Résultats de recherche pour « hayek »

  • Seules les personnes pensent

    Seules les personnes pensent

    Ce billet, et cet outil (« seules les personnes pensent ») s’inscrit dans la lignée des outils du super livre « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Normand Baillargeon (une partie se trouve en ligne pour les curieux) . Au passage j’en recommande sa lecture plus que chaudement.
    Je voulais simplement partager un outil bien utile pour éviter les faux raisonnements, que j’avais découvert dans les livres de Pascal Salin (probablement aussi dans Hayek).

    Seules les personnes pensent

    Cet outil tient en une phrase : « Seules les personnes pensent ». Il est donc toujours abusif de construire des phrases en associant d’une part une entité abstraite, un collectif (la France, l’entreprise X ou Y, les gens qui portent des lunettes), et des activités cérébrales d’autre part (penser, ressentir, croire, etc..). Par exemple : Les français pensent que Macron est mauvais. Cette phrase n’a aucun sens. Ou encore : Les marchés sont angoissés ou rassurés à  l’idée que la GB quitte l’UE. A nouveau, cette phrase n’a strictement aucun sens, ni théorique, ni pratique. Au-delà  de la fausseté sémantique de ce type de phrase, il s’y glisse toujours une forme de « collectivisme » qui nie les choix individuels, la liberté de chacun de penser et ressentir les choses.

    Excercez-vous, c’est salutaire !

    Faites l’exercice (dans le contenu des médias, dans les discussions) : vous verrez que nos raisonnement sont souvent pollués par ces raccourcis. Alors, bien sûr, les raccourcis sont pratiques. Mais ils nous font déformer et simplifier parfois à  outrance le réel. Restons exigeants et rigoureux, cela ne peut qu’améliorer le niveau des échanges, et la recherche de la vérité.
    Par ailleurs, la personnification est un puissant levier émotionnel. Utile dans l’art, en peinture comme dans l’écriture, ou dans la publicité. Toute narration utilise ce genre de figure de style pour renforcer son impact. Mais les jeux émotionnels sont à  considérer avec plus de circonspection dans le domaine du raisonnement et la réflexion. Que ceux qui s’en servent le fassent par ignorance ou par intérêt, il faut s’en méfier.
    Pour finir, l’exercice le plus facile, et le plus utile, consiste à  appliquer cet outil à  notre propre pensée. Depuis que j’en suis conscient, je me surprends souvent à  conduire des raisonnements fallacieux à  cause de cette personnification/anthropomorphisation de choses qui ne sont pas des personnes.
    Seules les personnes pensent.

  • Don’t Stop Google

    Don’t Stop Google

    A l’heure où les eurodéputés se livrent à  de ridicules exercices de postures marxistes et populistes, il serait utile de rappeler quelques éléments de science économique. C’est probablement le manque le plus cruel de notre système éducatif : les élèves sortent de l’école — pour la plupart – sans avoir acquis les fondements de la science économique.

    Rappel sur les marchés

    Avec internet, c’est peu de le dire, la connaissance est disponible, très largement. Ainsi je proposerais bien aux eurodéputés, mais aussi à  tous ceux qui veulent lire un livre fantastique, d’aller sur le site de l’Institut Coppet pour découvrir « L’action humaine », de Ludwig Von Mises. Economiste, Ludwig Von Mises a écrit cet ouvrage majeur en 1949. Il était, entre autres, le professeur et père spirituel de Friedrich Hayek, autre grand philosophe et économiste (prix Nobel d’économie 1974).
    Je ne résiste pas au plaisir de copier ici deux petits extraits (allez lire ce livre, c’est magnifique de simplicité et de clarté).
    Marché :
    Le marché n’est pas un lieu, une chose, ni une entité collective. Le marché est un processus, réalisé par le jeu combiné des actions des divers individus coopérant en division du travail. Les forces qui déterminent l’état — continuellement modifié — du marché sont les jugements de valeur de ces individus et leurs actions telles que les dirigent ces jugements de valeur. L’état du marché à  tout moment est la structure des prix, c’est-à -dire la totalité des taux d’échange telle que l’établit l’interaction de ceux qui veulent acheter et de ceux qui veulent vendre. Il n’y a rien qui ne soit de l’homme, rien de mystique en ce qui concerne le marché. Le déroulement du marché est entièrement produit par des actions humaines. Tout phénomène de marché peut être rattaché originairement à  des choix précis de membres de la société de marché.
    Ils ne sont pas rares ceux qui parlent des marchés comme s’il s’agissait d’une entité collective, pire d’un individu. « les marché ont eu peur de… », « les marchés ont jugés que… ». Ecoutez BFM radio, qui est pourtant une radio économique avec plein de supers intervenants, et vous verrez que même chez les économistes, cette manière de pensée est courante.

