Etes-vous un libéral qui s'ignore ?


Ce petit article pour vous signaler un test sympa à  faire : Etes-vous un libéral qui s’ignore ?. En une vingtaine de questions, vous saurez comment vous vous positionnez par rapport au libéralisme. Rapide et instructif, voire pédagogique…(trouvé par le biais de Jean-paul Oury). J’ai eu 19/20 à  mon examen, trop fort ! Au passage, j’ai déjà  signalé à  Jean-paul Oury que la manière dont sont formulées les réponses donnent un biais à  ce questionnaire : pour chaque question, vous avez le choix entre « tout à  fait d’accord », « plutôt d’accord » et « pas d’accord ». Selon moi, il faut autant de réponses négatives que positives (symétriques) pour que le test prenne de la valeur…un détail.
Cela permet en tout cas de se positionner par rapport au libéralisme, et cela change de l’éternel (et vide de sens) débat gauche / droite. Un test en ligne, Politest, basé sur ce clivage gauche / droite m’amène au résultat suivant :

Vous vous situez à  droite, même si certaines de vos positions sont marquées à  gauche. Le parti dont vous êtes le plus proche : Alternative Libérale
Voilà  les résultats ridicules que l’on peut obtenir lorsqu’on cherche à  utiliser des catégories peu claires pour évaluer les choses.
Bien plus pertinent, le test chez L’ami du laissez-faire (dont j’avais déjà  parlé), basé sur l’évaluation de l’importance accordée à  la liberté individuelle et à  la liberté économique.
On y trouve cette question très juste (avec laquelle on doit donner notre niveau d’adhésion) :

La « justice sociale » est réalisée lorsque la distribution des richesses se confond avec leur production, c’est-à -dire dans une société qui ne connaît pas le vol ni l’impôt. Par rapport à  l’immense fortune de Bill Gates et Madonna, il n’existe que deux catégories de gens : ceux qui n’achètent pas les logiciels de Microsoft ou les disques de la chanteuse ne peuvent pas se dire lésés, ils n’ont rien payé. Et ceux qui, au contraire, achètent ces produits ne peuvent pas se plaindre d’une fortune qu’ils ont contribuée à  édifier. Si personne n’est lésé, où est donc l’injustice ?

Ce test est tiré du super quiz que l’on peut trouver et faire sur The Advocates. Mon résultat est le suivant (point rouge):

Et la définition des libertariens qui accompagne le graphe de résultats :

Libertarien

Les libertariens sont pour un maximum de liberté au niveau individuel, comme sur les questions économiques. Ils défendent un Etat beaucoup plus restreint ; un Etat dont l’étendue serait limitée par la protection des individus contre la coercition et la violence. Les libertariens sont pour la promotion de la responsabilité individuelle, contre la bureaucratie étatique et les impôts, pour la charité privée, tolérant pour les différents modes de vie, pour le marché libre, et défenseurs des libertés civiques.

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I. raptus
Invité
14 années il y a

Amusant, j’avais également écrit un billet au sujet des tests de positionnement politique, il date de l’été dernier et mentionne plusieurs des tests de ton propre billet. Il se trouve sur Political Compass

Je ne suis pas surprise de voir ton résultat…j’avais eu à  peu près le même: libérale avec une tendance libertarienne lourde ;-)

Aymeric
Invité
14 années il y a

J’ai que 16/20 ! Je ne suis pas aussi libéral que ça finalement…
Le second test me dit que je suis à  gauche, et que le parti dont je suis le proche est le Parti Socialiste (il précise l’aile droite)… Délirant ;-)

JPO
Invité
JPO
14 années il y a

Super ce petit benchmarking ! Je précise que le test proposé par AL ne vise aucun objectif « scientifique ». Il est surtout un outil commode pour rappeler quelques points et provoquer le débat à  un moment o๠tous les Français s’interroge sur ce qu’est vraiment le libéralisme.
Ce qui ne veut pas dire que les propositions qui s’y trouvent présentées ne sont pas sérieuses ;-)
Elles sont toutes dans notre programme.

