CatĂ©gorie : đŸ›ïž Politique

  • Vote et dĂ©mocratie

    Vote et démocratie

    Dans les commentaires du dernier billet consacrĂ© Ă  Milei, j’avais partagĂ© cette interview d’Etienne Chouard, car je l’avais trouvĂ© trĂšs intĂ©ressante.

    Vote et élection

    Il y a pose notamment, dĂšs le dĂ©but, une distinction qui me parait essentielle entre Ă©lection11. Election : ProcĂ©dure par laquelle des Ă©lecteurs portent leurs suffrages sur les candidats qu’ils chargent de les reprĂ©senter dans des assemblĂ©es administratives de ressort et de compĂ©tence variables. et vote. Dans sa conception, c’est trĂšs limpide : voter, c’est donner son avis sur un sujet prĂ©cis (on est dans le processus de dĂ©cision), et Ă©lire, c’est choisir quelqu’un qui va nous reprĂ©senter, et donc choisir pour nous. Je rejoins Chouard dans son analyse : l’Ă©lection est assez antidĂ©mocratique, et le vote l’est. Il en tire les consĂ©quences, et je invite Ă  regarder la vidĂ©o pour suivre le raisonnement, notamment l’importance du tirage au sort (dossier sur son site).
    Pour ĂȘtre plus prĂ©cis, dans le systĂšme actuel, nous ne votons que pour Ă©lire, et presque jamais pour donner notre avis (et quand on nous le demande, c’est soit sur des sujets subalternes ou ridicules, soit pour faire semblant et nous la faire Ă  l’envers quelques temps plus tard). Notre avis, l’avis du peuple n’intĂ©resse pas les « élites ».

    Constitution et démocratie

    Un autre point, qui parait Ă©vident en y rĂ©flĂ©chissant un peu, est que la Constitution22. Loi fondamentale ou ensemble des principes et des lois fondamentales qui dĂ©finissent les droits essentiels des citoyens d’un État, dĂ©terminent son mode de gouvernement et rĂšglent les attributions et le fonctionnement des pouvoirs publics., en tant que « loi fondamentale », faisant rĂ©fĂ©rence pour juger de la pertinence des lois & rĂ©glementations, ne devrait pas pouvoir ĂȘtre modifiĂ©e sans un vote d’accord du peuple. Or, c’est constamment le cas. Nous ne sommes donc pas Ă  proprement parler, en dĂ©mocratie. On peut faire semblant, bien sĂ»r, de considĂ©rer que tout cela n’est pas trĂšs grave, et que ce sont somme toute des arguties juridiques sans importance. Mais je crois, au contraire, que c’est central dans les combats politiques qui, je l’espĂšre, vont venir. RĂ©tablir ce lien sacrĂ© entre « constitution » et « peuple » parait ĂȘtre un point central d’un retour Ă  une dĂ©mocratie vĂ©ritable.

  • Boom Ă  Davos

    Boom Ă  Davos

    L’histoire mĂ©diatique…

    Il me semble que l’on peut y voir un signe intĂ©ressant de l’Ă©volution des choses, et notamment de ce qui filtre, plus ou moins, dans l’espace public. Javier Milei, rĂ©cemment Ă©lu prĂ©sident de l’Argentine, est dĂ©crit – quelle surprise ! – par les mĂ©dias français et les petits modĂ©rateurs / censeurs de Wikipedia comme « ultra-libĂ©ral », « d’extrĂȘme-droite », et ils n’ont eu de cesse de savamment couvrir son ascension et sa victoire en ne montrant que ses frasques mĂ©diatiques les plus excessives sans jamais s’attarder sur le fond de son programme.

