Catégorie : 🏛️ Politique

  • Premier tour des législatives : logique et rassurant !

    La projection de sièges après le 2nd tour

    Les résultats sont tombés hier soir : conformes aux prévisions. La ruine du PS se confirme, la perte de vitesse du FN également, et toute l’intelligence stratégique de Bayrou porte ses fruits : il a réussi à  couler le centre en quelques années. Visiblement, la majorité UMP à  l’assemblée se confirme, et Sarkozy/Fillon devraient pouvoir mener leur politique avec un fort soutien de l’assemblée, donc des français (n’oublions pas que l’assemblée des députés représente le peuple français).
    Un mot sur le pitoyable PS : ils n’ont toujours pas compris leur défaite, et toujours pas réussis à  se remettre en question. On imagine qu’ils le feront après le deuxième tour, pensant que continuer sans changer leur permettra de sauver les meubles ! Calcul presque touchant dans sa naïveté, s’il n’était inquiétant sur le fond. Ils ne cessent de répeter qu’il faut une opposition forte (ce qui est vrai dans le principe) sans se rendre compte que pour avoir une opposition forte, il faut que les français votent pour elle, et donc qu’elle ait réussi à  les convaincre, ce qui n’est manifestement pas le cas aujoud’hui.
    La logique est respectée : ceux qui veulent vraiment changer les choses de manière pragmatique obtiennent le pouvoir à  l’assemblée.

  • Bayrou : mort politique annoncée…!

    Les prévisions de nombre sièges à  l’Assemblée Nationale pour le MoDem sont catastrophiques. Certains – dont Bayrou – crient que le système n’est pas bon, puisqu’un candidat qui a eu 18,5 % de voix au 1er tour des présidentielles se retrouvera avec quelques sièges seulement au parlement. Argument factice : son bon score n’est que le reflet du fait qu’une partie de la population ne s’est reconnu ni dans Sarkozy, ni dans Royal. Un score de circonstance, sans adhésion, et purement orchestré par des médias – malheureusement – complaisants avec le politiquement correct.
    Bayrou dénonce un système, crie au loup en évoquant la « concentration des pouvoirs ». Pourquoi ne propose-t-il pas des solutions politiques à  la place ? Son programme était plus proche de celui de Sarkozy que de celui du PS : et pourtant il s’est positionné comme un candidat de centre gauche (certainement poussé à  droite par l’UMP de Sarkozy qui a récupéré une bonne partie de l’électorat centriste). Après avoir refusé de rentrer dans l’UMP, après refusé de se positionner pour le second tour, après avoir crée dans l’urgence un parti politique mort-né au nom presque comique (MoDem, pourquoi pas ADSL ou Internet?), après avoir passé plus de temps à  faire des calculs purement électoraux qu’à  définir une politique originale et moderne, on retrouve Bayrou là  où il s’est lui-même mis : à  deux pas de sa mort politique. Il répète à  l’envie que son combat c’est le « pluralisme ». Drôle de manière de promouvoir le pluralisme que d’obtenir 4 ou 5 sièges à  l’assemblée nationale !

  • Distinction entre responsabilité et conviction

    Quelques temps avant l’élection présidentielle, Alain Boyer (professeur de philosophie politique à  l’université de Paris-IV – Sorbonne), avait écrit un excellent article dans le Figaro. Son titre ? « Si vous êtes vraiment de gauche, votez Sarkozy! ». Cet article est vraiment excellent, clair et concis à  la fois. Je ne peux que vous conseiller de le lire !
    Je reviens dessus simplement parce que la distinction qu’il fait dès le début entre « morale de conviction » et « morale de responsabilité » est essentielle, et me parle beaucoup. On retrouve partout, en politique comme au travail, cette ligne de scission entre convictions et responsabilités.
    Max Weber et Raymond Aron ont in­sisté sur deux atti­tudes possibles : la morale de la conviction, qui ne s’intéresse pas aux effets de l’ac­tion mais seulement à  ses intentions, et la morale de la responsabilité, qui cherche à  anticiper les conséquences d’une action avant d’arbitrer, parfois dans la douleur, en sa faveur. Cette morale n’a rien à  voir avec le « réalisme » amoral. Mais elle tient qu’il est immoral de poser au moraliste intègre sans s’interroger sur le bilan prévisible de ses actes. On peut opposer, comme le philosophe « républicain » Philip Pettit, le fait de vouloir « honorer » une valeur et celui de chercher à  la « promouvoir ». Seule cette atti­tude-ci est responsable.
    Il décrit ensuite, à  l’aide d’exemple concrets, la différence entre ces deux attitudes. Vraiment, il faut lire cet article magistral !
    Pour finir, la conclusion de l’article :
    Aujourd’hui, vu l’état du pays, il faut avoir le courage de pro­poser certaines réformes dites « libérales », incitatives, et ­né­gociées avec ceux qui, comme la CFDT, acceptent de ne plus considérer la politique en démocratie comme une guerre, un conflit à  somme nulle, mais comme une délibération commune suivie de compromis.
    Quiconque veut promouvoir les valeurs sociales devra en passer à  l’heure qu’il est par des réformes dites « libérales », conditions sine qua non de la sauvegarde des retraites et de la Sécurité Sociale. La justice doit prendre en compte les générations futures. Les hommes et les femmes politiques de progrès sont ceux qui ont cessé de prendre les électeurs pour des idiots économiques – cessant de faire comme s’il suffisait de « faire payer les riches », de s’endetter et de moins travailler – et se donnent les moyens de promouvoir réellement la liberté, l’égalité et la solidarité.
    Quant aux émotifs qui méprisent les « calculs » et la « rentabi­lité », rappelons cette phrase de l’économiste marxiste Charles Bettelheim, citée naguère par Michel Rocard : « Quand on cesse de compter, c’est la peine des hommes que l’on cesse de compter ». Même si l’on peut en critiquer certains aspects, seul le programme économique de Nicolas Sar­kozy, comme l’était celui, très proche, de François Bayrou, semble en mesure de promouvoir à  long terme les valeurs du progrès social, de la protection et de la liberté. La démarche d’hommes de gauche comme Christian Blanc et Eric Besson n’est donc pas une trahison de leurs valeurs. Français, encore une effort pour promouvoir les valeurs de gauche !

  • O๠est la dictature ?

    J’aimerais que quelqu’un, avant les élections présidentielles, aie fait une photographie de tous les blogs, de tous les discours « anti-sarko » que l’on pouvait lire ou entendre (j’ai moi-même mis de côté un article de Marianne sur Sarkozy qui résume beaucoup de choses…). Et que nous puissions ressortir à  leurs auteurs – maintenant et/ou dans un an – le flot d’âneries que l’on a pu entendre, la montagne de paroles excessives, la somme de fantasmes déversés dans les médias. La désinformation – heureusement – n’a pas pris : les français ont compris que Sarkozy n’était pas l’espèce de dictateur en puissance que certains décrivaient, mais bien l’homme politique volontaire et pragmatique qu’il semblait être – et qu’il est. Alors, bien sûr, ses adversaires continuent de vouloir voir dans chacune de ses actions une menace, se coupant par là  du peu d’électeur qui leur restent…Le PS dénonçait hier la présidence « absolue » de N. Sarkozy, s’enfonçant encore un peu plus dans l’attitude stérile consistant à  critiquer l’adversaire plutôt qu’à  faire des propositions politiques alternatives et réalistes. Attitude stérile qui est un aveu plus qu’une posture, à  mon avis.
    Alors, bien sûr, nous jugerons de l’action de Sarkozy et de Fillon sur résultats ; mais on peut dès à  présent affirmer que les grands perdants de l’élection sont ceux qui pratiquent la caricature plus que la réflexion. Cette élection a été passionnée et raisonnable. C’est la force de la vérité que de pouvoir marier la passion des débats contradictoires à  l’émergence – fragile et indispensable – de la raison.

  • Les mots creux

    J’ai été frappé de constater que, suite à  la mise en place d’un gouvernement jeune, mixte et orienté vers l’action, la gauche n’a rien de trouvé de mieux que de contester l’ouverture qu’a représenté l’arrivée en son sein de personnalité de gauche ou du centre. Toujours le même combat stérile, sur des mots creux, de ceux qui n’ont plus d’idées à  proposer. Qui a dit qu’un gouvernement se doit d’être d’ouverture ? Seuls le PS trouve matière à  discuter dans cette expression : ce que les français attendent du nouveau gouvernement, ce n’est pas qu’il soit d’ouverture, c’est qu’il soit d’action, et qu’il fasse ce qui a été annoncé. La raclée aux législatives semble plus que claire, et elle sera autant le fruit du prolongement naturel de l’élection présidentielle, que de la nullité du parti socialiste. Un membre du PS dans le gouvernement ? Au lieu de s’en glorifier, et d’être fier du membre du PS qui va excercer un pouvoir, on l’exclue du parti. Singulière ouverture d’esprit de la part de ceux qui passent leur temps à  critiquer le manque d’ouverture de leurs adversaires.

  • Polémique autour des vacances de Sarkozy : critique fondée ou bruit médiatique ?

    Je ne m’étais pas trop tenu au courant pendant ce long week-end sur la polémique liée aux vacances de Sarkozy, près de Malte, sur un yacht appartenant à  Vincent Bolloré. Mais comme Pap’ m’a donné son avis là -dessus dans un mail, je met un billet pour permettre à  ceux qui le veulent de donner leur avis sur cette question (Pap’, je compte sur toi pour expliquer en commentaire ton point de vue, parce que je ne suis pas d’accord avec toi !). Sarkozy a déjà  expliqué qu’il était hors de question qu’il s’explique plus longtemps là -dessus.
    Deux approches se confrontent : je liste ci-dessous des arguments qui me semblent recevables (pour et contre, en gros)…A vous de donner votre avis et participer à  la discussion !
    Des arguments que l’on doit retrouver dans la bouche de ceux qui critiquent ce choix de vacances…

    • Partir en Jet sur un Yacht ne donne pas un signal très fort quant au « serrage de ceinture » à  venir si l’on veut redresser l’économie : l’étalage de luxe était-il nécessaire, à  ce moment précis de l’histoire ?
    • Le jet n’est pas très écologique, le yacht non plus : quid des belles déclarations sur le CO2 ?
    • Le propriétaire du Yacht (Bolloré) est un puissant investisseur/entrepreneur et ce n’est pas très habile pour désamorcer les critiques de ceux qui dénoncent la collusion entre pouvoir politique et financier

    …et des arguments que l’on doit retrouver dans la bouche de ceux qui approuvent, ou s’en tapent, de ce choix de vacances :

    • Dans la mesure où ce n’est pas l’argent du contribuable qui finance ces vacances, Nicolas Sarkozy ne fait-il pas ce qu’il veut, avec qui il veut et comme il l’entend ?
    • Etre ami avec quelqu’un de puissant financièrement ne veut pas dire qu’on est à  sa botte : un homme politique, non seulement ne doit et ne peut pas éviter les puissances financières, mais se doit de les connaitre !
    • Sarkozy est plus calculateur que ne semblent le penser ses villipendeurs : peut-être est-ce aussi le signal donné par quelqu’un qui ne se cache pas, qui assume ses amis (puissants ou pas), et qui veut changer l’image de la réussite financière ?
    • A trop discuter tout le temps sur des symboles et des images, on oublie de parler du fond : gardons notre esprit critique pour juger de la politique et des actes de Sarkozy, plutôt que de son lieu de vacances ou son mode de locomotion !

    Ma position là -dessus est claire : je m’en fous complètement et très sincèrement du lieu de vacances de Nicolas Sarkozy, à  partir du moment où c’est son argent qu’il dépense ! Et je pense que les critiques portant sur le fait que le Yacht appartient à  Bolloré sont infondées. A force de critiquer systématiquement les relations existantes (et nécessaires) entre politique et secteur privé, on finit par cacher les choses, et à  rendre suspect toute forme de relation. Ce qui est condamnable, ce sont les abus de pouvoir, le copinage caractérisé. Oui au lobbying, oui à  l’établissement de règles claires et strictes pour éviter les erreurs commises dans le passé, mais non à  l’hypocrisie : c’est normal et inévitable que les politiciens connaissent bien les grands patrons des médias, de l’industrie et de la finance. Ce qui est critiquable et anormal, c’est s’ils en abusent !
    Pour résumer ma pensée : je n’aurais pas fait comme Sarkozy, mais ça ne me choque pas qu’il fasse ça ! c’est du domaine de la liberté individuelle, non ?
    Et vous, que pensez-vous de ces vacances luxueuses de notre nouveau président ? Etes-vous choqués ? Approuvez-vous sa conduite ? vous-en foutez vous complètement ?