’État, dans sa dimension extérieure, pendant 45 ans. Durant ce demi-siècle, je me suis mis, avec dévouement et De tous les énormes défis que doit affronter notre pays, l’immigration, telle qu’on l’a laissée se développer depuis près de 50 ans, est le plus redoutable. Pourquoi le plus redoutable ? Parce qu’il est le seul, à  mes yeux, susceptible de mettre directement en cause la paix civile, dans une société non seulement fragile mais volontairement aveugle à  ce danger.conviction, au service de l’intérêt national, à  une époque où il était difficile de le distinguer de ce qu’il est désormais inconvenant de nommer, la préférence nationale. À cette école, j’ai vite compris que, par-delà  les discours, personne en ce monde ne faisait de cadeaux à  personne et que, si nous ne prenions pas en charge nos intérêts vitaux, nul ne le ferait à  notre place. Tout au long de ce parcours — coopérant en Afrique, boursier aux États-Unis, diplomate sur trois continents, responsable d’un Service de renseignement et même comme époux —, j’ai fréquenté infiniment plus d’étrangers que de Français. À l’occasion de ces milliers de relations de toutes natures, je n’ai eu d’autre objectif que d’entrer en empathie avec l’Autre, cet être énigmatique, qui n’est notre semblable que jusqu’au moment où il ne l’est plus. À son contact j’ai pu vérifier la pertinence de lieux autrefois communs : à  savoir que, si le biologique nous rassemble, le culturel interpose entre nous une distance variable, et parfois insurmontable. Il m’a aussi permis des observations que je ne saurais rapporter sans frissons, par exemple que rien n’est plus universel que la xénophobie et que les configurations « multi » (culturelles, nationales, ethniques) sont le plus souvent vouées au déchirement. Et j’ai même constaté, « horresco referens », que les « minorités » pouvaient être violentes et les « victimes » avoir tort. Par ailleurs, il m’est arrivé de pratiquer un métier — le renseignement —, qui est l’un des derniers où l’on est obligé d’appeler un chat un chat, où il est interdit — littéralement sous peine de mort — de prendre ses désirs pour des réalités, et où la compassion reste une vertu mais certainement pas une priorité.

    Il n’est pas possible de résumer une conférence aussi dense en quelques lignes, mais sachez que vous y trouverez à  la fois une vision ample de la problématique, des constats très clairs sur la réalité des problèmes posés par le phénomène de l’immigration, et des mesures concrètes pour agir. Pour vous en donner un aperçu quand même, je partage deux thèses qui sous-tendent son propos (de manière très explicite). Les cultures différentes, ça existe – première thèse -, et – deuxième thèse – conséquence de la première, abandonner l’échelon de l’Etat Nation au profit d’une civilisation mondiale prétendument unie ou même possible, c’est une folie. Ces deux thèses me semblent difficilement contestables.

    La distance culturelle ça existe

    A la suite de Braudel, Huntington, ou encore Levi-Strauss, Pierre Brochand rappelle cette évidence : les cultures différentes, ça existe, et la distance culturelle aussi. Les civilisations, par ailleurs, regroupent des cultures qui sont, entre elles, moins éloignées que des autres appartenant à  un autre groupe civilisationnel. La coexistence entre cultures différentes, a fortiori provenant de civilisation différente est complexe, comme le rappelait Levi-Strauss (dans sa conférence Race & Culture, donné à  l’Unesco en 1971):

    Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à  confondre le racisme et des attitudes normales, légitimes même, en tout cas inévitables. Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à  un ensemble d’individus l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à  certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à  d’autres valeurs. Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de la penser au-dessus de toutes les autres et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative peut même représenter le prix à  payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent, et trouvent dans leur propre fonds les ressources nécessaires à  leur renouvellement. Si comme je l’ai écrit ailleurs, il existe entre les sociétés humaines un certain optimum de diversité au-delà  duquel elles ne sauraient aller, mais en dessous duquel elles ne peuvent non plus descendre sans danger, on doit reconnaître que cette diversité résulte pour une grande part du désir de chaque culture de s’opposer à  celles qui l’environnent, de se distinguer d’elles, en un mot d’être soi : elles ne s’ignorent pas, s’empruntent à  l’occasion, mais pour ne pas périr, il faut que, sous d’autres rapports persiste entre elles une certaine imperméabilité.