    … et la rĂ©alitĂ©

    Mais si l’on veut simplement se renseigner au-delĂ  des Ă©lĂ©ments de langages de la caste mĂ©diatique, il suffit d’aller sur le mĂ©dia le plus libre du monde, celui que l’extraordinaire Elon Musk est en train de remonter: X (ex-Twitter). On peut y trouver, par exemple, la trĂšs belle interview donnĂ©e par Milei Ă  Tucker Carlson en septembre dernier (qui permettait de relativiser et mĂȘme d’anĂ©antir les sornettes dont on nous rabĂąchait les oreilles). Et puis, il y a eu le discours donnĂ© il y a quelques jours Ă  Davos, au Forum Economique Mondial. A tous les Ă©gards, je trouve ce discours admirable de sincĂ©ritĂ©, de clartĂ©, de courage, de pĂ©dagogie et d’opportunitĂ©. Je trouve que c’est un discours historique, qui devrait marquer un tournant. C’est un moment Ă  la « John Galt » (moment oĂč dans le roman d’Ayn Rand, le fameux et mystĂ©rieux John Galt hack la radio d’Ă©tat et fait passer toutes ses idĂ©es, en fissurant le plafond de verre du systĂšme Orwellien qu’il a fuit). Calmement, solidement, Javier Milei rappelle quelques vĂ©ritĂ©s que bla-bla politiquement correct force Ă  nuancer, ou Ă  taire. Dont celle-ci, Ă©vidente, l’Ă©lĂ©phant au milieu de la piĂšce : l’Etat, dans sa forme actuelle – socialiste -, n’est pas la solution, il est le problĂšme. A regarder, et Ă  discuter : que pensez-vous de son discours ?

    Texte intégral du discours de Milei en français sur Le Grand Continent.

  • Le climat par les chiffres

    Le climat par les chiffres

    Sous-titrĂ© « Sortir de la science-fiction du GIEC », le dernier livre de Christian Gerondeau est remarquable de concision et de pĂ©dagogie : factuel, sourcĂ©, il s’ouvre sur une sĂ©rie de 23 graphiques commentĂ©s qui mettent les donnĂ©es disponibles en image.
    Si vous voulez rentrer dans le dĂ©tail du contenu, je vous invite Ă  visionner cette vidĂ©o oĂč il est interviewĂ© par Charles Gave et Eric LĂ©ser de l’Institut des LibertĂ©s (discussion trĂšs intĂ©ressante et qui dĂ©passe le cadre strict de l’ouvrage que je recense) :

    Si vous n’avez pas le temps, et en rĂ©sumant Ă  l’extrĂȘme : la quasi-totalitĂ© des discussions sur le climat, le C02 et l’impact de l’homme sont des sophismes. Les dĂ©bats sur le climat tiennent non de la raison mais de la religion : les faits n’intĂ©ressent pas les gens, ils cherchent avant tout Ă  ĂȘtre dans le camp des « gentils » (ceux qui vont sauver le monde en se suicidant). Le dĂ©lire est pourtant assez simple Ă  dĂ©monter, et Christian Gerondeau y parvient magistralement. Il a raison de dire, avec d’autres, que nous sommes devant la plus grande manipulation de tous les temps, dont les consĂ©quences pour les pays dĂ©veloppĂ©s sont graves.
    RĂ©flĂ©chissons en nous basant sur les faits, rappelle Gerondeau. Il est rapide de montrer que les efforts faits par les humains pour rĂ©duire leurs Ă©missions de CO2 (si tant est qu’elles soient la cause d’une quelconque modification de tempĂ©rature) sont inutiles : le flux (la production annuelle de CO2 mondiale) reprĂ©sente Ă  peine 1/200e du stock (la masse totale de CO2 dans l’atmosphĂšre terrestre). Faire Ă©voluer nos productions de CO2 ne sert strictement Ă  rien. D’autant plus que les pays en voie de dĂ©veloppement vont augmenter leurs Ă©missions, et ils ont bien raison car cela va sauver des vies : le manque d’accĂšs Ă  l’Ă©nergie, Ă  l’Ă©lectricitĂ© cause des millions de victimes : nous avons fait progresser notre niveau et notre qualitĂ© de vie en utilisant plus d’Ă©nergie, ce que font aussi les autres pays. Nous sommes en train, au nom de thĂ©ories fumeuses, de nous tirer des balles dans les pieds. Et nous trouvons en plus le moyen d’ĂȘtre surpris que les autres ne nous suivent pas dans nos dĂ©lires !
    Je vous invite vraiment Ă  Ă©couter la vidĂ©o, et Ă  lire le livre de Gerondeau. Sa position rejoint mon constat : nous sommes devant une mythologie, une foi, dĂ©rangeante dans son rejet des faits, de la rĂ©alitĂ©, et dans ses racines misanthropiques. Ce qui est flagrant, rageant, c’est que ce mensonge organisĂ© est devenu une sorte de religion diffuse, officielle, mortifĂšre et proprement suicidaire. Est-ce un signe de plus d’une dĂ©cadence gĂ©nĂ©rale, ou l’un de ses moteurs principaux ?

