Catégorie : 🏛️ Politique

  • Fillon : premier ministre utile !

    François Fillon doit prononcer aujourd’hui son très attendu « discours de politique générale » devant l’Assemblée Nationale. Pour ma part, j’attends ce discours avec grand intérêt, sinon avec impatience. Certains commentateurs dans les médias, pour ne pas dire beaucoup, ne se privent pas de rappeler à  chaque fois le peu de place laissée au 1er ministre par N. Sarkozy, et de suggérer très finement de réflechir à  la suppression de cette fonction devenue, selon eux, inutile. Je trouve que c’est un peu facile ! Pour plusieurs raisons :

    • C’est totalement sous-estimer le boulot qu’il y a faire (je ne suis pas sûr que pour tenir un programme ambitieux comme celui de Sarkozy, on soit trop de deux pour mener la barque) ; du style, mais Fillon doit passer son temps à  se gratter les couilles, alors ?
    • c’est un peu paradoxal de la part d’un milieu qui est très prompt à  critiquer le pouvoir soi-disant absolu de Sarkozy, que d’appeler de ses voeux la suppression du poste de 1er ministre, non ? C’est être soit idiot et contradictoire, soit manipulateur – mais avec une telle grossiereté que ça en devient risible –

    En ce qui me concerne, je suis très heureux du choix de François Fillon comme 1er ministre. Il semble être un homme déterminé, posé, orienté vers l’action; épris de vérité et pragmatique. Je pense que Sarkozy et lui forment un sacré tandem pour mener l’équipe gouvernementale. Attendons le discours pour juger. J’espère qu’on retrouvera intacts dans ce discours important toute la volonté de réforme, et tout le pragmatisme démontrés pendant la campagne et depuis l’élection.

  • Le vent du changement…

    Après avoir reçu le compte-rendu du conseil des ministres, après avoir lu des extraits de l’intervention de Sarkozy auprès des députés UMP, et après avoir vu son interview sur TF1, j’ai eu le sentiment qu’enfin les choses vont bouger !
    Ce que je retiens de cette journée énorme, c’est avant tout deux choses :

    • L’extraodinaire force d’action et de volonté de Sarkozy ne faiblit pas : ce qu’il a dit, il va tout faire pour le mettre en oeuvre. Loin du politiquement correct, il est simplement dans l’action. Quel changement dans le discours, dans la manière de faire ! Certains voudront y voir un superprésident, qui prend toute la place (j’ai déjà  entendu des commentaires à  la radio allant dans ce sens) : cela ne sera que le reflet de leur immobilisme ! En effet, il faut quelqu’un avec une formidable volonté et une énorme énergie pour sortir de 20 ans d’immobilisme !
    • Enfin une approche globale de la réforme ! C’est la seule possible ! comment, en effet, peut-on vouloir changer d’abord le fonctionnement de la Police, sans changer aussi celui de la Justice, et donc également réformer le fonctionnement des prisons ? Comment peut-on vouloir changer le fonctionnement de l’école sans changer aussi les autres filières (apprentissage, université) ? Une société est un ensemble, et les réformes ne peuvent être menées qu’en parallèle : leur réussite dépend de ça ! Une réforme menée seule sans rien changer par ailleurs est vouée à  l’échec. Sarkozy et Fillon semblent avoir compris cela, et vouloir l’appliquer. Quel changement à  nouveau, dans la méthode, et dans l’efficacité qui va en découler !

    Alors voilà , j’étais content hier soir : content et soulagé de voir que Sarkozy va tout faire pour tenir parole, et porter le vent du changement dans tous les secteurs de la société française. De manière pragmatique, mais à  nouveau, c’est la seule manière intelligente de réformer…
    J’ai noté que dans son discours deux choses importantes : son sens de la justice sociale et du sort des plus démunis, et son sens de l’intérêt général, expression qu’on n’avait pas vu depuis longtemps, ni dans les discours ni dans les faits…! Ceux qui sont pour le changement soutiendront à  coup sûr Sarkozy ; c’est déjà  ce qu’ils ont fait dans les urnes…

  • Discussion de Café du Commerce

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    A : je dois avouer que j’étais content de voir que Juppé s’est fait sortir, même s’il semble compétent. Il a un air de dédain et de supériorité assez énervant…ils ont perdu le plus compétent !
    B : euh…compétent ok, mais il y en a d’autres, des personnes compétentes tout de même, dans le gouvernement !
    A : ah bon ? qui ?
    B : eh bien, Bertrand, Fillon sont compétents, je trouve. Kouchner et Hirsch sont compétents, non ?
    A : mouais…ils ne doivent pas être à  l’aise Kouchner et Hirsch, avec leurs convictions. C’est incroyable, j’ai entendu Jouyet (secrétaire d’état aux affaires européennes, ex-proche de Hollande) à  la radio, il était devenu plus à  droite que les gens de l’UMP, comment on peut changer de convictions comme cela ?
    B : tu crois que leurs convictions sont si éloignées que cela, au PS et à  l’UMP ? il veulent la même chose, ce sont les moyens pour y arriver qui font débat !
    A : non, tu ne peux pas dire ça ! ils ne veulent pas la même chose ! leurs programmes n’ont rien à  voir ! Ce ne sont pas les mêmes programmes, tout de même ! Le coup des heures supp’ non rémunérées, la TVA sociale, ce sont bien des politiques de droite, et on sait bien ce que ça va faire !
    B : ah bon ? qu’est ce que ça va faire ?
    A : c’est un cadeau aux plus favorisés !
    B : mais, moi, il me semble bien que j’ai lu des articles d’économistes qui pensaient que c’était une bonne chose l’augmentation de la TVA !
    A : où tu l’as lu ? dans le Figaro ?
    B : oui, mais …
    A : c’est toujours pareil ! dans le Figaro, c’est toujours le même son de cloche ! C’est la voix de l’UMP !
    B : pas d’accord. Les gens qui écrivent une tribune sont libres de leurs propos, tout de même…! que ce soit au Figaro, dans Libération ou dans le Monde, non ?
    A : mais non ! ceux qui écrivent dans Libération sont de gauche, et ceux qui écrivent au Figaro sont de droite, c’est bien connu !
    B : ah bon, ok. Tu as raison ! bravo. Et que fais tu des gens qui écrivent dans tous ces journaux alternativement ? ils sont à  la fois soutien du PS et de l’UMP, alors ?
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    B : revenons sur la TVA : à  côté des économistes et politiciens qui vont essayer de convaincre dans un sens où dans l’autre, on a tout de même l’exemple de l’Allemagne qui montre que c’est possible !
    A : mais ça n’a rien à  voir ! L’Allemagne n’a rien à  voir avec la France…! C’est toujours les mêmes arguments ! si tu augmentes la TVA, tu vas forcément diminuer la consommation, donc la croissance.
    B : L’exemple Allemand montre l’inverse. L’Allemagne n’est peut être pas la France, mais les consommateurs allemands ne sont tout de même pas si différents des consommateurs français, et la structure de la société n’est pas non plus si différente…Quand même : la TVA sociale, son but c’est de faire basculer une partie de la fiscalité du travail et de l’investissement sur la consommation, en partant du principe qu’on ne peut pas faire fuire la consommation, tandis qu’on peut faire fuire l’investissement. Et les résultats sont là  : ceux qui prédisaient une baisse de la consommation en Allemagne ont eu tort ! la consommation n’a pas chuté, et le résultat c’est qu’on a assisté à  un renforcement de la croissance en Allemange, et donc à  une hausse globale du niveau de vie, pour faire vite….
    A : oui, alors ça, justement c’est pas sûr non plus, qu’une augmentation de croissance profite à  tout le monde !
    B : inégalement, c’est sûr, mais à  tout le monde, c’est sûr aussi, non ?
    A : enfin, ce qui est sûr c’est que ceux qui montrent du doigt le gouvernement pour la TVA sont des cons : c’était écrit dans le programme, ce n’est pas une surprise ! Il suffit de savoir lire entre les lignes !
    B : on est bien d’accord ! et même pas entre les lignes…!
    A : c’est pour ça que je n’ai pas voté pour Sarkozy, pour ce genre de cadeaux aux plus riches…!
    B : on verra, non ? on ne peut pas juger des résultats d’une politique avant qu’elle ait été mise en oeuvre, si ?
    A : mais si ! on sait ce que ça va faire, cette politique ! enfin !
    B : tout n’est pas à  court terme ! C’est dans 6 mois, 1 an, 2 ans qu’on verra les fruits de cette politique : c’est le jeu de la démocratie. Si au bout de 5 ans on n’est pas d’accord, ou pas satisfait avec les résultats, on sanctionnera par le vote !
    A : mouais….mais ce sera peut-être trop tard ! On ne pourra peut-être plus faire machine arrière…
    B : mais moi, je pense qu’ils vont faire du vrai boulot, et c’est maintenant que ça commence : les élections sont terminées, ils ont une vrai majorité, on va voir ce qu’ils font…Ayons l’ouverture d’esprit de juger d’après les résultats, et pas sur des procès d’intentions !
    A : je doute…
    B : enfin, quand même, on voit bien le changement par rapport à  Chirac : on sent bien qu’il y un esprit, une volonté d’action, de résultats, qui n’ont rien à  voir avec l’autre c……
    A : il y a surtout une différence dans la communication, dans le marketing…
    B : Allons ! dès à  présent, on voit bien que, justement, ce n’est pas du marketing. Chirac n’aurait pas parlé de TVA sociale avant le second tour, il se serait touché le zizi en parlant de diversité, de fracture sociale et autres sujets éminements polémiques…peu importe, nous verrons ce qu’ils vont faire, et comment ils vont le faire : c’est pour ça qu’ils sont là  !
    A : oui, nous verrons.
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    C’était la discussion d’hier midi (dans les grandes lignes) entre un collègue (A) et moi (B).

  • Législatives : tout le monde au boulot !

    Résultats un peu moins marqués que ne le prévoyaient les sondeurs et les journalistes : pas de quoi casser trois pattes à  un canard. A entendre parler les socialistes, hier soir, on avait presque l’impression que ce résultat était une victoire de la gauche ! Rien de surprenant dans la bouche de ceux qui brassent du vent, et se réfugient dans les postures de donneurs de leçons, au lieu de proposer une alternative politique concrète. Marielle de Sarnez (MoDem) était même franchement désagréable et aggressive pour quelqu’un dont le parti compte 4 membres à  l’assemblée. Heureusement, Xavier Bertrand était là  pour remettre à  leur place Delanà¶e et Fabius, en leur expliquant qu’un opposition forte se caractérise avant tout par des propositions, et qu’ils n’avaient fait, pendant les campagnes, fait que critiquer les idées de Sarkozy. Lui (Bertrand) parle concrètement, de sujets qu’il a visiblement travaillé, et sans faux-semblants. On pouvait attendre (puisque le débat portait à  ce moment là  sur la fameuse augmentation de TVA) des propositions des socialistes pour prouver à  Bertrand qu’il avait tort : rien n’est venu. Faut-il en déduire qu’il a raison ?
    Deux mots pour finir :

    • Il y a une catégorie de personnes qui devraient se remettre en cause au moins aussi profondément que les socialistes, ce sont les journalistes : le niveau des questions hier soir étaient réellement pitoyable (on avait l’impression qu’ils demandaient aux membres du gouvernement pourquoi ils avaient perdu l’élection), et ce matin, la Une du figaro sur les législatives (où je pensais trouver un joli camembert pour illustrer ce billet) s’ouvrait sur l’annonce officielle de la séparation Hollande / Royal ! Qu’est ce qu’on en a à  foutre, franchement ?
    • Pour ceux qui se reconnaissent plus dans le pragmatisme et la franchise de Bertrand que dans les postures insupportables et moralisatrices de Fabius, je recommande la lecture de l’interview de Fillon (qui date déjà  un peu) qui m’avait rassuré sur la volonté de réformer du gouvernement

    Les résultats de l’élection législatives sont donc bien : au boulot tout le monde ! Le gouvernement et la majorité (qui sont déjà  au boulot) pour faire ce qu’ils ont dit, la gauche pour se remettre en cause en profondeur (sur l’économie de marché, sur la place de l’Etat) et les journalistes pour améliorer leur niveau général frisant la nullité !

  • Premier tour des législatives : logique et rassurant !

    La projection de sièges après le 2nd tour

    Les résultats sont tombés hier soir : conformes aux prévisions. La ruine du PS se confirme, la perte de vitesse du FN également, et toute l’intelligence stratégique de Bayrou porte ses fruits : il a réussi à  couler le centre en quelques années. Visiblement, la majorité UMP à  l’assemblée se confirme, et Sarkozy/Fillon devraient pouvoir mener leur politique avec un fort soutien de l’assemblée, donc des français (n’oublions pas que l’assemblée des députés représente le peuple français).
    Un mot sur le pitoyable PS : ils n’ont toujours pas compris leur défaite, et toujours pas réussis à  se remettre en question. On imagine qu’ils le feront après le deuxième tour, pensant que continuer sans changer leur permettra de sauver les meubles ! Calcul presque touchant dans sa naïveté, s’il n’était inquiétant sur le fond. Ils ne cessent de répeter qu’il faut une opposition forte (ce qui est vrai dans le principe) sans se rendre compte que pour avoir une opposition forte, il faut que les français votent pour elle, et donc qu’elle ait réussi à  les convaincre, ce qui n’est manifestement pas le cas aujoud’hui.
    La logique est respectée : ceux qui veulent vraiment changer les choses de manière pragmatique obtiennent le pouvoir à  l’assemblée.

  • Bayrou : mort politique annoncée…!

    Les prévisions de nombre sièges à  l’Assemblée Nationale pour le MoDem sont catastrophiques. Certains – dont Bayrou – crient que le système n’est pas bon, puisqu’un candidat qui a eu 18,5 % de voix au 1er tour des présidentielles se retrouvera avec quelques sièges seulement au parlement. Argument factice : son bon score n’est que le reflet du fait qu’une partie de la population ne s’est reconnu ni dans Sarkozy, ni dans Royal. Un score de circonstance, sans adhésion, et purement orchestré par des médias – malheureusement – complaisants avec le politiquement correct.
    Bayrou dénonce un système, crie au loup en évoquant la « concentration des pouvoirs ». Pourquoi ne propose-t-il pas des solutions politiques à  la place ? Son programme était plus proche de celui de Sarkozy que de celui du PS : et pourtant il s’est positionné comme un candidat de centre gauche (certainement poussé à  droite par l’UMP de Sarkozy qui a récupéré une bonne partie de l’électorat centriste). Après avoir refusé de rentrer dans l’UMP, après refusé de se positionner pour le second tour, après avoir crée dans l’urgence un parti politique mort-né au nom presque comique (MoDem, pourquoi pas ADSL ou Internet?), après avoir passé plus de temps à  faire des calculs purement électoraux qu’à  définir une politique originale et moderne, on retrouve Bayrou là  où il s’est lui-même mis : à  deux pas de sa mort politique. Il répète à  l’envie que son combat c’est le « pluralisme ». Drôle de manière de promouvoir le pluralisme que d’obtenir 4 ou 5 sièges à  l’assemblée nationale !