CatĂ©gorie : đŸ›ïž Politique

  • Greta a tuĂ© Einstein

    Greta a tué Einstein

    « Greta a tuĂ© Einstein » est un remarquable essai sur les mĂ©canismes qui nous conduisent, collectivement, Ă  ĂȘtre influencĂ©s par des manipulateurs, plutĂŽt que par la science et la vĂ©ritĂ©.

    La science sacrifiĂ©e sur l’autel de l’Ă©cologisme

    Jean-Paul Oury, Docteur en histoire des sciences et technologies, Ă©diteur de l’excellent site European Scientist et auteur notamment sur Atlantico, signe avec « Greta a tuĂ© Einstein » un excellent essai sur les mĂ©faits de l’idĂ©ologie et du principe de prĂ©caution sur les dĂ©bats publics concernant les sujets scientifiques et techniques.
    J’ai mis un peu – trop! – de temps Ă  lire ce livre, car d’une part j’en connais dĂ©jĂ  certains morceaux pour les avoir moi-mĂȘme traitĂ©s – beaucoup plus superficiellement – sur ce blog (par exemple sur les ondes, les nitrates, les OGM, le CO2, etc.), et d’autre part, je connais bien les travaux de Jean-Paul Oury – nous avons travaillĂ© ensemble dans notre rĂ©seau de blogueur, et j’avais dĂ©jĂ  lu son trĂšs bon « OGM, moi non plus ».
    Dans « Greta a tuĂ© Einstein » (le titre s’appuie sur le fait que ces deux personnages ont fait la une du Times magazine, en 1999 et en 2019), J.-P. Oury fait un parallĂšle saisissant entre le monde scientifique, et le monde des militants de l’Ă©cologisme (dĂ©ifiant la Nature). Exemples nombreux et ultra-documentĂ©s Ă  l’appui, l’auteur dĂ©montre comment les activistes ont rĂ©ussis Ă  pourrir les dĂ©bats, pervertir la science, Ă  culpabiliser et Ă  faire peur, et finalement Ă  politiser la science et l’information sur les technologies. Implacable dans son analyse, il montre comment le principe de prĂ©caution, maniĂ© sans vergogne, peut facilement ĂȘtre un argument Ă  opposer Ă  toute innovation et Ă  toute nouvelle technologie. La lecture de ces chapitres, sur ces sujets que je connais dĂ©jĂ , est rageante, dĂ©courageante… mais trĂšs instructive !

    Espoir ?

    Fort heureusement, aprĂšs la dĂ©nonciation de ces manipulations Ă©hontĂ©es, J.-P. Oury revient sur un mouvement de fond, rĂ©el, qu’il nomme la « contre-attaque de l’Empire rationaliste ». Je constate comme lui la rĂ©alitĂ© de ces voix qui s’Ă©lĂšvent pour contrer les dĂ©lires Ă©cologistes. Je me permettrai d’en nuancer la portĂ©e, cependant, car la pĂ©riode COVID rĂ©cente a permis de constater, tout d’abord, une alliance inĂ©dite entre une partie des mĂ©dias, les GAFAMs et le monde politique pour censurer presque toute expression d’opinion divergente de la « doxa » gouvernementale. Ensuite, ces fameux acteurs de la contre-attaque n’ont pas tous brillĂ© par des prises de position rationnelles. Mais il est vrai que certaines vĂ©ritĂ©s Ă©mergent (trop tard?) sur le nuclĂ©aire, sur les OGMs, sur l’IA , sur les postures anti-rationnelles. Je ne suis pas convaincu non plus, et c’est peut-ĂȘtre un des points aveugles de l’essai, que ces membre de la contre-attaque, en France, soient tant que cela prĂȘt Ă  aller dĂ©monter ces escroqueries intellectuelles que sont la « transition Ă©cologique », les « bilans carbones », et autre foutaises permanentes sur le CO2 humain qui provoqueraient des catastrophes… toujours prĂ©vues, jamais observĂ©es.