  • Greta a ressuscitĂ© Einstein

    Greta a ressuscité Einstein

    Dans Greta a ressuscitĂ© Einstein, Jean-Paul Oury montre que les tenants de l’Ă©cologisme radical, pourtant trĂšs peu scientifique, utilisent la science comme argument d’autoritĂ© pour faire taire les rĂ©calcitrants.

    Apprentis dictateurs aux manettes

    Dans un premier tome – Greta a tuĂ© Einstein –, Jean-Paul Oury montrait comment l’écologisme, incarnĂ© par la jeune Greta Thunberg, Ă©tait une sorte de foi dans une Nature dĂ©ifiĂ©e, et visant en fait Ă  dĂ©manteler tout ce qui fonde notre civilisation. Dans ce deuxiĂšme opus – Greta a ressuscitĂ© Einstein –, l’auteur montre que les tenants de cet Ă©cologisme trĂšs peu scientifique sont allĂ©s plus loin et utilisent maintenant la science comme argument d’autoritĂ© pour faire taire les rĂ©calcitrants. Le sous-titre dĂ©crit trĂšs bien cela : « La science entre les mains d’apprentis dictateurs. » Riche, documentĂ©, argumentĂ© et rigoureux, cet essai est Ă  mettre entre toutes les mains pour comprendre notre Ă©poque, et ne pas se faire manipuler. Le schĂ©ma d’action de ces « prophĂštes » est toujours le mĂȘme : susciter la peur devant des dangers plus ou moins avĂ©rĂ©s, abuser du principe de prĂ©caution pour empĂȘcher tout progrĂšs scientifique et technique (on ne peut jamais garantir qu’une technologie est sans risque), s’appuyer sur des idĂ©ologues dĂ©guisĂ©s en scientifiques pour faire taire toute discussion au nom du consensus.

    Retrouver la raison ?

    Sur cinq sujets, l’auteur dĂ©ploie impitoyablement l’analyse de ces attaques contre la raison et la science : climatocratie, covidocratie, biodiversitocratie, collapsocratie et algorithmocratie. Dans chacun des cas, les arguments des agitateurs de peur reposent sur des conjectures scientifiquement trĂšs fragiles. Sur le sujet du Covid en particulier, Oury replace fort Ă  propos la discussion sur la diffĂ©rence entre Science et MĂ©decine. Il faut lire cet essai pour retrouver la raison et le goĂ»t de la controverse : rappelons le, la science n’est pas une affaire de consensus, mais de vĂ©ritĂ© (adĂ©quation avec le rĂ©el). Et il y a une raison de plus pour lire Oury : il nous permet, longues citations Ă  l’appui, de dĂ©couvrir la pensĂ©e limpide et profonde d’un auteur injustement mĂ©connu, Raymond Ruyer (1902-1987). Immense philosophe des sciences, il fait partie, avec Gilbert Simondon, des rares penseurs français qui permettent de replacer la technique et la science dans une perspective anthropologique.

    Cet article a d’abord Ă©tĂ© publiĂ© sur le site du magazine L’incorrect, sous le titre « Les menaces de la science politisĂ©e« 

  • Je n’ai pas dit mon dernier mot

    Je n’ai pas dit mon dernier mot

    Eric Zemmour partage dans « Je n’ai pas dit mon dernier mot » son Ă©clairage et son analyse de l’annĂ©e de campagne pour les Ă©lections prĂ©sidentielles. C’est une belle maniĂšre de « conclure » le prĂ©cĂ©dent ouvrage, « La France n’a pas dit son dernier mot« . Ce livre est trĂšs agrĂ©able Ă  lire, fluide, percutant.

    Toujours lĂ  !

    Eric Zemmour parvient Ă  Ă©viter trĂšs simplement deux Ă©cueils qui auraient pu rendre ce livre inutile, voire insupportable : le narcissisme, et le rĂšglement de compte. Il reste Ă©gal Ă  lui-mĂȘme : direct, fin analyste, sincĂšre sur tous les sujets, mĂȘlant humilitĂ© et ambition. Et c’est une trĂšs intĂ©ressante plongĂ©e dans la rĂ©alitĂ© d’une campagne prĂ©sidentielle.
    J’ai trouvĂ© son analyse historique et gĂ©opolitique sur le conflit russo-ukrainien tout Ă  fait passionnante, et riche. Je continue Ă  penser que cet homme-lĂ , doit avoir une place dans la vie politique. Nous verrons de quoi l’avenir des boutiques & partis politiques sera fait. Mais les idĂ©es, les constats, les solutions que proposent Zemmour, sans nĂ©cessairement toutes me satisfaire, me semblent adossĂ©es, et articulĂ©es, avec le seul vrai sujet structurant, et dont tous les autres dĂ©pendent : le Grand Remplacement, autre nom de la dĂ©ferlante migratoire qui transforme notre pays depuis 40 ou 50 ans. Identitaire, culturelle, civilisationnelle, je partage avec Zemmour l’idĂ©e que c’est LE combat Ă  mener. Avec deux-trois autres sur lesquelles je pense pouvoir adhĂ©rer aussi Ă  ses pistes de solutions (souverainetĂ©, industrialisation, Ă©ducation). On voit bien, Ă  la lecture, que Zemmour a dĂ©cidĂ© d’inscrire son action et celle de ReconquĂȘte! dans la durĂ©e, avec son triptyque idĂ©es-actions-Ă©lections.

    Glaçant

    L’Ă©clairage apportĂ© de l’intĂ©rieur par le candidat Ă  la prĂ©sidentielle est assez glaçant car il confirme, pour ceux qui auraient pu encore en douter, que les journalistes, dans leur ensemble, sont lĂ  pour dĂ©sinformer, orienter, manipuler l’opinion, au service du pouvoir ou du politiquement correct. Il faut supprimer toutes formes de subventions aux mĂ©dias. La somme de petites bassesses, de petits accommodements avec la vĂ©ritĂ© fait froid dans le dos, et je trouve le chapitre « VĂ©ritĂ© ou radicalitĂ© ? » tout Ă  fait excellent.

    Extrait

    Pour vous donner envie de lire cet ouvrage, je vous en partage pour finir un extrait.

    « N’est pas le gĂ©nĂ©ral de Gaulle qui veut. » Je lis l’interview accordĂ©e par Laurent Fabius au Parisien et je n’en reviens pas. En pleine campagne, le prĂ©sident du Conseil constitutionnel est sorti de la rĂ©serve qui doit ĂȘtre la sienne. Et de quelle maniĂšre ! Laurent Fabius prĂ©vient sans ambages : contrairement Ă  ce qu’avait osĂ© le gĂ©nĂ©ral de Gaulle avec ses rĂ©fĂ©rendums, le prĂ©sident Ă©lu en 2022 ne fera pas tout ce qu’il voudra, le peuple ne sera pas souverain, le Conseil constitutionnel veillera au grain. Je comprends tout de suite que je suis visĂ©. C’est d’ailleurs ainsi que les journalistes l’ont prĂ©sentĂ©e et c’est pourquoi j’y ai tout de suite rĂ©pondu : « Ce sera le peuple qui dĂ©cidera, et pas le prĂ©sident du Conseil constitutionnel. »
    Depuis le dĂ©but de la campagne, et mĂȘme bien avant, j’avais inlassablement dĂ©noncĂ© le dĂ©voiement de l’Etat de droit par les juges. C’est un sujet qui me passionne depuis des annĂ©es ; je le perçois comme le noeud gordien qu’il faudra trancher ; j’y ai mĂȘme consacrĂ© un livre, intitulĂ© Le coup d’Etat des juges, dĂšs 1997.
    L’argumentaire du prĂ©sident du Conseil constitutinnel ici est d’ailleurs la preuve Ă©clatante de ce que j’avançais alors. Selon lui,  » l’une des caractĂ©ristiques des dĂ©mocraties avancĂ©es comme la nĂŽtre, c’est que la loi, qu’elle soit votĂ©e par le Parlement ou le fruit d’un rĂ©fĂ©rendum ne peut pas faire n’importe quoi (c’est qui souligne) et qu’elle doit ĂȘtre conforme Ă  la Constitution et aux grands principes. C’est le rĂŽle du Conseil constitutionnel mis en place par la Ve RĂ©publique de veiller et de contrĂŽler cette conformitĂ©. »
    Il faut dĂ©cortiquer avec soin le propos de Laurent Fabius pour comprendre ce qu’il contient de scandaleux. Le prĂ©sident du Conseil constitutionnel nous dit que le peuple souverain, qui exprimerait sa voix par rĂ©fĂ©rendum, pourrait faire « n’importe quoi » ; c’est donc Ă  lui, et aux huit autres juges non Ă©lus, de dĂ©terminer si, oui ou non, le peuple a fait n’importe quoi. Comprenez bien : 99,99% des Français pourraient voter pour une rĂ©forme que Laurent Fabius continuerait de se rĂ©server le droit de censurer leur volontĂ©. Et il ose utiliser le mot « dĂ©mocratie » pour dĂ©fendre une telle aberration. (…)
    Si j’avais Ă©tĂ© au second tour, j’aurais fait de cette question l’un des sujets majeurs du dĂ©bat avec le prĂ©sident sortant : sommes-nous toujours une dĂ©mocratie, c’est-Ă -dire un rĂ©gime oĂč le peuple a le dernier mot, ou sommes-nous dirigĂ©s par une oligarchie technocratique et juridique ? La question est cruciale pour nos institutions, pour notre souverainetĂ© Ă©conomique et pour la protection de nos entreprises. Elle est brĂ»lante pour tout ce qui a trait aux droits des Ă©trangers. Pour les juges, les droits de l’homme supplantent dĂ©sormais les droits des citoyens. Cette orientation mondialiste du droit contemporain interdit toute politique qui voudrait bloquer les flux migratoires et combattre enfin sĂ©rieusement le Grand Remplacement Ă l’oeuvre.
    Il reste une ultime rĂ©sistance Ă  cette mainmise du droit sur la dĂ©mocratie : le rĂ©fĂ©rendum. C’est le seul moyen d’instaurer une vĂ©ritable politique d’immigration qui ne soit pas empĂȘchĂ©e par les innombrables « droits » accordĂ©s aux Ă©trangers par les jurisprudences successives. Bref, de rendre Ă  l’Etat, donc au peuple français, la maĂźtrise de sa politique d’immigration concĂ©dĂ©e aujourd’hui aux immigrĂ©s eux-mĂȘmes. Je le propose depuis vingt-cinq ans et l’ai dĂ©fendu tout au long de la campagne. Il faut dire qu’en matiĂšre d’immigration, ne pas utiliser l’arme du rĂ©fĂ©rendeum signifie ne toucher Ă  rien. AprĂšs la tribune de Laurent Fabius, j’eus une conversation intĂ©ressante avec mon Ă©quipe. Nous nous Ă©tions dit que le programme que nous portions ne pouvait s’imposer que si nous Ă©tions, au pouvoir, en mesure de convoquer un rĂ©fĂ©rendum. Avoir un groupe Ă  l’AssemblĂ©e nationale ne nous servirait Ă  rien, car nos travaux, mĂȘme s’ils Ă©taient acceptĂ©s par les autres dĂ©putĂ©s (ce qui Ă©tait dĂ©jĂ  fort peu probable), seraient de toute façon censurĂ©s par le Conseil constitutionnel. Que la seule arme dont notre peuple disposait contre son remplacement, c’Ă©tait sa propre voix, via le rĂ©fĂ©rendum.
    Ce 25 janvier, Laurent Fabius n’avait pas parlĂ© au hasard. En fermant cette ultime issue dĂ©mocratique qu’est le rĂ©fĂ©rendum, Laurent Fabius interdisait d’avance Ă  notre pays d’Ă©chapper au Grand Remplacement, qui l’Ă©treint chaque annĂ©e d’avantage, et pour cela, il changeait subrepticement la nature de nos institutions.
    Il disait en quelques mots que l’Ă©lection prĂ©sidentielle ne servait Ă  rien, et que la campagne qui la prĂ©cĂ©dait Ă©tait vaine. Ils appellent cela « l’Etat de droit », j’appelle cela un coup d’Etat.
  • Greta a tuĂ© Einstein

    Greta a tué Einstein

    « Greta a tuĂ© Einstein » est un remarquable essai sur les mĂ©canismes qui nous conduisent, collectivement, Ă  ĂȘtre influencĂ©s par des manipulateurs, plutĂŽt que par la science et la vĂ©ritĂ©.

    La science sacrifiĂ©e sur l’autel de l’Ă©cologisme

    Jean-Paul Oury, Docteur en histoire des sciences et technologies, Ă©diteur de l’excellent site European Scientist et auteur notamment sur Atlantico, signe avec « Greta a tuĂ© Einstein » un excellent essai sur les mĂ©faits de l’idĂ©ologie et du principe de prĂ©caution sur les dĂ©bats publics concernant les sujets scientifiques et techniques.
    J’ai mis un peu – trop! – de temps Ă  lire ce livre, car d’une part j’en connais dĂ©jĂ  certains morceaux pour les avoir moi-mĂȘme traitĂ©s – beaucoup plus superficiellement – sur ce blog (par exemple sur les ondes, les nitrates, les OGM, le CO2, etc.), et d’autre part, je connais bien les travaux de Jean-Paul Oury – nous avons travaillĂ© ensemble dans notre rĂ©seau de blogueur, et j’avais dĂ©jĂ  lu son trĂšs bon « OGM, moi non plus ».
    Dans « Greta a tuĂ© Einstein » (le titre s’appuie sur le fait que ces deux personnages ont fait la une du Times magazine, en 1999 et en 2019), J.-P. Oury fait un parallĂšle saisissant entre le monde scientifique, et le monde des militants de l’Ă©cologisme (dĂ©ifiant la Nature). Exemples nombreux et ultra-documentĂ©s Ă  l’appui, l’auteur dĂ©montre comment les activistes ont rĂ©ussis Ă  pourrir les dĂ©bats, pervertir la science, Ă  culpabiliser et Ă  faire peur, et finalement Ă  politiser la science et l’information sur les technologies. Implacable dans son analyse, il montre comment le principe de prĂ©caution, maniĂ© sans vergogne, peut facilement ĂȘtre un argument Ă  opposer Ă  toute innovation et Ă  toute nouvelle technologie. La lecture de ces chapitres, sur ces sujets que je connais dĂ©jĂ , est rageante, dĂ©courageante… mais trĂšs instructive !

    Espoir ?

    Fort heureusement, aprĂšs la dĂ©nonciation de ces manipulations Ă©hontĂ©es, J.-P. Oury revient sur un mouvement de fond, rĂ©el, qu’il nomme la « contre-attaque de l’Empire rationaliste ». Je constate comme lui la rĂ©alitĂ© de ces voix qui s’Ă©lĂšvent pour contrer les dĂ©lires Ă©cologistes. Je me permettrai d’en nuancer la portĂ©e, cependant, car la pĂ©riode COVID rĂ©cente a permis de constater, tout d’abord, une alliance inĂ©dite entre une partie des mĂ©dias, les GAFAMs et le monde politique pour censurer presque toute expression d’opinion divergente de la « doxa » gouvernementale. Ensuite, ces fameux acteurs de la contre-attaque n’ont pas tous brillĂ© par des prises de position rationnelles. Mais il est vrai que certaines vĂ©ritĂ©s Ă©mergent (trop tard?) sur le nuclĂ©aire, sur les OGMs, sur l’IA , sur les postures anti-rationnelles. Je ne suis pas convaincu non plus, et c’est peut-ĂȘtre un des points aveugles de l’essai, que ces membre de la contre-attaque, en France, soient tant que cela prĂȘt Ă  aller dĂ©monter ces escroqueries intellectuelles que sont la « transition Ă©cologique », les « bilans carbones », et autre foutaises permanentes sur le CO2 humain qui provoqueraient des catastrophes… toujours prĂ©vues, jamais observĂ©es.

    A lire … pour en discuter

    Je recommande vraiment cet ouvrage, trĂšs riche et trĂšs documentĂ©, tout en restant digeste et d’une longueur raisonnable. La rĂ©flexion finale m’a paru ĂȘtre une ouverture intĂ©ressante, sur la nĂ©cessaire rĂ©conciliation entre l’Homme et la Nature. Contrairement aux affirmations stupides des amis de Greta Thunberg, il n’y a pas d’opposition entre la Nature et l’Humain. L’humain fait partie de la Nature, et il a de tout temps utilisĂ© sa crĂ©ativitĂ© et son inventivitĂ© pour limiter les contraintes subies, et ce processus est appelĂ© par l’auteur une « libĂ©ration » plutĂŽt qu’un « combat ». Il cherche, en s’appuyant sur Raymond Ruyer, une voie qui sort de la dichotomie « esprit »/ »matiĂšre », et qui redonne Ă  l’Homme sa place Ă  la fois singuliĂšre et dans le cosmos. Quelqu’un qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  la fois Ă  Ruyer et Ă  Popper dans sa conclusion ne peut pas ĂȘtre complĂštement malhonnĂȘte.