Hell's Gardem
Invité
14 années il y a

Dans les deux tests, les questions sont très orientées, dans les deux écueils qui me semblent typiquement français à  savoir :

  • Pas de distinction entre multinationale et travailleur indépendant, ils sont mis dans le même panier (on peut revendiquer plus de libertés pour les individuels, à  travailler sans être lié à  un patron, tout en souhaitant limiter le pouvoir des structures qui exploitent des centaines/milliers de salariés, un travailleur indépendant ne peut en aucun cas être comparé à  Carrefour).

  • Un raisonnement très lié à  l’Etat, o๠on s’intéresse absolument pas aux structures locales et autres modes d’organisation de la société.

Sinon, les résultats sont attendus. Les gens de gauche en France sont souvent plus libéraux que ceux de droite. Encore faut-il redéfinir le libéralisme, qui a perdu tout son sens dans les médias et la bouche des politiques.

Anne
Invité
Anne
14 années il y a

Ach Lomig ! Je n’ai eu que 17/20…je subodore de ma part une réponse plus mesurée aux questions « retraite » et « santé ».

Merci pour tes conseils de lectures, toujours instructives et intéressantes,
@

René
Invité
14 années il y a

Salut Lomig,

Merci pour avoir signalé ce test intéressant. Bah ! Je suis un peu étonné, mais je n’ai obtenu que 16,5/20 …

Il y a un cà´té positif à  ce résultat « mitigé » : ça prouve que je n’accepte pas aveuglément les thèses qu’on me présente, et que je m’autorise à  les réfuter librement, même si ma réponse ne va pas dans le sens strict du libéralisme formel.

Un petit regret, inhérent à  tous ces tests, c’est qu’on soit obligé de répondre de manière tranchée (même s’il y a trois options). Je suis habituellement plus nuancé que ça dans mes réflexions…

A bientà´t.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Bonjour,

10,5/20 = très mauvais élève. J’ai répondu oui à  toutes les questions sur la morale et la politique, et je me suis retrouvé à  dire non à  toutes celles sur l’économie.

Pour le dernier, me voici liberal (left) de manière assez marqué.

A mon avis, tout cela est très trafiquable, mais, une chose est sà»re, c’est amusant…

Cordialement,

jacques
Invité
14 années il y a

Bonsoir à  vous tous.
je vous propose juste de venir donner votre avis à  un billet que je viens de commettre sur mon propre Bloc-Notes et qui s’intitule:

« Qu’en pensent donc les ”Libéraux » qui pourfendent à  longueur de journée et de Bloc-Notes les ”assistés » ???? »

Abientà´t donc de vous lire..peut-être là -bas.

jf.

UN chouka
Invité
UN chouka
14 années il y a

Bonjour .
Pour ma part, j’ai bossé beaucoup dans le privé surtout ,payé mes impots et taxes,ainsi que tout plein d’asurances .
Constat global :
Je n’ai surtout subi que les contraintes de la société prédatrice, une société qui fige le bétail (asugétis )bureaucratique, sans profiter des niches sociales,des avantages ,des libèrtés .
Cette organisation sociale,ne profite a mon idée qu’aux initiés ,tout en faisant croire qu’elle existe pour la populasse,elle fait croire qu’elle aporte sécurité,prospérite,justice etc…..,mais il est facile ,surtout aujourd’hui de se rendre compte que ce montage falacieux, n’est qu’un prétexte pour placer les moins cultivés dans une géole a ciel ouvèrt ,ce qui fait le boheur des parasites initiées,et de prélever un maximum de fric sur les activités des exclus du système .

UN chouka
Invité
UN chouka
14 années il y a

LOmiG,,si tu parles du test « oui/non »noté, j’ai eu 16,5,si je me souviens bien.
Pour l’autre, je n’ai pas vu les résultats ,mais a mon avis,je dois me suituer entre « libèrtarian et anarchiste « .
Bon, j’ai trouvé cèrtaines quèstions assez ambifue,ou un comm serait de mise pour ne pas tomber dans la caricature :-)
Il faut dire que je me suis réveillé fort tard dans la vie,en constatant que tout m’etait fèrmé au nez ,en réalité , si bien qu’aujourd’hui, je ne me serais pas comprté bètement comme je l’ai fait en gros croyant et naif que j’etais . ;-)
Que des regrets……………………………………… :-(

UN chouka
Invité
UN chouka
14 années il y a

Mon comm ne semble pas etre passé.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

LOmiG: je ne sais pas trop. Je crois qu’il faut être assez neuf en politique pour faire ce type de test totalement honnêtement. Vu la manière dont les questions sont posées, il est très facile de savoir quoi répondre pour aller dans la catégorie que l’on souhaite, plus que dans celle o๠l’on est réellement…

jacques
Invité
14 années il y a

@ Lomig

Non, bien sà»r, vous ne « pourfendez » pas ouvertement….