    A lire … pour en discuter

    Je recommande vraiment cet ouvrage, trĂšs riche et trĂšs documentĂ©, tout en restant digeste et d’une longueur raisonnable. La rĂ©flexion finale m’a paru ĂȘtre une ouverture intĂ©ressante, sur la nĂ©cessaire rĂ©conciliation entre l’Homme et la Nature. Contrairement aux affirmations stupides des amis de Greta Thunberg, il n’y a pas d’opposition entre la Nature et l’Humain. L’humain fait partie de la Nature, et il a de tout temps utilisĂ© sa crĂ©ativitĂ© et son inventivitĂ© pour limiter les contraintes subies, et ce processus est appelĂ© par l’auteur une « libĂ©ration » plutĂŽt qu’un « combat ». Il cherche, en s’appuyant sur Raymond Ruyer, une voie qui sort de la dichotomie « esprit »/ »matiĂšre », et qui redonne Ă  l’Homme sa place Ă  la fois singuliĂšre et dans le cosmos. Quelqu’un qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  la fois Ă  Ruyer et Ă  Popper dans sa conclusion ne peut pas ĂȘtre complĂštement malhonnĂȘte.

  • Les sauveurs criminels

    Les sauveurs criminels

    Il y a un tel effondrement du pays qu’il est difficile de rester serein. Entre le peuple qui n’a plus l’esprit critique pour rĂ©sister au dĂ©ferlement de semi-vĂ©ritĂ©s, de faussetĂ©s, de mensonges, d’histoires que l’on fait passer pour des faits, et la caste politico-mĂ©diatique qui les produit et se moque ouvertement de nous, il y a de quoi dĂ©sespĂ©rer. Charles Gave a raison, il n’y a que trois possibilitĂ©s concernant nos dirigeants : soit ils sont incompĂ©tents/imbĂ©ciles, soit ils ont un plan cachĂ© inconnu de nous, soit ce sont simplement des crapules qui nous volent. Il n’est pas exclu que ce soit un savant mĂ©lange des trois Ă   la fois, selon les personnes et le contexte.

    Je voulais utiliser le titre « pompier pyromane », mais ça ne collait pas. Un pompier qui met le feu a les moyens de l’Ă©teindre. Macron et sa clique de beaux-parleurs n’ont pas les moyens de stopper les problĂšmes qu’ils crĂ©ent. Mais ça ne l’empĂȘche pas de continuer les effets de manche pitoyables, ridicules, en jouant Ă   chaque fois du mĂȘme mĂ©canisme : j’agite une peur, une catastrophe, j’utilise les serviles caisses de rĂ©sonance mĂ©diatiques pour marteler le message et amplifier l’Ă©motion, et puis je me prĂ©sente comme un sauveur supposĂ©ment rationnel. Oh : ce n’est pas le seul bien sĂ»r Ă   faire cela. Mais depuis son dĂ©but de rĂšgne, il faut reconnaitre qu’il fait trĂšs fort. Soit les dangers sont de faux dangers, soit les solutions apportĂ©es sont ridicules…

    En guerre contre le COVID : deux ans d’aberrations en tous genres, dont nous n’avons pas fini de comprendre les ressorts. En guerre contre le rĂ©chauffement climatique : prenant la suite de ses minables prĂ©dĂ©cesseurs, il a achetĂ© les voix des Ă©colos en enclenchant la destruction de notre parc nuclĂ©aire pour des moulins Ă  vent.En guerre contre le rĂ©chauffement climatique : prenant la suite de ses minables prĂ©dĂ©cesseurs, il a achetĂ© les voix des Ă©colos en enclenchant la destruction de notre parc nuclĂ©aire pour des moulins Ă   vent. En guerre contre le mĂ©chant Poutine : tout est bon pour se donner une stature prĂ©sidentielle, et aprĂšs les mises en scĂšnes de prĂ©-campagne, on ne peut que constater toute l’Ă©tendue de l’absence de stratĂ©gie diplomatique, qui se rĂ©sume Ă   des coups de menton. En guerre contre la pauvretĂ© et les inĂ©galitĂ©s : fabriquons donc de la monnaie et endettons-nous comme des malades sans investir, ça va ĂȘtre ĂȘtre probablement efficace pour gĂ©rer l’inflation. En guerre contre l’insĂ©curitĂ© : mettons un wokiste Ă   l’Education Nationale, ça va forcer les racailles dĂ©francisĂ©es Ă   rentrer dans le rang.