    Accepter une immigration extra-européenne, extra-occidentale, de masse, en pensant que cela ne posera aucun problème, c’est simplement idiot.

    La société mondiale ne peut se passer des Etats Nations

    Pierre Brochand livre ensuite un cadre intéressant d’analyse : la confrontation d’une Histoire Evolution et d’une histoire Evènement.

    Le tissu de l’Histoire est fait d’une double trame : « l’histoire de l’espèce », que j’appellerai Histoire Évolution, et « les histoires dans l’espèce », que je dénommerai Histoire Événement. L’histoire Evolution : l’auto-détermination linéaire et les trois strates. L’Histoire de l’espèce est linéaire et irréversible, car son moteur est la connaissance cumulative qui, en tant que régime de vérité validé par l’efficacité de la technique, se diffuse tôt ou tard à  l’ensemble de la planète. (…) L’Histoire Événement : le bruit et la fureur de la lutte cyclique pour le pouvoir. (…) En d’autres termes, donc, avec l’Histoire Événement, c’est le Réel sous ces deux aspects — « formes » archaïques et « contenus » séculaires — qui se rebelle contre l’Histoire Évolution, la machine qui travaille sans relâche à  sa disparition.

    Il distingue 3 strates dans l’Histoire Evolution, qui co-existent toujours :

    • S1 : les communautés naturelles, prémodernes, pré-politiques, hétérodéterminées,
    • S2 : l’État national moderne, berceau du politique, fruit de l’auto-détermination collective,
    • S3 : la Société des individus, hypermoderne, post-politique, issue de l’auto-détermination individuelle.

    L’histoire Evènement ramène toujours les strates S1, et S2, dans les pattes de S3. Et le Réel :

    En simplifiant, ces rétroactions de base — la revanche du Réel, les « éléphants dans le magasin de porcelaine » — sont au nombre de quatre. On peut les appeler les « quatre R » : le Rebond R 1, la Rente R 2, le Refus R 3, le Rejet R 4. Les deux premières — le Rebond économique sino-asiatique et la Rente, légale (notamment pétrolière et gazière) ou illégale, prélevée sur les flux — ne remettent pas en cause les principaux paramètres de la Globalisation, telle qu’imposée par l’Occident : elles contestent son unilatéralisme et visent à  une redistribution des revenus, et donc des pouvoirs, à  l’intérieur du processus. Les deux autres — le Refus (dont le porte-drapeau est l’Islam) et le Rejet (qu’exhalent les trous noirs creusés par les États les plus faillis) — remettent en question non seulement l’unilatéralisme occidental, mais aussi les fondements mêmes de la Globalisation, en raison d’écarts culturels insurmontables. Il va de soi que ces rétroactions se combinent pour former des variantes composites, l’une des plus congruentes avec notre sujet étant celle qui associe la Rente pétrolière au Refus musulman, pour favoriser l’expansion mondiale de l’islamisme, à  travers, notamment, les diasporas, dont je parlerai plus tard. En outre, ces quatre rétroactions, si différentes, se nourrissent d’un sentiment commun, le Ressentiment, qu’on pourrait dénommer R 5, né de cinq siècles de Colonisation directe ou indirecte. C’est pourquoi la Globalisation, en créant les conditions de sa propre contestation, marque, à  la fois, l’apogée et le commencement du déclin relatif de l’Occident, qui, l’ayant suscitée, va perdre, de son fait, sa suprématie absolue. C’est ainsi que notre planète change de visage. L’ordre occidental, après avoir bataillé pour imposer à  tous la même logique « progressiste » et « fonctionnelle » de l’Histoire Évolution, cède la place à  un multidésordre, « régressiste » et « dysfonctionnel », où l’Histoire Événement reprend la main, sans autre programme que la lutte pour un pouvoir remis en jeu.

    Le cadre d’analyse est puissant, et utile pour penser le réel. Brochand détaille également les différentes vagues d’immigration, et les impacts qu’elles sont eues sur la société française. Pour la plupart négatifs, et souvent occultés par le politiquement correct et l’idéologie : manipulation, brouillage des faits, non-évaluation, voire mensonges. La population le sait bien, et il y a probablement là  une des puissantes raisons de la perte de confiance populaire dans les Elites.

    3 stratégies et des mesures concrètes

    En fin de conférence, on découvre les trois stratégies posées par l’auteur, qu’il pose pour détailler ensuite des mesures très concrètes et précises. Je lui laisse le mot de la fin : ceux que ces mesures intéressent iront lire cette admirable et indispensable conférence.
    Face à  ce bilan, à  mon avis peu glorieux, trois options restent ouvertes : 1) Poursuivre dans la voie du « panglossisme » : soit le choix de la théorisation de l’impuissance, dissimulée par un voile d’optimisme, choix le plus facile dans la mesure où il vaut à  ses tenants applaudissements et reconnaissance sociale, dusse la société en payer un jour le prix (stratégie du « wishful thinking »). 2) Estimer que la Globalisation est un bloc, une force irrésistible, dont l’immigration par le droit est une dimension, certes problématique, mais incontournable, dont il faut s’accommoder au mieux, en bricolant au jour le jour pour en limiter les dégâts et notamment en jetant de l’argent pas les fenêtres (stratégie du « damage control »). 3) Juger que le processus d’immigration incontrôlée peut très mal finir et que cette perspective exige impérativement de changer de cap. Ce qui suppose de tenir la Globalisation pour un ensemble sécable, au sein duquel les flux humains peuvent et doivent faire l’objet d’un traitement à  part des autres facteurs de production, en raison de leur impact direct sur la coopération sociale et, in fine, la paix civile (stratégie du « contre-courant »). On aura sans doute deviné que cette dernière option est la mienne, même si je n’exclus pas la deuxième comme une position de repli résigné, en cas d’impossibilité avérée de l’appliquer. À mes yeux, on PEUT et on DOIT FAIRE, comme nous le montrent certains pays qui ne sont pas tous des parias, à  commencer par le Danemark ou les pays d’Europe centrale et orientale, que je connais bien pour y avoir été en poste et qu’il serait aussi présomptueux qu’insultant de tenir pour moins « européens » que nous. Mais pour sortir des faux-semblants qui nous paralysent, et notamment le parallélisme mensonger qui voudrait que toute politique migratoire restrictive et sélective soit le signe d’un nazisme renaissant, il faudrait que les « dirigeants » (avec guillemets) que nous avons sous la main redeviennent, au moins sur ce plan, des dirigeants (sans guillemets), c.-à -d. n’hésitant pas à  rembobiner le film jusqu’aux années 70 et 80, quand leurs prédécesseurs ont jeté l’éponge du politique avec l’eau du bain de l’État national. Autrement dit aient le courage surhumain de prendre le contre-pied, au moins sur ce terrain de l’immigration, du credo autour duquel est structurée la Société des individus, pour renouer avec ces privilèges spécifiques du politique que sont la capacité de « dire non » et de prendre des décisions osant contrarier la norme, tout en cessant de raisonner comme si les marges étaient centrales. Je ne crois guère à  cette rédemption, dans la mesure où même des catastrophes, comme les émeutes de 2005, ou des cataclysmes, comme les attentats de masse, ne sont pas parvenus à  la susciter. Mais rien ne m’interdit de rêver à  tout ce qui pourrait et devrait être fait pour corriger une trajectoire, que je considère — personne ne peut m’en empêcher — comme périlleuse pour l’avenir de mon pays.

  • Rhétorique du conflit

    Rhétorique du conflit

    Faut-il toujours choisir son camp ?

    Les discussions sont âpres sur les réseaux sociaux. Et heureusement ! Ce n’est pas près de s’arrêter, d’ailleurs, puisque la ridicule loi Avia vient de se faire sévèrement désosser par le Conseil Constitutionnel. Pas de pensée libre, sans liberté d’expression, et sans confrontation des idées.
    Récemment, Philippe Silberzahn, Professeur à  l’EMLyon, spécialiste des organisations et de l’innovation, a réagi dans un excellent billet à  ceux qui le sommaient « de choisir son camp ». A juste titre : si sur chaque sujet, on n’a le choix qu’entre deux camps, la réflexion est morte et il ne reste que le conflit. Se forcer à  intégrer a minima 3 points de vue permet de sortir de cette logique binaire d’affrontement. Tout en étant d’accord avec tout ce qu’il écrivait, je faisais la remarque qu’il existe des situations où cette logique de « camps », guerrière, était adaptée : notamment les situations où nous nous retrouvons désignés comme ennemis à  abattre. De toutes façons, la réflexion sur les « camps » est rapidement stérile. On est forcément dans un camp, même si c’est celui de ceux qui n’en choisissent pas. Les camps, comme le statut d’ennemi, nous sont en général assignés par d’autres.

    Ennemis et adversaires

    Il ne s’agit pas pour autant de nier l’existence des conflits : le conflit, qui prend des formes multiples, fait partie des phénomènes naturels, dans le règne animal. De tous temps, le conflit a fait partie de l’humanité, de ses mythes, de ce qui structure son histoire, de ce qui alimente la réflexion. Cela m’a rappelé une distinction importante apporté par Mathieu Bock-Côté, dans son ouvrage « L’empire du politiquement correct » : celle entre adversaire et ennemi.

    Les significations et les imaginaires associés ne sont pas les mêmes : l’ennemi envoie dans le champ de la guerre, de la haine, de la violence, tandis que l’adversaire renvoie dans le champ du combat politique, de la controverse. On cherche à  éliminer un ennemi, on cherche à  avoir raison contre ses adversaires. Tous les coups sont permis avec un ennemi, on suit des règles avec un adversaire. Dans son essai, Bock-Côté fait l’éloge du « conflit civilisé » : le vrai conflit d’idées, qui frotte, qui fâche, et qui permet aux idées de se structurer, de se bousculer, d’être en concurrence. C’est un des outils indispensables pour rechercher la vérité. Celui qui n’est pas d’accord avec vous n’est pas nécessairement un ennemi, mais simplement un adversaire. Et celui qui est votre ennemi, à  l’inverse, n’a pas être traité comme un simple adversaire. Ceux qui ne veulent pas discuter, cherchent à  toujours faire voir leurs adversaires comme des ennemis. Comme ça, tous les coups (dégueulasses, sournois, injustes) sont permis. Et on peut sortir de l’échange d’idées rationnel, puisque l’interlocuteur n’en est plus un : c’est un ennemi. Attaque ad hominem.

    Ce que m’ont apporté les échanges libres sur Twitter

    Grâce à  ces échanges instructifs, sur Twitter, j’ai pu lire, et je vous le recommande, l’article de Philippe Silberzahn, me remettre en tête cette distinction essentielle apportée par Bock-Côté. J’ai pu également me demander ce que l’on pourrait creuser à  propos de rhétorique du conflit. Logos, Pathos et Ethos du conflit, ça doit permettre d’aller chercher des choses intéressantes. Le temps de me demander cela, je suis tombé sur l’ouvrage de Julien Freund, « Sociologie du conflit« , qui est, du coup, déjà  installé sur mon Kindle. Miam. Miam.

  • Hygiène des rues

    Hygiène des rues

    Nettoyer les rues

    Je suis souvent choqué, presque quotidiennement, par l’état dans lequel nous acceptons, collectivement, de laisser les rues. Les rues à  certains endroits sont sales, à  d’autres remplies de mendiants, ou de familles de migrants illégaux. Les rues sont par ailleurs, dans certains quartiers, laissés aux mains des racailles islamisées. Et parfois, temporairement, aux mains des gauchistes violents. Toutes ces situations sont inacceptables, moralement et juridiquement. Et pourtant nous nous y sommes presque habitués. Il faut nettoyer les rues. Je ne comprends pas pourquoi cette mesure populiste, ou de bon sens, consistant à  « nettoyer les rues » n’est pas mise en avant par les différents candidats et partis politiques. Nettoyons les rues de la misère qui s’y amoncelle. Rendons l’espace publique à  son usage habituel : un lieu collectif, impliquant respect des autres, politesse, propreté, application stricte des règles communes. Désolé de faire mon Suisse.

    Il ne s’agit pas de kà¤rcher, les humains n’étant pas des moisissures, ni des scories que l’on peut balayer avec un jet d’eau. Non : il s’agit de dignité, et de solidarité. Les propos de Sarkozy, à  l’époque, n’étaient pas choquants : c’est de ne pas les avoir mis en oeuvre qui a choqué les français.

    La rue, l’espace public, sont par définition du domaine collectif. Il est donc de notre responsabilité collective de changer les choses, c’est-à -dire que cela est dans le champ du politique (sauf à  revenir à  des « milices » de quartier qui seraient en charge de gérer une rue, ou un bloc de maisons). Il est anormal de ”laisser » des gens ”vivre » dans la rue. Au-delà  des émotions, et de la compassion, que chacun peut ressentir devant un tel spectacle, il y a là  un phénomène que nous devons rejeter, de toutes nos forces, à  titre individuel comme de manière collective.

    Miroir d’une société malade

    Cet espace public est aussi un miroir de ce qu’est notre société. Ce miroir qui est nous est tendu renvoie une image terrible. Il nous renvoie à  notre propre incapacité à  traiter le problème, il nous donne une image particulièrement sordide (qu’est ce qu’une société où des enfants trainent dans la rue à  mendier au lieu d’être à  l’école ?). Et il nous montre l’impéritie crasse de nos dirigeants à  simplement faire appliquer la Loi (allons-nous nous faire croire que nous ne savons pas loger, et forcer l’intégration de ce mélange de SDF et de migrants plus ou moins légaux ?). Il faut refuser l’image de ce miroir, et la réalité qu’il montre. Les français sont solidaires, le niveau de prélèvement obligatoire consenti suffit presque à  le montrer. Personne ne se satisfait par ailleurs de cette situation : ni les mendiants, ni les citoyens, ni les bénévoles, ni les responsables d’associations, ni les responsables politiques.

    Pas de traitement de faveur pour les fragiles ?

    Mais le politiquement correct est ainsi fait : on ne doit forcer personne, surtout pas des catégories fragiles. Ce serait discriminant ? Soutenons l’inverse : il faut aider les plus démunis, même malgré eux. Il faut réintégrer de force ces enfants des rues dans des écoles, apprendre à  parler à  leur parents (ou les foutre en taule), forcer les sans-emplois et les laissés-pour-compte à  être pris en charge pour se re-socialiser. Coûte que coûte. Ce n’est pas une question de moyens, ni de capacité, c’est une question de dignité et de volonté politique. Je suis convaincu qu’un homme politique qui proposerait de nettoyer les rues marquerait des points auprès de nombreux citoyens. Parce que les français sont solidaires, amoureux de la dignité des personnes, et fier de leur pays, qu’ils ne supportent plus de le voir peu à  peu se transformer en pays du tiers monde.

    Vivons heureux, vivons confinés ?

    J’ai une petite théorie sur le confinement, qui permet d’expliquer pourquoi un peuple aussi rebelle que les français se sont si facilement laissé enfermer chez eux. Je crois que cela a permis a beaucoup de monde de ne plus « voir » cette affreux chemin que nous avons pris, en n’allant plus dans la rue. Les médias tournant en boucle sur le COVID, ça a permis de ne pas trop voir les assauts de « migrants » contre la Grèce, la situation pré-insurrectionnelle dans les « banlieues ». Il est temps de retourner dans la rue, et d’accepter cette réalité que l’on ne veut plus nommer, ou voir. Cela nous empêche de nous attaquer aux problèmes.

    Il faut toujours dire ce que l’on voit ; surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit.Charles Péguy