Mais puisque vous me demandez le pourquoi du comment, si j’ai mis ce commentaire ici, c’est juste en raison de votre commentaire du 2 juin dernier à  7.37 sur le Bloc-Notes de René Foulon, en réponse – appropatrice – à  son billet du 1 juin intitulé « Quand réagira-t-on? »

Cà  vous va comme explication ?

jf.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

En fait, je ne pense pas avoir besoin du test en soit pour savoir o๠sont mes opinions, quand bien même le doute est indispensable. Par contre, c’est toujours drà´le de voir comment un test te calibre par rapport à  l’endroit o๠on se met tout seul.

jacques
Invité
14 années il y a

@ Lomig
L’expression ici ne serait-elle pas aussi libre que proclamée comme titre de ce Bloc-Notes ????

Comme disait Coluche: « je m’énerve pas, j’explique aux gens »……

Quant à  votre commentaire sus-visé, je rigole un peu en vous voyant nous le réexpliquer maintenant….
René Foulon, comme moi, avions bien compris puisque lui-même vous répondait immédiatement ceci:

La philosophie de l’assistanat
Salut Lomig,

Je savais qu’on serait d’accord sur l’essentiel. Je souhaite que nous ne soyons pas les seuls !

Pour répondre à  ta remarque très pertinente, je suis évidemment d’accord avec toi, et c’est bien ce que je dis moi même lorsque j’écris que « Tout ce petit monde, « aidants » comme « aidés », est pronfondément englué dans la philosophie de l’assistanat ».

Posté par renefoulon, lundi 2 juin 2008 à  08:43

En effet, « englué » n’est pas « pourfendre »

Allez,……bonne journée.

jf.

René
Invité
14 années il y a

@ Jacques

Je suis totalement d’accord avec Lomig pour vous prier d’aller commenter mes billets et leurs commentaires sur mon site, et pas sur le sien ! D’autant que mon billet dont vous parlez n’a, en effet, pas de rapport avec celui de notre hà´te ici.

Par parenthèse, ce n’est pas parce que JE dis « englué » que vous pouvez l’accuser LUI de « pourfendre »…

Quant à  moi, j’assume aussi bien le terme « englué » que celui de « pourfendre ». Je vous attends sur mon site si vous désirez en discuter.

Cordialement.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

: voilà  une question qui nécessiterait des dizaines de lignes pour y répondre. Tu me demandes de définir toutes mes valeurs idéologiques dans un commentaire de blog, que tu souhaites en plus court. Dur défi…

Je vais quand même tenter de résumer très vite. D’abord, je ne donne à  aucun système en particulier l’avantage: à  ce jour, ni le marché ni l’Etat n’ont fait le bonheur d’un peuple o๠qu’il soit. Je suis très pragmatique sur cette question et je reconnais totalement que la concurrence fonctionne dans de nombreux cas.

Cependant, je reste persuadé que la liberté est parfois contraignante, car être libre se paie dans une société capitaliste comme la nà´tre. Or, les acteurs du marché sont tous inégaux par définition, et les plus riches sont donc plus libres que les autres. De plus, je ne crois pas à  l’idée que tous les acteurs peuvent s’enrichir librement: la liberté est donc faussée par la présence d’élites dominantes qui accaparent la richesse. C’est donc sur les termes de l’échange que je me pose des questions, pas sur l’échange en lui-même. Contrairement à  ce que tu sembles suggérer, je n’ai rien contre le commerce…

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Je m’explique. Les libéraux font de l’égalité en droits un fondement de leur système idéologique. J’en suis d’accord, car elle permet à  tous les citoyens de participer à  la vie de la cité de manière égale, en fonction de leurs volontés et des qualités de chacun. Certes, en réalité, on voit bien que ce n’est pas le cas et que des élites émergent et détiennent le pouvoir, mais le fondement est positif.