    Faux dangers

    Nous n’avons pas le pouvoir de changer cela. Nous pouvons par contre rester lucides et fermes sur la vĂ©ritĂ©, en commençant par rĂ©futer les supposĂ©s dĂ©sastres dont ces « sauveurs criminels » prĂ©tendent nous protĂ©ger. Le COVID ne mĂ©ritait pas tout le dĂ©lire que l’on a montĂ© dessus. Les chiffres sont lĂ  , pour qui veut les voir. Les vaccins n’ont probablement pas servi Ă   quoi que ce soit, Ă   part peut-ĂȘtre pour les plus fragiles. Les confinements Ă©taient inutiles, et contraire Ă   nos principes. La planĂšte n’a pas ĂȘtre sauvĂ©e : le CO2 n’est pas un polluant, et il n’y pas de corrĂ©lation Ă©tablie entre les niveaux de CO2 et la tempĂ©rature de la planĂšte. Encore moins si l’on considĂšre le CO2 anthropogĂšne. Les conflits entre la Russie et l’Ukraine ne nous concernent pas en direct, et il est ridicule de s’y jeter comme si nous n’avions pas Ă   dĂ©fendre d’abord et avant tout nos intĂ©rĂȘts. On peut condamner l’invasion de l’Ukraine, tout en rappelant le non-respect des accords de Minsk par les Ukrainiens. On peut rĂ©flĂ©chir sur le sujet, sans avoir Ă   ĂȘtre supporter d’un ou l’autre de ces pays. On a bien le droit de prĂ©fĂ©rer des manoeuvres de nĂ©gociations ramenant la paix, plutĂŽt que l’escalade vers une guerre Ă©largie qui dĂ©truirait toute possibilitĂ© d’une vraie Europe.

    Irresponsables

    Toutes ces peurs agitĂ©es, toutes ces dĂ©cisions absurdes prises par des gens dĂ©connectĂ©s de leur peuple, minent le peu de confiance qui reste envers les institutions. Car, ne nous trompons pas : ils ne rendent jamais de compte Ă   personne, ni de leur mensonges, ni de leur incompĂ©tence, ni de leurs fautes stratĂ©giques. Les maigres contre-pouvoir que je croyais en place ont montrĂ© Ă   plusieurs reprises qu’ils ne jouaient pas leur rĂŽle. Les mĂ©dias sont pour la plupart achetĂ©s par le pouvoir, soit financier, soit politique, et main dans la main avec les plateformes de rĂ©seaux sociaux cachent une partie du rĂ©el, au lieu de le montrer pour pouvoir l’analyser. Le Parlement ne contrĂŽle pas l’action du gouvernement, ni le SĂ©nat. Le Conseil constitutionnel sert de chambre d’enregistrement et de validation des conneries des autres. Toutes ces illustres sommitĂ©s modifient la Constitution comme s’il s’agissait d’un vulgaire texte rĂšglementaire : pas Ă©tonnant qu’on n’en respecte plus l’esprit. L’affaissement moral est profond : le mensonge et l’idĂ©ologie sont devenus les rĂšgles de la communication, l’irresponsabilitĂ© est devenue la rĂšgle de l’action. Ils ne seront jamais jugĂ©s. La justice a dĂ©jĂ   du mal Ă   condamner des racailles multirĂ©cidivistes Ă©trangĂšres, comment pourrait-elle s’attaquer Ă   un ministre de la santĂ© vĂ©reux ? L’affaissement moral est profond : le mensonge et l’idĂ©ologie sont devenus les rĂšgles de la communication, l’irresponsabilitĂ© est devenue la rĂšgle de l’action. EspĂ©rons que cet affaissement n’est pas inexorable. Formons nos enfants Ă   l’esprit critique, et prĂ©parons-nous pour des temps difficiles, crĂ©pusculaires.

    Le pauvre peuple ronge son frein. Ces faux sauveurs, mettant en scĂšne de faux dangers, sont de vrais criminels, qui dĂ©truisent le pays, et nuisant Ă   l’intĂ©rĂȘt de la Nation. Rien que la loi de fermeture de 12 rĂ©acteurs nuclĂ©aires devrait conduire ses auteurs et promoteurs Ă   se faire lourder, car elle est bĂątie sur des foutaises intellectuelles, des billevesĂ©es pseudo-scientifiques. Qui peut entamer une procĂ©dure de destitution de Macron ? Maxime Tandonnet a raison : cela rappelle bien malheureusement que nous ne sommes pas sorti de l’Ă©tat d’esprit dĂ©crit par Marc Bloch dans L’Ă©trange dĂ©faite, ou par Pierre Mari dans En pays dĂ©fait. Nos « élites » sont minables, et anti-patriotiques.