    Rappel sur la concurrence

    Concurrence
    Aujourd’hui des gens affirment la même chose en ce qui concerne diverses branches de la grande entreprise : vous ne pouvez ébranler leur position, elles sont trop grandes et trop puissantes. Mais la concurrence ne signifie pas que n’importe qui puisse prospérer en copiant simplement ce que d’autres font. Cela signifie le droit reconnu à  tous de servir les consommateurs d’une façon meilleure ou moins chère sans être entravé par des privilèges accordés à  ceux dont les situations acquises seraient atteintes par l’innovation. Ce dont un nouveau venant a le plus besoin s’il veut porter un défi aux situations acquises des firmes établies de longue date, c’est surtout de la matière grise et des idées. Si son projet est apte à  satisfaire les plus urgents d’entre les besoins non encore satisfaits des consommateurs, ou à  y pourvoir à  un moindre prix que les vieux fournisseurs, il réussira en dépit de tout ce qu’on répète abondamment sur la grandeur et le pouvoir de ces firmes.
    La concurrence libre et parfaite n’existe pas, c’est un mythe inventé par des gens qui ne comprennent pas l’économie, ni la logique de marché. La concurrence c’est simplement le droit de toute personne ou entreprise à  entrer sur le marché, comme le rappelait à  juste titre Nicolas Bouzou et Philippe Silberzahn sur Twitter.

    Logique d’esclaves

    Jusqu’à  preuve du contraire, aucun Etat n’empêche aux concurrents de Google de venir le concurrencer. Google est de toute évidence sur un marché concurrentiel.
    Comme décidemment on trouve presque tout sur internet, notamment en termes de livres, j’inviterais bien également les eurodéputés à  lire ce texte 260 du chapitre 9 de l’ouvrage de Nietzsche, « Par-delà  le bien et le mal », mais ça risque d’être un peu plus compliqué. Ils comprendraient probablement qu’au-delà  d’affirmer leur idéologie constructiviste et socialiste, leurs prises de positions ne traduisent finalement que leur sentiment d’impuissance et de soumission face à  Google et aux US, puisqu’ils en sont à  bêtement considérer que ce qui est puissant est nécessairement mauvais, donc une cible pour des combats politiques. Les eurodéputés n’ont-ils aucun autre combat plus urgent que d’essayer d’empêcher d’agir une société utile, dynamique, qui créé de l’emploi et de l’innovation ?
    Je reposte en conclusion le tweet de Loïc Lemeur :

  • Interview de Pascal Salin 3/3

    Interview de Pascal Salin 3/3

    Troisième et dernière partie de l’interview de Pascal Salin. Avoir avoir abordé la crise, puis le libéralisme, nous discutons pour finir de la mise en œuvre du libéralisme, et de diverses questions d’actualités.

    (suite…)

  • Interview de Pascal Salin 1/3

    Interview de Pascal Salin 1/3

    Voici la première partie de l’interview de Pascal Salin. Au programme : crise financière, réglementation étatique, système bancaire et monétaire, responsabilité. Le point de vue d’un économiste de l’école autrichienne sur la crise : décapant, puissant parce que basé sur une vraie connaissance, stimulant. Réjouissant ! Enfin un peu de raison dans le bruit médiatico-politique.

    (suite…)

  • DLL – La persistance du constructivisme dans la pensée courante

    Chapitre premier : « Raison et évolution »

    La persistance du constructivisme dans la pensée courante

    Le rejet des récits par lesquels la religion expliquait la source et les fondements de la validité des règles traditionnelles de la morale et du droit conduisait au rejet de ces règles mêmes, dans la mesure où elles ne pouvaient être justifiées rationnellement. C’est à  leur succès dans cette « libération » de l’esprit humain que nombre de penseurs célèbres de cette époque doivent leur réputation.

    Précédent

    Suivant

    Cliquez ici pour retourner à  l’index

  • DLL – Le développement de l'optique évolutionniste

    Chapitre premier : « Raison et évolution »

    Le développement de l’optique évolutionniste

    Il devint de plus en plus clair que la formation de types réguliers de relations humaines qui ne sont pas le but conscient d’actions humaines soulevait un problèmes qui nécessiterait le développement d’une théorie sociale systématique. La réponse à  ce besoin fut fournie pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle dans le domaine économique par les philosophes moralistes écossais, conduits par Adam Smith et Adam Ferguson, cependant que les conséquences à  en tirer pour la théorie politique recevaient leurs magnifiques formulations du grand visionnaire Edmund Burke, encore que l’on chercherait vainement dans son oeuvre une théorie systématique.

    Hayek s’emploie ensuite à  dissiper certains malentendus à  propos de la théorie évolutionniste.

    Il y a d’abord la croyance erronée que c’est une conception empruntée à  la biologie. Ce fut en réalité l’inverse, et si Charles Darwin a su appliquer avec succès à  la biologie un concept qu’il avait largement reçu des sciences sociales, cela ne rend pas ce concept moins important dans le domaine où il avait pris naissance. C’est à  l’occasion de la réflexion sur des formations sociales telles que le langage et la morale, le droit et la monnaie, qu’au cours du XVIIIe siècle les conceptions jumelles de l’évolution et de la formation spontanée d’un ordre furent enfin clairement formulées, fournissant ainsi à  Darwin et ses contemporains des outils intellectuels qu’ils purent appliquer à  l’évolution biologique. Ces philosophes moralistes du XVIIIe siècle et les écoles historiques du droit et du langage peuvent bien être nommés — comme certains des théoriciens du langage du XIXe se sont eux-mêmes qualifiés — des darwiniens avant Darwin.

    Précédent

    Suivant



    Cliquez ici pour retourner à  l’index

  • Politique personnelle

    Rubin vient de lancer, en parallèle de la réflexion que nous avons mise en place au sein de LHC sur le positionnement politique de nos blogs, une chaine visant à  préciser en 5 questions/réponses, notre positionnement politique.
    (suite…)

  • La Commission casse des pare-brise

    La Commission casse des pare-brise

    La Commission européenne combat les cartels, nous dit-on. Est-ce là  une saine attitude, consistant à  défendre le consommateur contre les ententes illicites entre industriels ? Ou assiste-t-on plutôt à  des mesures dogmatiques consistant à  vouloir « tordre » la réalité pour la faire coller à  des théories fumeuses ? Un bref aperçu du sens de ces mots, et un rappel de ce qu’est la concurrence permettent de répondre à  cette question.
    (suite…)

  • DLL – La fausse dichotomie du "naturel" et de "l'artificiel"

    Chapitre premier : « Raison et évolution »

    La fausse dichotomie du « naturel » et de « l’artificiel »

    Hayek explique ensuite la confusion, due à  la tradition philosophique grecque, entre plusieurs types de phénomènes. Les grecs divisaient les phénomènes en deux catégories (« naturels » et « artificiels »), dont la seconde comportaient à  son tour deux types non suffisamment distingués de phénomènes (nomos et theisis). Finalement il était nécessaire d’introduire, pour limiter les confusions, une troisième classe distincte de phénomènes « résultant de l’action humaine, mais sans être le fruit d’un dessein humain ».

    Cliquez ici pour retourner à  l’index

  • L'évolution corrélative de l'esprit et de la société : le rôle des règles

    Chapitre premier : « Raison et évolution »

    L’évolution corrélative de l’esprit et de la société : le rôle des règles

    La réalité, évidemment, est que cet esprit (l’esprit de l’homme. Ndr) est une adaptation à  l’environnement naturel et social dans lequel l’homme vit, et qu’il s’est développé en constante interaction avec les institutions qui déterminent la structure de la société. L’esprit est tout autant le produit de l’environnement social dans lequel il a grandi et qu’il n’a point fait, que quelque chose qui, à  son tour, a agi sur ces institutions et les a modifiées. Il résulte de ce que l’homme s’est développé en société et a appris celles des habitudes et pratiques qui augmentaient les chances de survie du groupe dans lequel il vivait. La conception d’un esprit déjà  complètement développé, ayant conçu les institutions qui rendaient la vie en société possible, est contraire à  tout ce que nous savons de l’histoire de l’homme.

    Hayek décrit ensuite le processus de formation des règles, et en décrit deux attributs essentiels à  ses yeux.

    Le premier attribut que la plupart des règles possédaient originellement est qu’elles sont observées dans l’action sans être connues de l’acteur sous forme de mots (« verbalisées » ou explicites). Elles se manifesteront dans une régularité d’action, qui peut être explicitement décrite, mais cette régularité d’action ne résultat pas de ce que les personnes qui agissent peuvent énoncer les règles en question. Le second attribut est que de telles règles viennent à  être observées par le fait qu’elles confèrent au groupe qui les pratique une puissance supérieure, et non pas parce que cette conséquence est prévue par ceux que ces règles guident. Bien que de telles règles finissent par être acceptées parce que leur application produit certaines effets, elles ne sont pas obéies avec l’intention de produire ces effets-là  — effets que la personne agissante peut aussi bien ignorer.

    Cliquez ici pour retourner à  l’index