Cependant, les libéraux font de l’inégalité un fondement du fonctionnement du marché, ce qui fait que la grande majorité des entrants ne sont pas libres en réalité par rapport à  la majorité qui y est active. De plus, le marché a toujours tendance à  répartir les richesses de la manière la plus inégalitaire possible, alors que tous les acteurs travaillent, au niveau du temps fourni en tout cas, de manière équivalente (à  comparer entre zones de la planète cependant!!). Enfin, le marché, pour être démocratique, devrait être transparent, ce qu’il n’est jamais, car la marge de profit en serait réduite, et seuls les acteurs ayant le plus de moyens peuvent se protéger de cette opacité. Cette inégalité profonde, inhérente au marché, me fait tout simplement penser qu’il est totalement inégalitaire et donc discutable. En plus, il est inefficace dans de nombreux secteurs, comme la santé et l’éducation, ce que Smith disait déjà  au XVIIIe siècle concernant les transports et les infrastructures. Alors, est-on libre dans le commerce? On n’a même pas le choix de ne pas y participer, car nos dépenses sont contraintes, autant sur le marché libre qu’auprès de l’Etat, alors que le citoyen peut totalement s’exclure de la vie politique.

Attention, cependant, LOmiG, je ne suis pas un passionné d’égalité. Je suis parfaitement conscient que l’inégalité fonde la société humaine et qu’elle est facteur de dynamisme. Reste à  savoir quel degré on tolère et est supportable pour la société. Là  est le véritable débat démocratique.

J’espère être clair.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Alors, je suis d’accord avec toi: la propriété est le fondement, et c’est un fondement inégalitaire. A moins que tu rêves d’une société de propriétaires qui ne colle pas avec la réallocation des richesses que fait naturellement le marché.

L’information est pour moi primordial. Je ne demande pas à  l’économie d’être démocratique. Ce que je souhaite, c’est que les acteurs disposent de l’information sur ce qu’ils font, sur l’ensemble de l’impact en particulier. C’est antinomique avec le fonctionnement du marché.

Contrairement à  ce que tu dis, la santé a été en marché concurrentiel et libre en France durant tout le XIXe siècle, et jusqu’aux années 1930. Elle l’est toujours aux Etats-Unis et dans de nombreux pays du Sud, les systèmes de santé européens étant plus l’exception que la règle sur notre planète. Pour l’éducation, c’est moins vrai, mais l’éducation est en concurrence dans de nombreux pays du Sud et aux Etats-Unis, ce qui nous donne des points intéressants de comparaison, autant sur les plus que sur les moins.

L’Etat est propriétaire des sols??? Ah bon… Cela demande à  être précisé, car cette déclaration ressemble plus à  une critique de l’URSS qu’à  une de la France. Il me semble que l’Etat est obligé par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de dédommager par une juste indemnité en cas d’expropriation nécessitée par l’intérêt public (article XVII). Je crois que ce principe est bien respecté en France, non?

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Parfois, il faut forcer quelqu’un à  vider les lieux pour faire de grandes choses. C’est dommage, et c’est pas de chance pour celui qui vide les lieux, et c’est clair que si cela m’arrivait, j’aurai un sale tête. Cependant, si l’Etat ne pouvait jamais le faire, on serait totalement paralysé. De plus, si c’était l’exproprié qui fixait la valeur de son bien, on serait là  dans la surenchère inverse… Là  encore, aucun système n’est parfait, et il y a sans doute des améliorations à  apporter.

Quelle est ta définition de constructiviste?

J’ai bien compris ta vision de la loi égale comme pilier de l’organisation sociale. Il est pour moi largement insuffisant et discutable. Nous sommes en désaccord là -dessus, mais entre nous, c’est cohérent avec nos idées respectives… :wink:

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Alors là , LOmiG, je suis héberlué… Alors que tu es un défenseur du marché, voilà  que tu m’expliques que lorsque l’Etat exproprie, c’est au propriétaire de fixer la valeur de son bien? Mais, même si on a mis dans notre maison ou notre appartement toute la valeur que l’on veut, et qu’on essaie de vendre, c’est bien le marché qui t’impose son prix. Là , rien à  faire de tes souvenirs d’enfance ou de je ne sais quel attachement qui serait le tien. Je ne vois pas pourquoi tu devrais accepter le prix du marché lorsque tu vends sur le marché libre, et pouvoir t’amuser à  faire ce que tu veux lorsque l’Etat te le rachète. De plus, si je suis cynique, si l’Etat te rachète ton bien à  un prix surévalué, voilà  que tu vas pouvoir aller t’acheter un truc mieux, alors que tu pleureras la perte de ta maison bien-aimé? Voilà  encore une belle façon d’exploiter les finances publiques. Pour trouver un compromis, on pourrait imaginer qu’en cas d’expropriation, l’Etat rachète au prix du marché plus une prime de compensation s’il s’agit de la résidence principale de l’exproprié. Mais, et je suis sà»r qu’en tant que libéral, tu vas me le dire de suite, voilà  un facteur nouveau d’augmentation des impà´ts.

Concernant les libéraux, ils ne sont pas les seuls à  s’être penché sur la valeur, et d’autres ont aussi montré que sur le marché libre, la valeur qui est fixée est celle de celui qui est en position de force, et que chaque acteur ne la fixe pas librement…

Oui, je suis d’accord avec ça.

Je lis ton article sur le constructivisme.

A bientà´t,

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Ah, ok, là  c’est plus clair.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Non, je ne suis pas d’accord. Là  encore, l’intérêt général doit pouvoir passer outre le bien supposé d’un individu. C’est malheureux d’ailleurs, et je te disais tout à  l’heure que je me sentirai moi-même très mal si cette situation m’arrivait. Mais, et même si on peut toujours discuter de la moralité de nos hommes politiques et de ce qui sous-tend leurs décisions, ils sont élus démocratiquement et leurs décisions sont vérifiables, discutables, attaquables. Je sais que cela t’avait hérissé lorsque j’avais dit cela chez René Foulon, mais tu peux lutter contre une décision si elle est inique. On peut toujours débattre de la légitimité d’une construction de l’Etat: souviens-toi par exemple que les élus ont dà» renoncer au troisième aéroport parisien ou au canal Rhin-Rhà´ne. De plus, l’individu est quand même protégé par une justice qui peut débouter l’Etat s’il débloque. On est tout de même pas en URSS, o๠on

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

a exproprié les bourgeois à  coup de fusil, quand même…

René
Invité
14 années il y a

Salut,

Je suis resté très en retrait depuis longtemps, dans cette intéressante discussion, car j’attendais que quelqu’un clarifie nettement le débat en abordant les fondamentaux.

C’est fait, depuis que Mathieu L. a exposé très clairement sa position selon laquelle « l’intérêt général » doit primer sur les intérêts particuliers.

Tout d’abord, Lomig a tout à  fait raison de dire que cette notion d’intérêt général est très vague et abstaite, et qu’elle est forcément injuste. J’ajouterai pour ma part qu’elle est arbitraire.

J’attends, moi aussi, la définition de Mathieu, mais pour l’anecdote, si ce n’est la clarté de son exposé. En tout état de cause, et même si sa définition est convaincante, ce que je demande à  voir, elle ne validera pas à  mes yeux sa sentance exprimée ci-dessus.

Car privilégier cet intérêt général, quelle que soit sa définition, c’est privilégier le groupe (la collectivité, la société, le peuple, appelons ça comme on veut) sur l’individu. Or, selon moi, le groupe n’est que l’addition des individualités. L’existence naturelle, l’entité première, celle qui prévaut sur toutes les autres, c’est bien l’individu. Et prendre à  un individu ce qui lui appartient de manière légitime, moyennant contrepartie ou pas mais contre son gré, ça s’appelle de la spoliation. Quelle que soit l’importance de la contrepartie.

Si l’individu dont on parle est consentant, ça devient une transaction, et le moyen de savoir il elle est légitime est très simple : elle doit satisfaire les deux parties, notamment au niveau de l’importance de la contrepartie financière. Si l’une des deux parties se considère lésée, alors la tansaction est illégitime. Ce qui revient à  dire que le montant de la contrepartie financière doit être fixée de gré à  gré entre le vendeur et l’acheteur, c’est à  dire dans le cas qui nous occupe entre le citoyen et l’Etat.