  • Le monde sans fin

    Le monde sans fin

    « Le monde sans fin » est une bande dessinĂ©e pĂ©dagogique, nĂ©e de la collaboration entre Jancovici et Blain. Il y est question d’Ă©nergie, de climat, de l’humanitĂ©. C’est un formidable ouvrage, qui se dĂ©vore, qui nourrit, qui fait rĂ©flĂ©chir et …rĂ©agir car il comporte quelques biais idĂ©ologiques.
    Christophe Blain est un des auteurs de BD françaises les plus talentueux, et l’un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s. J’adore son trait, et son style. Vous pouvez notamment vous jeter sur la sĂ©rie Gus. Il a souhaitĂ© rencontrer Jean-Marc Jancovici, ingĂ©nieur, enseignant et entrepreneur, inventeur du bilan carbone, pour mettre en image et en narration son Ă©clairage sur l’Ă©nergie et le climat. Le livre est le trĂšs beau rĂ©sultat de cette collaboration.

    Qualités indéniables

    On retrouve dans le livre le franc-parler de Jancovici, qui ne mĂąche jamais ses mots pour dĂ©zinguer les opinions qu’il pense stupides ou erronĂ©es. C’est ce qui fait de lui un animal Ă   part dans le champ des discussions sur l’Ă©nergie et l’Ă©cologie. Pro nuclĂ©aire, ce qui me plaĂźt compte tenu des Ă©nergies disponibles, mais aussi visiblement pas vraiment un franc-partisan de la libertĂ© (planiste, nĂ©o-malthusien), ce qui me dĂ©plait compte tenu de mes valeurs. On sent tout de mĂȘme le technocrate, et le collectiviste ; ce qui sur un sujet comme l’Ă©nergie est moins choquant : la subsidiaritĂ© bien comprise implique que certains sujets soient nĂ©cessairement traitĂ©s sur une maille nationale, voire internationale, et celui de l’Ă©nergie en fait probablement partie.
    J’ai beaucoup aimĂ© aussi, outre les magnifiques dessins, le style narratif choisi par Blain. Racontant son histoire avec le sujet, et avec Jancovici, il assume d’ĂȘtre celui qui ne sait pas (mais apprend et transmet). Cela fait un ton toujours trĂšs pĂ©dagogique, jamais lourdingue, toujours fluide et clair. J’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© la partie finale sur le fonctionnement du cerveau, utile et donnant une profondeur et une ourverture au propos.

    Oui, mais…

    J’ai dĂ©jĂ   mentionnĂ© quelques points de dĂ©saccord de philosophie politique. Mais ils ne sont pas gĂȘnants en tant que tel. Ce qui me dĂ©range plus, mes lecteurs n’en seront pas surpris, c’est le mĂ©lange entre politique et science dans l’argumentation. La science dit ce qui est, la politique dit ce qu’on dĂ©cide de faire compte tenu de ce qui est et de ce qu’on en sait. La science ne dit pas ce qu’il faut faire. Or, sur ce sujet, le mĂ©lange est omniprĂ©sent, et il me semble que cela devrait faire partie du rĂŽle de pĂ©dagogue que de dĂ©mĂȘler cet entrelacement douteux. La planĂšte se rĂ©chauffe, soit. L’effet de serre a un rĂŽle dans ce rĂ©chauffement, soit. Il est possible que l’homme ait une part (petite Ă   priori) dans ces variations de climat, soit. Mais rien de tout cela ne dit ce qu’il faut faire, et avec quelle proportion, avec quelle vitesse. C’est l’affaire des arbitrages politiques, des affaires humaines. Car soyons beaucoup plus clairs : la science ne dit pas ce qu’il faut faire, mais des scientifiques et des politiciens, ou des activistes peuvent utiliser la science pour faire comme si elle apportait avec elle les choix politiques et les arbitrages. C’est de la manipulation. Je pense que Jancovici tombe un peu lĂ  -dedans Ă   certains moments.
    Il joue sur la peur, et ne montre qu’une partie des faits, pour faire croire au lecteur que certaines actions sont inĂ©vitables et commandĂ©es par le rĂ©el. Quelques exemples ? Je n’ai pas lu dans le livre la mention qui aurait dĂ» ĂȘtre faite de la part de l’homme et du CO2 anthropogĂ©nique dans l’effet de serre global : Ă   peine 0,3%. Le principal vecteur d’effet de serre sont la vapeur d’eau, et le CO2 naturel, dont les cycle sont presqu’indĂ©pendants des activitĂ©s humaines. Ce simple fait, ainsi que la dĂ©pendance connue du climat aux variations astronomiques (activitĂ© solaire, position de la terre, etc..), fait prendre du recul par rapport au message « activitĂ© humaine = rĂ©chauffement = castrophe ».
    Il n’est jamais fait mention dans le livre, non plus, des effets positifs de l’augmentation du CO2 et de la tempĂ©rature. Par exemple, la terre n’a jamais Ă©tĂ© aussi en forme cĂŽtĂ© « forĂȘts » (ce qui contredit les images catastrophiques du livre). Les plantes en gĂ©nĂ©ral et les arbres en particuliers, bĂ©nĂ©ficient de l’augmentation de CO2, ce qui peut d’ailleurs ĂȘtre un Ă©lĂ©ment d’auto-rĂ©gulation du climat.
    Je n’ai pas vu dans le livre non plus d’Ă©lĂ©ments concernant les « nouvelles » pistes de production d’Ă©nergie (notamment la fusion nuclĂ©aire qui fait des progrĂšs chaque jour).

    L’Ă©ducation peut-elle faire l’impasse sur le Vrai ?

    Je comprends ces raccourcis : le livre a Ă©tĂ© fait dans une logique de persuasion, de mise en mouvement des lecteurs. Le pari est rĂ©ussi. ça marche toujours de faire peur. C’est ce que fait le GIEC depuis 1988. Mais je fais partie des esprits – probablement trop idĂ©alistes – qui aimeraient que les combats politiques se mĂšnent sans trahir ou masquer excessivement la vĂ©ritĂ©. Pour repenser nos modes de fonctionnement, notre rapport Ă   l’Ă©nergie, Ă   la consommation, Ă   la croissance, faut-il faire planer sur tous les esprits, notamment les jeunes que l’on forme, une angoisse existentielle sur-jouĂ©e, et rendant fou, car portant sur des sujets oĂč probablement l’homme n’a qu’une influence nĂ©gligeable ? Faut-il jeter la rigueur et la vĂ©ritĂ© pour faire avancer sa cause ? Je pense le contraire. Aucune cause ne saurait ĂȘtre juste si elle nĂ©cessite pour avancer de cacher le rĂ©el et de museler la vĂ©ritĂ©.

  • ReconquĂȘte

    ReconquĂȘte

    La campagne prĂ©sidentielle commence vraiment. Elle a dĂ©butĂ© lors du formidable discours de Villepinte. Ce qui Ă©tait relativement clair dans le dernier livre d’Eric Zemmour est devenu ce jour là  une Ă©vidence : oui, il va falloir compter avec lui.
    Pour une raison qui me paraĂźt Ă©vidente : enfin un homme politique dit la vĂ©ritĂ©, crĂ»ment, sans se prĂ©occuper excessivement du politiquement correct (il faut Ă©couter ses extraordinaires voeux à  la presse). Enfin un politicien qui place comme question centrale, la vraie question – l’identitĂ© française – et qui en fait le prĂ©alable aux autres sujets. Comment rebĂątir l’Ă©cole si l’assimilation n’est pas la norme, et si le français n’est pas maitrisĂ© ? Comment redonner du sens à  la politique, sans articuler le dessein à  notre histoire, et à  notre culture ?

    J’ai votĂ© Sarkozy en 2007. J’ai Ă©tĂ© trĂšs déçu : la sĂ©curitĂ© n’a pas Ă©tĂ© si bousculĂ©e, la place de l’Etat non plus, et il a de surcroit Ă©tĂ© la cheville ouvriĂšre de la trahison du rĂ©fĂ©rendum sur la Constitution EuropĂ©enne (via le TraitĂ© de Lisbonne). J’ai soutenu Fillon lors des derniĂšres Ă©lections, car son programme Ă©tait le bon. On connait la suite : une misĂ©rable instrumentalisation de la justice, et sa propre incompĂ©tence, ont permis de le faire sauter.

    Je suis donc pleinement derriĂšre Zemmour ; certes nous verrons bien ce que donne la campagne. Mais j’ai le sentiment, la conviction, que la dynamique est pour Zemmour. Que son parler vrai, que ses analyses attirent des gens que la politique avait fini par dĂ©goĂ»ter, faute d’y entendre des politiciens parler des vrais problĂšmes, et des vrais solutions. Il faudra du courage pour renverser la tendance. Commme Guillaume Peltier (premier ralliement LR au parti ReconquĂȘte), je n’ai pas vraiment confiance en ValĂ©rie PĂ©cresse (centriste de droite, Macron-compatible) pour rĂ©ellement porter une politique d’immigration zĂ©ro.
    Je suis donc un soutien d’Eric Zemmour, et je vais faire ce que je peux pour aider à  le faire progresser. Par les Ă©changes avec mes proches, avec mes collĂšgues, par mon soutien financier (j’ai pris la carte de ReconquĂȘte dĂšs l’annonce de la crĂ©ation du parti), et par mes actions sur les rĂ©seaux. C’est une question de survie, tragique, qui se pose à  nous en tant que Nation.

  • Lunettes gauchisantes et dĂ©ni du centre

    Lunettes gauchisantes et déni du centre

    Les lunettes gauchisantes des journalistes et des élites nous cachent une partie du réel. Il convient de les enlever pour mieux comprendre les futures élections présidentielles. Le centre existe, à  gauche comme à  droite, et notre analyse doit les prendre en compte.

    Le déni du centre à  gauche

    Dans un article trĂšs intĂ©ressant sur Telos « Les socialistes et le dĂ©ni du centre« , le politologue GĂ©rard Grunberg montre que les dirigeants du PS ont une lecture partielle de ce que reprĂ©sente Macron et La RĂ©publique en marche : loin d’ĂȘtre à  droite, LREM est une force centriste qui sur certains sujets est proche du PS, et sur d’autres proches des RĂ©publicains. La dĂ©monstration est implacable, et s’appuie des sources intĂ©ressantes (notamment l’enquĂȘte Cevipof / Ipsos, Fractures Françaises, intĂ©ressante quand on gratte les titres parfois honteusement orientĂ©s).

    Il me semble que Grunberg manque une partie du raisonnement et de l’analyse : la droite me semble Ă©galement ĂȘtre dans un dĂ©ni du centre. La raison de cet aveuglement partiel : le positionnement trĂšs à  gauche des mĂ©dias gĂ©nĂ©ralistes et des Ă©lites, donc du politiquement correct. Le bras armĂ© de cette propagande : Ă©tiqueter tout ce qui est un peu trop à  droite avec le terme infamant d’ »extrĂȘme-droite ». Cela a dĂ©jà  Ă©tĂ© analysĂ© en long, en large et en travers : je ne reviens pas là -dessus. Sauf pour mentionner que l’utilisation du terme « extrĂȘme », que ce soit pour la gauche ou la droite, mobilise un imaginaire de violence, d’anti-parlementarisme, qui n’est d’aucune utilitĂ© pour dĂ©crire et comprendre Zemmour ou le Rassemblement National.

    Le déni du centre à  droite

    En dĂ©coupant la droite en « Les RĂ©publicains » et ExtrĂȘme-droite, le rĂ©el nous Ă©chappe. ReconquĂȘte et le RN sont des partis de droite, et en accord sur la plupart des sujets. Aucun des deux n’est d’extrĂȘme-droite. En allant fouiller dans le dernier sondage Elabe, on peut constater le fait suivant : dans la perspective d’un second tour Macron / Le Pen, une majoritĂ© (46%) des Ă©lecteurs de PĂ©cresse se reporterait sur Macron, tandis qu’une majoritĂ© des Ă©lecteurs de Zemmour (69%) se reporterait sur Le Pen. Je crois pouvoir dire sans me tromper que PĂ©cresse reprĂ©sente le centre droit, de la mĂȘme maniĂšre que Macron reprĂ©sente le centre gauche. L’analyse Ă©clairante du bord gauche par Grunberg doit donc ĂȘtre complĂ©tĂ©e/amendĂ©e pour le bord droit. Le systĂšme politique français est structurĂ© autour de 4 Ă©lĂ©ments : un grand ensemble fracturĂ© regroupant gauche (PS) et extrĂȘme-gauche (LFI, EELV), un centre gauche (LREM), un centre droit fragile (LR), et une droite fracturĂ©e (ReconquĂȘte et RN). Les lunettes gauchisantes cachent la rĂ©alitĂ© du centre, à  gauche, comme à  droite.

    De la mĂȘme maniĂšre que les responsables du PS gagneraient à  prendre en compte l’existence du centre gauche de Macron, les acteurs à  droite gagneraient à  bien comprendre ce qu’est le centre droit. Il est clair qu’il y a une porositĂ© entre les deux centres, et c’est logique. Nombre de membres des LR sont passĂ©s chez Macron, et il Ă©tait parfois difficile, avant l’arrivĂ©e de Zemmour, de comprendre la diffĂ©rence entre LR et LREM. La campagne à  venir montrera comment ces ensembles Ă©volueront et quelles alliances Ă©ventuelles pourront se faire.

    A titre personnel, J’ai une confiance toute limitĂ©e dans la parole de ValĂ©rie PĂ©cresse. Je crois que les idĂ©es de Zemmour sont celles dont nous avons besoin, et qu’elles sont majoritaires. Je vous invite à  lire de maniĂšre neutre les rĂ©sultats de l’enquĂȘte Cevipof/Ipsos citĂ©e plus haut pour vous en convaincre. Et je crois, surtout, que c’est le seul à  avoir le courage de les appliquer. Les belles paroles, en politique, sont lĂ©gions. Les actes courageux, beaucoup moins.

  • Veni Vidi Vici

    Veni Vidi Vici

    Un pamphlet truculent

    Sous-titré Menace sur les gauchistes, le livre de Papacito et Julien Rochedy « Veni Vidi Vici » (en référence à  Jules César bien sûr) est un pamphlet truculent.
    La définition de ce mot décrira mieux que moi, du coup, le style de cet essai :

    1. Qui se caractĂ©rise par une mine florissante et joviale, une forte stature, un costume pittoresque, un comportement tapageur et des propos gaillards de bon vivant, de rustaud sympathique. 2. Qui prĂ©sente une facture hardie, vigoureuse, des colorations vives. 3. Qui se caractĂ©rise par une plaisante libertĂ© de ton allant jusqu’à  la gaillardise ou la grossiĂšretĂ©; qui abonde en formules Ă©nergiques, en images expressives.
    Source : TLFI

    Et ça, pour truculer, on peut dire que les auteurs truculent ! C’est un pamphlet sĂ©vĂšrement burnĂ©, mordant et trĂšs drĂŽle. Le style de Papacito, à  l’Ă©crit, me fait penser à  FrĂ©dĂ©ric Dard. J’ai explosĂ© de rire à  plusieurs reprises en lisant le livre. C’est rafraichissant, acide, et sous les coups de boutoirs envoyĂ©s dans le politiquement correct, il y a un propos juste sur la sociĂ©tĂ©, sur les orniĂšres dans lesquelles nous nous sommes fourrĂ©s. Cela m’a fait penser, par certains aspects, à  la pensĂ©e d’Obertone. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si Papacito et Obertone (ainsi que Rochedy) se retrouvent dans le projet La Furia (que j’ai soutenu dĂšs le dĂ©but). Vous pouvez retrouver les deux auteurs prĂ©senter leur livre sur Youtube. Seul dĂ©faut stylistique : comme chez beaucoup d’intellos de droite, l’utilisation du mot « anthropologie » me semble abusive et dans un sens assez Ă©loignĂ© du sens du dictionnaire. A prĂ©ciser, donc.

    Constats et solutions

    La France en mauvais état

    Sur le constat, on retrouve des choses connues (là , là  et là , par exemple, on en a dĂ©jà  parlĂ©). La France est dans un Ă©tat misĂ©rable sur pas mal de sujets. Exode des cerveaux, immigration de masse incontrĂŽlĂ©e, sans assimilation, extension sans fin du domaine d’intervention de l’Etat, et des rĂ©glementations. En gros, la France aux mains des communistes et des communautaristes. Avec une culpabilitĂ© permanente, entretenue savamment par des Ă©lites dĂ©missionnaires et par les gauchistes qui tiennent les manettes des narrations mĂ©diatiques.

    Solutions

    Bien sĂ»r, le livre est une des solutions. Reprendre la main sur le discours, apporter de la controverse et des points de vue diffĂ©rents. Cela rejoint les efforts de Causeur, de l’Incorrect, de CNews, de Valeurs Actuelles, et mĂȘme de Front Populaire. Les lignes intellectuelles bougent, depuis plusieurs annĂ©es.
    Papacito et Rochedy partagent le mĂȘme goĂ»t pour l’histoire de France, et pour la transmission de ce qui fait de l’Occident et de la France des civilisations magnifiques. Histoire et identitĂ©.
    L’autre solution, plus individuelle, consiste à  retrouver une virilitĂ© assumĂ©e, et donc une vraie libertĂ©. Spirituelle et physique. Les temps sont durs, et comme le dit le proverbe Si vis pacem para bellum. Ils incarnent tous deux à  merveilles, physiquement, dans la pensĂ©e, dans la drĂŽlerie, cette virilitĂ© qui manque tant aux relations sociales depuis 20 ans. Tout le monde baigne dans une sorte de politiquement correct trĂšs fĂ©minin, oĂč le conflit est toujours tenu hors du champ intellectuel. Il est temps de changer cela, pour regarder les choses en face, sans faux semblants.
    Ces solutions ne suffiront peut-ĂȘtre pas. Mais comme l’explique Papacito, dans un geste digne de Cyrano de Bergerac, en racontant avec une drĂŽlerie fĂ©roce, et un sens du tragique magnifique, la bataille de Camerone :

    C’est dans l’incertitude de la victoire que se renforce la certitude du combat. (…) Je combats tranquille et serein car toi, moi, et quelques autres braves, vivons notre Camerone. Nous sommes cernĂ©s par le progrĂšs, nous sommes abandonnĂ©s par nos Ă©lites, l’ennemi est en surnombre, sur-armĂ©, sur-financĂ©, nos Ă©glises sont vides, les courageux se comptent sur les doigts de la main et les collaborateurs foisonnent. Nous sommes un seul homme contre mille gauchistes et mille autres moudjahidines. Nous sommes une charge dĂ©risoire, baĂŻonnette au canon, que l’ennemi tout-puissant crible de balles à  volontĂ©. Un petit carrĂ© de France sous la mitraille infinie du Great Reset mondialisĂ©. Et pourtant, mes frĂšres d’armes, à  vous les suicidaires, je le rĂ©affirme ici encore, je combats tranquille et serein dans cette grande dĂ©faite qu’aura Ă©tĂ© la France mourante qui m’a vu naĂźtre. Je marche avec ferveur et la tĂȘte haute vers la fin de mon monde, j’emporte avec moi le courage de mes camarades de lutte, je fais ce que fait la race d’hommes à  laquelle j’appartiens, c’est-à -dire fabriquer tant bien que mal un hĂ©roĂŻsme artisanal de bric et de broc, faute de savoir se rĂ©signer à  produire une lĂąchetĂ© industrielle. C’est dans cette abnĂ©gation stupide, à  contre-courant de ce que les naĂŻfs pensent ĂȘtre « la nouvelle marche du monde », dans cet entĂȘtement à  vouloir faire vivre ce qui meurt, que je trouve mon salut personnel.

    Enfin, il est palpable dans le discours des auteurs, qu’il y a des choses sacrĂ©es, qui permettent de penser une sociĂ©tĂ© avec son histoire, sa noblesse, sa richesse, son patrimoine, et en allant au-delà  du simple confort. Qu’est-ce qu’une chose sacrĂ©e ? Ce pourquoi on peut se sacrifier, symboliquement ou concrĂštement. Dans Veni, Vedi, Vici, Papacito et Rochedy, expliquent que la France, la famille, l’identitĂ© sont sacrĂ©es. ajout du 06 dĂ©cembre : et qu’elles valent bien une reconquĂȘte