Où est la dictature ?

J’aimerais que quelqu’un, avant les élections présidentielles, aie fait une photographie de tous les blogs, de tous les discours « anti-sarko » que l’on pouvait lire ou entendre (j’ai moi-même mis de côté un article de Marianne sur Sarkozy qui résume beaucoup de choses…). Et que nous puissions ressortir à leurs auteurs – maintenant et/ou dans un an – le flot d’âneries que l’on a pu entendre, la montagne de paroles excessives, la somme de fantasmes déversés dans les médias. La désinformation – heureusement – n’a pas pris : les français ont compris que Sarkozy n’était pas l’espèce de dictateur en puissance que certains décrivaient, mais bien l’homme politique volontaire et pragmatique qu’il semblait être – et qu’il est. Alors, bien sûr, ses adversaires continuent de vouloir voir dans chacune de ses actions une menace, se coupant par là du peu d’électeur qui leur restent…Le PS dénonçait hier la présidence « absolue » de N. Sarkozy, s’enfonçant encore un peu plus dans l’attitude stérile consistant à critiquer l’adversaire plutôt qu’à faire des propositions politiques alternatives et réalistes. Attitude stérile qui est un aveu plus qu’une posture, à mon avis.
Alors, bien sûr, nous jugerons de l’action de Sarkozy et de Fillon sur résultats ; mais on peut dès à présent affirmer que les grands perdants de l’élection sont ceux qui pratiquent la caricature plus que la réflexion. Cette élection a été passionnée et raisonnable. C’est la force de la vérité que de pouvoir marier la passion des débats contradictoires à l’émergence – fragile et indispensable – de la raison.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Oli
Oli
14 années il y a

Ah, la "toute petite blogosphère" parisienne soit disant très influente …
J'ai, pour ma part, une petite collection que vous pouvez retrouver chez egoblog (http://blog.mendes-france.com/) et chez versac (http://vanb.typepad.com/versac/) – mais chez tant d'autre également … promis je recherche tout ça et te les fait parvenir ;-)

Matthieu M.
14 années il y a

Je partage tout à fait ton point de vue. Il y a eu une véritable désinformation, organisée, longue et malheureusement efficace, dans les médias ( blogs, journaux, guignols ) mais aussi dans les partis politiques. Tout ceci n'a pas marché heureusement. Bien sûr il faut attendre d'avoir du recul pour se faire une idée, mais quelque chose me dit que ce gouvernement est peut être le plus ouvert que nous ayons jamais eu.

Tout ceci finalement n'aura fait que décrédibiliser les opposants de Sarkozy, qui ont perdu leur souffle à le critiquer sur la forme et à le faire passer pour ce qu'il n'est pas, et qui n'auront au final pas mis en valeur leurs idées. C'est comme ça qu'on perd une élection.

remi
remi
14 années il y a

Forcement si tu lis Marianne aussi… :D

Max
Max
14 années il y a

LA dictature est déjà bien en place, on peut déjà le voir avec la réunion qu'a eu Sarko avec Berlusconi sur le contrôle des médias…

Je tiens aussi à rappeller que les mises en garde anti sarko ne parlaient pas d'une dictature agressive et directement mise en place, mais d'une dictature qui s'imisce de plus en plus, avec des restrictions de libertés progressives de manière à ce qu'on laisse tout passer.

D'ailleurs, c'est bien parti je crois…

Matthieu M.
14 années il y a

Personne n'a empêché qu'on parle de l'absence de vote de madame sarkozy, au contraire, tous les journalistes ce sont empressés de relayer l'information, c'était trop beau. Quand Lomig parlait du droit de vote, cela incluait aussi le droit de non-vote. Car même si c'est pas bien, on a aussi le droit d'aller voter. Ensuite sur le fait, il est tout à fait légitime, et c'est d'ailleurs mon opinion, de trouver ca con que madame sarkozy ne soit pas allé voter. Con parce que la participation, c'est important. Et con aussi parce que d'un point de vue stratégique, il fallait s'attendre à ce que cela se sache… Ensuite, pour ce qui est du droit de grève, comme Lomig, j'ai trouvé abbérant la façon dont cela a été présenté. Partout on lisait (et surtout sur les blogs de journalistes indépendants) : Sarkozy veut supprimer le droit de grève. Ce qui est complètement faux. Au contraire, il veut mettre en place un service minimum afin qu'une grève ne paralyse pas tout un pays (sncf, routiers, dockers …). Cela n'empêche pas de faire grève. Et aussi (et c'est cela qui a le plus de mal à passer), il veut qu'au bout d'une semaine de… Lire la suite »

remi
remi
14 années il y a

"Une semaine après la censure de l'article sur Cécilia Sarkozy, les journalistes du Journal du dimanche ont obtenu de faire connaître leur mécontentement dans les colonnes de leur journal.
Une procédure extrêmement rare dans une publication du groupe Lagardère, mais qui montre à quel point cette affaire, coïncidant avec l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, proche d'Arnaud Lagardère, a choqué les journalistes."

T'appelles ca comment toi?

trackback

[…] personne n’est content de Sarkozy. Ceux qui criaient à la dictature sont déçus, car ils voient bien que Sarkozy n’est pas l’autocrate qu’ils […]

AsTeR
11 années il y a

J’ai lu ton article en 2009, qu’en penses-tu as ton tour au regard du temps écoulé ?

AsTeR
11 années il y a

Bah moi quand je lis ton billet, je pense à pas mal de points :
– Son fils d’abord, je m’abstiens de développer ce point, tu le connais ;
– Sa tendance a gouverné en autocrate, il a en apparence du moins, la totale initiative sur les réformes et n’accepte pas d’être contrarié par son entourage (il n’y a qu’à compter le nombre de fanboys qui l’entourent) ;
– Dans ce sens il a pris la main sur de nombreuses choses comme la télévision publique par exemple, qui est franchement flippant : tant du point de vue de ses programmes que de son objectivité ou de sa conception de l’absence de pub ;
– Il s’est fait un plaisir de mettre en place Hadopi contre vent et marré ;
– Il ne respecte pas les principes de bonne gouvernance d’entreprise en nommant les dirigeants comme s’il s’agissait encore d’administration publique alors qu’une partie du capitale est détenu pas des tiers.
Je ne vires pas à la parano, mais en 2007, je le pensais moins autoritariste.