De là  à  dire, comme Lomig, qu’elle doit être fixée par le vendeur, il n’y a qu’un pas que je n’hésite pas à  franchir. Le droit de propriété est partie intégrante de la liberté individuelle, et la propriété ne peut valablement être rompue que la volonté expresse du propriétaire.

Padon pour la longueur (encore une fois) de ce commentaire…

A bientà´t

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Je vous donne la proposition suivante: l’intérêt général consiste à  atteindre le bonheur optimal pour l’ensemble des membres d’un groupe, ou d’une société, d’un pays. Evidemment, reste à  savoir ce qui se cache derrière le mot bonheur. Il s’agirait de permettre à  l’ensemble des individus de s’épanouir librement en les protégeant des risques inhérents à  la vie, dans la mesure du possible.

C’est peut-être flou, mais c’est ce que j’ai pu faire de plus simple et court.

A bientà´t,

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

En fait, le bonheur est bel et bien du ressort de chaque individu. Il y a cependant des économistes qui ont essayé de définir cette notion: les néoclassiques ne disent-ils pas que le bonheur correspond à  l’allocation optimale des ressources (ça, je crois que c’est Pareto). Ce que peut faire l’Etat, c’est permettre, en utilisant ses ressources, aux citoyens d’être à  l’abri de l’ensemble des risques auxquels ils sont confrontés, je le répète dans la mesure du possible (si l’Etat pouvait supprimer la mort ou la vieillesse, cela se saurait). Il peut tenter de rendre les inégalités supportables, mener des politiques de redistribution, agir sur les externalités de l’économie pour qu’elle fonctionne plus efficacement. Je ne dis pas qu’il le fait bien systématiquement, et je t’ai déjà  dit qu’il ne faisait pas le bonheur à  tous les coups, mais il reste pour le moment le plus efficace dans ces missions-là  (je sais déjà  que tu vas me signifier ton désaccord sur ce point précis).

Je rejette donc la non-signification de ma première affirmation. Je vais maintenant lire ton autre article.

A bientà´t,

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

C’est pourtant bien ce que j’ai fait. Mais, en bon pédagogue, je vais rééssayer.

L’intérêt général est la politique que peut mener l’Etat pour permettre au plus grand nombre d’individus possibles de s’épanouir dans leur individualité.

Ton arbitraire, je ne le reconnais pas. Pour moi, une collectivité qui prend une décision démocratique n’est pas plus arbitraire qu’un individu qui refuse de vendre sa maison pour qu’on puisse y faire passer le train, obligeant à  un détour sans doute coà»teux pour le budget de l’Etat. Dans un premier cas, on a un arbitraire unique et contrà´lable, et dans un second, une arbitraire multiple et ingérable. Allons au plus simple, s’il vous plaît.

Là , je pense que je ne peux pas faire mieux. Pour les explications complémentaires, voir les deux commentaires précédents.

Mathieu L.
Invité
14 années il y a

Salut LOmiG,

Désolé pour le long temps d’attente de la réponse, mais je suis assez pris en ce moment.

J’adhère à  plusieurs choses dans ce que tu viens d’écrire:
– La notion d’intérêt général est forcément fluctuante, car le temps passe et les choses évoluent.
– La phrase d’Hayek est totalement cohérente, et je la partage et la fait mienne, même si j’aimerai bien que tu nous indiques ce qu’il y a autour.
– Je suis d’accord avec toi sur la nécessité impérieuse de la société et de son organisation de permettre à  l’ensemble de l’individu de chercher son bonheur à  sa façon.

J’ai par contre l’impression que tu mélanges intérêt général et volonté générale, ce qui n’est pas la même chose à  mon sens.

Je ne peux simplement pas admettre que le système que tu soutiens soit fondé sur la propriété. Je ne dis pas que je veux la supprimer, mais tout suspendre à  l’existence de la propriété figerait totalement la société au caprice de l’individu, et d’une minorité d’individus. Entre les deux, je choisis le plus grand nombre. Je sais que tu pourrais me dire que 56% des Français sont propriétaires, mais cela signifie que 44% des citoyens sont exclus de ce monde-là . De plus, entre les propriétaires, que de différences…

Allons, allons, si tu arrivais à  me convaincre, o๠serait l’intérêt de la discussion??? :wink: